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Leur société
Attentat raciste de Trappes : ceux qui poussent au crime
Après la mort à Trappes dans les Yvelines, le 23 octobre, de Pengo Bossio Wangi, tombé sous les tirs d’un homme de 39 ans, qui a également blessé gravement une enfant de 12 ans et trois autres personnes, de nombreux rassemblements se sont tenus le 26 octobre pour exprimer l’effroi et la colère face à ce crime raciste.

Macron a osé prétendre que cet attentat raciste était un « tournant dans la vie de notre nation ». Quel tournant ? Il a oublié les meurtres perpétrés en 2025, celui d’Aboubacar Cissé poignardé dans une mosquée ou celui d’Hichem Miraoui tué par son voisin. Cette même année, 9 700 crimes et délits à « caractère raciste » ont été enregistrés par la police et la gendarmerie ! La réalité est que des jeunes et des moins jeunes, parce qu’ils sont noirs ou arabes, sont régulièrement confrontés au racisme.
Des crimes comme celui de Trappes ne surviennent pas par hasard. Que son auteur soit déséquilibré ou non, ce sont bien en effet les idées racistes qui ont motivé son passage à l’acte. Ils se produisent dans un climat alimenté en permanence par des propos racistes et xénophobes. Par leurs discours de haine et par leur politique antimigrants, les Le Pen, Retailleau, Darmanin et autres, les ministres actuels et leurs prédécesseurs, favorisent le passage à l’acte d’individus tels que le meurtrier de Pengo Bossio Wangi.
Le RN emploie le terme de « racaille » pour désigner les jeunes des quartiers populaires issus de l’immigration. En 2022, Bardella avait comparé la commune de Trappes à « une petite république islamique en miniature, capitale européenne du jihad », Le Pen de son côté l’avait qualifiée de « territoire perdu de la République sous le poids d’une immigration massive et ininterrompue ». Mais il n’y a pas que l’extrême droite qui tient de tels propos ; un Bayrou, alors Premier ministre, n’avait-il pas parlé de « submersion migratoire » ? Toutes ces déclarations répétées contre les migrants et les musulmans attisent la haine raciste.
C’est une arme que tous ces politiciens utilisent à dessein, non seulement pour leurs calculs électoraux de bas niveau, mais pour tenter de détourner la colère des classes populaires en cette période d’aggravation de la crise économique, et de diviser les travailleurs qui, qu’ils soient français ou immigrés, font tout fonctionner dans la société et sont confrontés aux mêmes exploiteurs. Le racisme est une arme entretenue par les capitalistes pour maintenir leur domination. S’en remettre à l’appareil d’État, à sa police et à sa justice, eux-mêmes gangrénés par ces préjugés, pour combattre les actes racistes et en attendre une protection est une dangereuse illusion. C’est dans le combat collectif contre le grand patronat responsable de la crise, du chômage et des bas salaires, que reculeront toutes les idées de division, le nationalisme, la xénophobie et le racisme.