Elections européennes - Liste Lutte ouvrière

26 - Christophe Garcia

Postier
Calvados

Je m'appelle Christophe Garcia, j'ai 53 ans, j'habite à Caen et je suis facteur dans l'agglomération, tout près du site de l'ancienne SMN, la Société Métallurgique de Normandie. Ce lieu est pour moi le souvenir des premières manifestations ouvrières auxquelles j'ai participé. C'était en 1984 et ça m'avait beaucoup impressionné. Plus tard l'usine a été fermée puis démantelée. Ça a fait un sacré vide dans la région.Tout comme quand a fermé Moulinex, une autre usine emblématique de la région. Là, le plus écœurant sont les plans de reclassement au rabais et le leurre de la réindustrialisation. Tout ça c'est du pipeau pour faire accepter la fermeture aux travailleurs. Dans la réalité il n'y a pas grand-chose.

Une autre usine tristement célèbre dans la région est Valéo à Condé-sur-Noireau. J'y ai travaillé quelques mois. On travaillait des produits à base d'amiante pour faire les plaquettes de freins. L'amiante était travaillé dans des usines à quelques kilomètres dans ce qu'on nomme la vallée de la mort. Des syndicalistes se battent toujours auprès des tribunaux pour faire reconnaître les responsabilités des patrons. Jamais ça n'a pu aboutir à de vrais dédommagements.

De Wonder à Lisieux à Tréfimétaux à Dives-sur-Mer, la région a subi de plein fouet les conséquences de la crise.

J'ai découvert les idées communistes, jeune, grâce à une camarade. Ces idées m'était alors totalement étrangères. J'ai eu la chance aussi de travailler à la poste à Paris dans un centre de tri ou existait un groupe de militant de Lutte Ouvrière. Un camarade aujourd'hui décédé m'a beaucoup marqué. C'est à cette époque qu'on a connu aussi quelques grèves marquantes : celle des camions jaunes qui avait bien bloqué Paris, puis une grève sur les salaires aux quelles avec les copains on avait mis en place un comité de grève. C'est là-bas que j'ai connu plus d'un mois de grève en 95 contre le plan Juppé : on avait été le premier centre à partir en grève dans ma brigade en nuit.La grève était partie à l'unanimité sauf un, c'était vraiment « le tous ensemble » qu'on criait dans les manifs. Ce sont de bons souvenirs. On a dû aussi se battre à la quasi-fermeture quand on a supprimé nos emplois et c'est à cette occasion que je suis retourné travailler près de Caen.

Je travaille maintenant dans un tout petit centre de distribution, ça m'a fait bizarre au départ. Là aussi on subit les réorganisations incessantes par lesquelles arrivent les suppressions de postes et la baisse de qualités dans le service rendu. J'ai pris avec le temps quelques responsabilités syndicales et toujours avec la conviction politique de défendre un programme de classe pour les travailleurs.

C'est d'ailleurs ce que je vais continuer à faire dans les prochaines élections européennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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