Notre camarade Dominique Geindreau 14/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3037-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-10-14

Les nôtres

Notre camarade Dominique Geindreau

Notre camarade Dominique Geindreau, que nous appelions Rogis, nous a quittés brutalement jeudi 8 octobre à l’âge de 75 ans.

Dominique avait été profondément marqué par l’explosion sociale de mai-juin 1968, à laquelle il avait participé activement. Après avoir rejoint les rangs de Lutte ouvrière, il milita à la SNCF et, en particulier, pendant de longues années, sur le site de Villeneuve- Saint-Georges. Il fut de toutes les luttes, prenant des responsabilités, syndicales et politiques, animant notre presse d’entreprise. Surtout, il contribua activement à faire en sorte que les cheminots puissent mener leurs grèves démocratiquement, grâce à des comités de grève. Ainsi, il milita pour la coordination nationale intercatégories des cheminots, aux côtés de Daniel Vitry, lors de la grève pour les salaires de l’hiver 1986 1987.

En 1991, il était aux côtés des travailleurs auxiliaires marocains, qui faisaient un travail dangereux, accrochant et décrochant les wagons du fret sur ce qui était alors l’un des plus importants triages de France. Ils avaient engagé la lutte pour obtenir une prime de 150 francs, une augmentation de 6 % de leurs salaires et le paiement des jours de grève. Grâce à leur détermination et à leur organisation, ils avaient obtenu en partie satisfaction. Dominique, qui travaillait au service commercial, avait été avec eux en permanence, militant auprès des cheminots pour défendre la lutte des auxiliaires marocains. Et ce n’était pas facile, comme lorsque la direction avait tenté de séparer le local où les cheminots prenaient leurs repas en deux parties, isolant par la construction d’un mur les auxiliaires marocains des autres travailleurs. Dominique avait mené la contestation contre cette ignominie.

Son action militante, son sens de la démocratie ouvrière, lui avaient valu d’être exclu de la CGT dès la fin des années 70, avant d’être réintégré de longues années plus tard.

Dominique était un camarade soucieux de transmettre son expérience. Il était parfois un peu soupe au lait, avec des colères célèbres, mais bien que malade depuis près de vingt ans, il restait debout, apportant un capital politique précieux aux plus jeunes camarades. Il va nous manquer. Mais comme il l’a toujours voulu, le combat, son combat continue. Salut camarade !

Partager