Antilles : la colère s’exprime 28/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3039-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-10-28

Leur société

Antilles : la colère s’exprime

Depuis la mi-octobre, manifestations et blocages de routes se succèdent en Martinique et en Guadeloupe créant un climat de tension sociale permanent. Ce sont d’abord les élèves, dans presque tous des grands lycées, qui sont entrés en grève.

Les lycéens ont les mêmes revendications que leurs camarades de l’hexagone : meilleurs locaux, remplacement des professeurs absents, fin de parcoursup. Leur mobilisation s’est éteinte peu avant les vacances de la Toussaint. Jusqu’à quand ?

C’est le collectif Nou las palé, (NLP - Nous sommes fatigués de parler) qui ensuite a bloqué les routes sur l’ensemble de la Guadeloupe. Il a commencé par bloquer entièrement la zone de Jarry, autour de Pointe-à- Pitre, durant une journée. Il s’agit d’une zone de 3 500 entreprises, où travaillent des milliers de salariés. D’autres points de l’île ont aussi été bloqués quasi quotidiennement.

Le collectif NLP est constitué d’une quinzaine d’organisations et associations où se côtoient des chômeurs, des petits artisans, des petits patrons, des marins pêcheurs, des petits et gros agriculteurs et surtout quelques moyens et gros patrons emmenés par José Gaddarkhan, le patron le plus important du BTP. Ce patron utilise le mouvement pour réclamer un moratoire sur ses dettes fiscales et sociales. Gaddarkhan proteste entre autres contre l’attribution de marchés et chantiers à des sociétés « non guadeloupéennes » au détriment des sociétés locales. Il proteste avec d’autres patrons liés au collectif NLP contre les retards de paiement par les collectivités locales. Le préfet et les assemblées locales, région et département semblent les avoir entendus et s’apprêtent à leur donner satisfaction.

Il n’en est pas de même pour les petits artisans, agriculteurs et petits patrons pauvres ; ni pour de simples membres de la population au sein du collectif, qui réclament la fin des coupures d’eau, la baisse du prix des carburants à 1,7 euros et la baisse du coût de la vie. Ce sont ces dernières revendications qui font pourtant la popularité du collectif NLP.

Les autres catégories sociales membres du collectif, et surtout les plus pauvres, s’ils ne font pas valoir leurs propres intérêts et ceux de l’ensemble de la population, à savoir la fin des coupures d’eau et la baisse des prix, risquent d’être les grands laissés pour compte de cette opération.

En Martinique, les actions de blocage contre la hausse des prix du RPPRAC, le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afrocaribéennes, dirigé par Rodrigue Petitot, n’ont pas cessé depuis une quinzaine de jours. À la différence du NLP il n’y a pas de patrons dans ce mouvement. Il représente surtout les jeunes des quartiers pauvres et déshérités. Combat ouvrier soutien ses actions depuis déjà plusieurs années.

Dans cette situation, pour l’instant, les travailleurs des entreprises ne s’expriment pas et ne mènent pas de grèves pour des augmentations de salaire face à la hausse des prix. Des meetings, grèves et manifestations sont prévus par les syndicats. En Martinique, la CGTM se joint à l’appel à la grève générale appelée par la CGT dans l’hexagone le 5 novembre. En Guadeloupe, l’ensemble des syndicats appelle à la grève et à une manifestation d’ampleur le 14 novembre tandis que le 5 novembre ils organiseront une conférence de presse-meeting au siège de la CGTG.

Les travailleurs ont intérêt, dans les colères qui montent actuellement, à se mobiliser dans les entreprises et à faire valoir leurs propres revendications.

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