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Leur société
Congrès du RN : sous haute protection policière
Samedi 24 octobre, entre 13 000 et 26000 personnes ont répondu à l'appel lancé, de longue date, par les syndicats et les partis de gauche contre l'extrême droite à l'occasion de la tenue du congrès du RN à Orléans.
Dans une grande partie du cortège, les lycéens, étudiants et jeunes travailleurs, étaient majoritaires et beaucoup étaient venus parfois de loin avec leur famille. Une marée de pancartes et de slogans exprimaient leur crainte sincère de voir le RN demain au pouvoir, leur rejet du racisme, en particulier au lendemain de l'attentat de Trappes.
Le mouvement de contestation de la jeunesse est venu percuter le calendrier. Cette journée a aussi pris un caractère de contestation plus général, et beaucoup dénonçaient la difficulté à vivre, les violences policières, le capitalisme.
Le succès de la manifestation est d'autant plus remarquable que la ville a connu tout le week-end un véritable état de siège. Fermeture des commerces, interdiction de circuler et de stationner dans le centre, couvre-feu pour les jeunes de moins de 15 ans, 3 000 policiers et gendarmes mobilisés : le maire de droite, le préfet et le Premier ministre se sont entendus pour faire de la ville un camp retranché, et pour acheminer en toute sécurité les participants au congrès du RN et assurer son déroulement loin de toute contestation. Alors que la ville était barricadée, la circulation était complètement coupée sur deux des ponts, le troisième étant filtré pour permettre le passage de ceux qui étaient inscrits au rassemblement du RN au Zénith au sud d'Orléans. Un filtrage et des fouilles au corps étaient effectuées en gare à l'arrivée des trains, jusqu'à la gare d'Austerlitz à Paris pour les trains à destination d'Orléans, ou encore, dans les cars de manifestants venus de plus loin, dont certains ont été empêchés de rejoindre la manifestation.
Alors qu'aucun transport en commun ne circulait, les bus municipaux étaient réquisitionnés pour convoyer les sympathisants RN. Le maire a chiffré à 100 000 euros le coût de ces mesures et les responsables du RN n'ont pas tari d'éloges envers le préfet Moutouh, dont le nom circule pour de hauts postes en cas de victoire du RN en 2027.
Mais si toutes ces mesures sécuritaires inédites ont certainement limité la mobilisation, elles n'ont pu cependant empêcher son succès.