Carburants : Total racket 02/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P4-1_Total_taxe_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C7%2C800%2C457_crop_detail.jpg 2026-09-02

Leur société

Carburants : Total racket

La flambée du prix des carburants est directement liée à l’explosion des bénéfices des compagnies pétrolières, à l’image de TotalEnergies, qui a annoncé 11 milliards de profits sur le premier semestre 2026.

Illustration - Total racket

Les profits sont réalisés sur tous les métiers du pétrole, de l’extraction au raffinage, au trading et à la distribution.

Le cours du baril de pétrole brut, qui variait entre 60 et 70 dollars avant la guerre en Iran, a grimpé entre avril et juin autour de 110 dollars. Après une baisse momentanée en juillet, il a remonté et atteignait 92 dollars le 31 août. Cela a fait exploser les profits des activités d’extraction de Total dans le monde entier.

Ensuite, le trading, qui consiste à spéculer sur les produits pétroliers, a par exemple permis à Totsa, la filiale de Total basée en Suisse, de réaliser des profits insensés en raison de la guerre : un milliard d’euros, rien que pour le mois de mars.

Mais, derrière la flambée du prix, en particulier du gazole, il y a l’explosion des marges des raffineries. Alors qu’habituellement, l’écart entre le prix du pétrole brut et celui du gazole est autour de 10 centimes d’euros par litre, il a atteint en août 40 à 50 centimes. Selon le journal Les Echos, « les marges des raffineurs ont donc quadruplé. En France, elles représentent désormais entre 15 % et 20 % du prix de gazole, presque autant que la matière première pétrolière. »

S’ajoute enfin la marge des distributeurs. Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, ose se présenter comme un bienfaiteur pour avoir plafonné le prix du SP95-E10 à 1,99 euro et celui du diesel à 2,25 euros dans ses stations-service. Mais ce geste lui a permis de gagner, selon lui, 3 % de parts de marché sur ses concurrents et de faire sa communication à bon compte.

L’explosion de ses profits est telle que les mécanismes d’optimisation fiscale ne lui permettront pas en 2027 d’être à nouveau exonéré de toute imposition sur les bénéfices. « TotalEnergies en 2026 va payer l’impôt sur les sociétés puisque, à cause du détroit d’Ormuz, on fait des profits, y compris en France » a affirmé Pouyanné. Mais il a aussitôt menacé de supprimer le plafonnement des prix dans ses stations si d’aventure, il subissait la taxe sur les superprofits énergétiques.

Pour paraphraser les Tontons flingueurs, les capitalistes, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

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