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- Lutte ouvrière n°3038
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Les jeunes en lutte
Confédérations syndicales : le 5 novembre, et avant ?
Les directions nationales des confédérations syndicales ont certes souhaité la réussite des manifestations du 17 octobre mais, sauf initiative locale, leur contribution concrète a été inexistante.
Au soir et au lendemain de ces manifestations, elles ont reconnu la puissance du mouvement, dénoncé plus ou moins selon les cas les manœuvres médiatiques pour déconsidérer les manifestants, plus ou moins critiqué les violences policières. Mais toutes s’en tenaient à l’agenda qu’elles ont défini en appelant le 5 novembre à une journée interprofessionnelle et intersyndicale de grèves et de manifestations.
Au début du mouvement des gilets jaunes, en novembre 2018, les confédérations avaient méprisé et même calomnié ceux qui se rendaient sur les ronds-points. Et cela pour une seule et simple raison : elles n’avaient pas déclenché ce mouvement qui, d’ailleurs, ne leur demandait rien, même si bien des militants ouvriers y ont pris part. Cette position de départ leur a valu d’être mises dans le même sac que les partis gouvernementaux par un certain nombre de gilets jaunes. La CGT, la CFDT, SUD, la FSU, FO et l’UNSA n’ont pas voulu répéter cette erreur.
Mercredi 21, en sortant d’une entrevue, évidemment sans aucun résultat, avec Lecornu, l’intersyndicale maintenait son appel pour le 5 novembre. La CFDT souhaite que le gouvernement propose quelque chose d’ici là et la CGT parle de soutenir la manifestation du 24 octobre.
Mais aussi bien les lycéens, les étudiants, ceux qui sympathisent avec eux que les travailleurs dans leur ensemble savent évaluer les rapports de force. Si plus de 500 000 manifestants, réunis quasi spontanément à travers le pays malgré les provocations policières, n’ont pas ébranlé le gouvernement, comment une journée programmée, encadrée, unique et sans lendemain prévu le pourrait-elle ? De plus, que doivent faire d’ici là ceux qui sont déjà mobilisés ? Comment donner aux travailleurs conscience de leur force ? Comment leur donner aussi conscience de leur bon droit, face à tous ceux qui pleurent sur le prétendu coût du travail ?
Si la mémoire des travailleurs conscients n’y suffisait pas, l’attitude actuelle des confédérations syndicales montre qu’elles se préparent à ne pas y répondre. Elles ne veulent en fait même pas les poser. Mais les jeunes et ceux des travailleurs qui les ont déjà rejoints peuvent le faire, et bien plus efficacement.