Cisjordanie : nettoyage ethnique sans témoins 21/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P16-1_Un_agriculteur_palestinien_devant_un_olivier_br%C3%BBl%C3%A9_par_les_colons_isra%C3%A9liens_le_16_octobre_HD_C_AFP_Ahmad_Ghababli.jpg.420x236_q85_box-0%2C66%2C800%2C516_crop_detail.jpg 2026-10-21

Dans le monde

Cisjordanie : nettoyage ethnique sans témoins

La récolte des olives en Cisjordanie occupée est une période clé dans la vie économique de dizaines de milliers de familles d’agriculteurs palestiniens. Elle est donc devenue une cible privilégiée des colons israéliens d’extrême droite.

Illustration - nettoyage ethnique sans témoins

Installés dans des fermes qui sont en réalité des avant-postes destinés à gagner du territoire sur la population des villages palestiniens, au-delà des colonies officielles, ces groupes de nervis israéliens ont multiplié les attaques, avant même le déclenchement de la guerre après le 7 octobre 2023. Celles-ci sont devenues impossibles à recenser pour les ONG qui tentent de le faire, les attaquants s’en prenant à des maisons, des champs, des bâtiments publics, mais aussi des agriculteurs au travail, des villageois tentant de se déplacer sur une route, toujours soutenus par une armée d’occupation qui ne fait même pas semblant de protéger les habitants palestiniens. Le 13 octobre, un bus qui emmenait les enfants à l’école du village voisin, dans la région de Masafer Yatta, au sud du territoire, a été pris en embuscade par des colons, blessant gravement plusieurs enfants.

S’attaquer à la récolte des olives, commencée fin septembre, est une des tactiques de ces colons pour s’en prendre aux ressources des villageois dans l’optique de les chasser de leurs terres. Cette année plus encore qu’en 2025, les groupes de colons d’extrême droite, plus nombreux, harcèlent les agriculteurs dont la récolte doit être réalisée à ce moment, organisent des raids, parfois meurtriers, à l’aide de bulldozers, quand ils n’ont pas auparavant déjà arraché des dizaines d’oliviers centenaires.

Pour faire connaître la lutte des Palestiniens de Cisjordanie et protester contre le nettoyage ethnique que le pouvoir israélien encourage, des ONG, des associations de soutien à la population palestinienne, des journalistes engagés ont répondu aux appels et tenté de protéger par leur présence les agriculteurs lors de la récolte. Parmi les nombreuses victimes des agressions de colons, certaines plus connues, comme la journaliste américaine Heidi Levine ou des membres d’une délégation diplomatique qui ont été attaqués les 16 et 17 octobre, roués de coups et blessés. Il n’est en effet pas question pour cette phalange avancée de la colonisation israélienne de laisser des témoins, surtout occidentaux, documenter leurs crimes.

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