Elections européennes - Liste Lutte ouvrière

14 - François Roche

Ouvrier dans l'aéronautique
Bouches-du-Rhône

Je travaille dans une grande entreprise de l’aéronautique proche de l’Étang de Berre.

Dans l’aéronautique comme ailleurs, les patrons profitent du chômage pour nous faire accepter des sacrifices : le salaire minimum dans l’entreprise était il y a trente ans à 40% au-dessus du SMIC, aujourd’hui à peine à 10% au-dessus. Et pour les nombreux sous-traitants, les intérimaires, c’est encore pire, avec une précarité plus grande. Les bénéfices augmentent dans cette branche plus vite que le chiffre d’affaires, parce que nous sommes plus exploités. Les salaires sont quasiment gelés, les embauches aussi, par contre les horaires changent sans arrêt au gré de la production, de jour comme de nuit, et les heures supplémentaires sont nombreuses.

Plus de 80 ans après la loi sur les quarante heures, nombreux sont ceux qui dépassent aujourd’hui cette limite par semaine, alors que la productivité a augmenté, multipliée par cinquante, peut-être plus, dans certaines fabrications comme l’usinage.

On met souvent en avant l’aéronautique comme une vitrine technologique. C’est vrai qu’il faut le travail de milliers de femmes et d’hommes, à travers la planète, pour faire voler un avion, une fusée, ou un hélicoptère. Des composants électroniques qui viennent des Etats-Unis, de l’acier pour les pièces dont le minerai vient de Mauritanie ou de Russie, du titane de Madagascar ou d’Australie, sans compter des ouvriers qui montent des tronçons ou fabriquent des pièces en Espagne, au Mexique, en Turquie, au Maroc… Il faut une coopération internationale fantastique de milliers et de milliers de travailleurs.

Le fruit de notre travail est par contre accaparé par une petite minorité de parasites, de capitalistes qui nous mettent en concurrence les uns avec les autres. L’aéronautique n’est qu’un cas particulier de ce que peut réaliser le travail collectif, mais aussi de ce que la rapacité capitaliste a de nuisible.

C’est pour dénoncer cela que, aux côtés de mes camarades, je me présente sur la liste Lutte Ouvrière aux élections européennes, pour faire entendre la voix des travailleurs.

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