Budget : leur faillite, pas celle des travailleurs 14/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/Budget.png.420x236_q85_box-0%2C0%2C1441%2C811_crop_detail.png 2026-10-14

Leur société

Budget : leur faillite, pas celle des travailleurs

Tous les responsables politiques gouvernementaux et les commentateurs affirment à longueur de journée que, sans mesures drastiques, le pays sera en faillite d’ici à quelques mois.

Illustration - leur faillite, pas celle des travailleurs

Devant l’énormité des chiffres, 3 500 milliards de dette, 91 milliards à rembourser l’an prochain sur un budget de 459 milliards d’euros, devant le matraquage et l’unanimité médiatiques, même une retraitée de l’industrie vivant avec 900 euros par mois ou un père de famille en fin de droits commencent à se sentir comptables de la dette. Il faudrait donc faire quelque chose, il faudrait bien que chacun y mette du sien…

Cette comédie est d’abord un jeu politique de Macron-Lecornu pour faire passer leur budget, c’est-à- dire la somme des attaques prévues contre les travailleurs. Et de s’adresser aux députés, du PS au RN, pour leur demander d’être responsables au vu du danger de faillite. C’est ensuite l’argument tout trouvé de l’équipe qui sortira des urnes en mai pour continuer et amplifier ces mêmes mesures en espérant les faire accepter par les classes populaires. C’est aussi la justification des attaques quotidiennes, celles de l’État prises par décret, celles plus insidieuses des collectivités locales et des bailleurs sociaux et celles, ouvertes et provocantes, du patronat qui bloque les salaires et remet en cause tout ce qui pouvait les améliorer un tant soit peu.

Cela justifie la course à droite et à l’extrême droite à qui promet le plus de coupes dans les services publics et les budgets sociaux. Mais, en revanche, cette prétendue menace de faillite ne remet pas en cause le budget militaire ni les aides multiformes au patronat. Elle ne tient jamais compte des bénéfices colossaux des grandes entreprises, ni des fortunes de leurs grands actionnaires, ni des milliards accumulés par les familles bourgeoises. Car elle est un artifice comptable, un leurre exactement semblable à celui utilisé par tant d’entreprises fermées pour faillite alors qu’elles étaient détenues par des groupes milliardaires qui voulaient se débarrasser d’un site pas assez rentable. Cette faillite qu’on veut faire payer aux travailleurs n’est que le nom poli, politique et journalistique du rapport de force entre les classes.

Il suffirait que la classe ouvrière redresse la tête pour que la bourgeoisie trouve immédiatement, le couteau sous la gorge, de quoi payer elle-même les augmentations de salaire, les services publics et les dettes par- dessus le marché.

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