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- Lutte ouvrière n°3037
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Leur société
Eramet : un intérêt général très particulier
Lundi 12 octobre, l’Élysée a fait savoir que la part de l’État dans le capital de la société Eramet allait passer de 27 à 50 %.
L’opération revient au rachat d’une partie des actions détenues par la famille Duval, pour 300 millions d’euros d’argent public.
Or, si Eramet a fait de mauvaises affaires ces dernières années, la famille Duval en fait, elle, de très fructueuses depuis deux siècles, au point d’être classée 62e fortune française par le magazine Challenges. L’État justifie ce magnifique cadeau en invoquant l’intérêt général. Eramet, vaste société internationale au capital dépassant le milliard d’euros, détient au Gabon, en Indonésie, en Argentine, au Sénégal, des mines produisant des métaux rares. Elle est aussi l’actionnaire principal des mines de nickel en Nouvelle- Calédonie, pièces essentielles de l’économie de l’île. Il serait donc nécessaire, d’après l’Elysée, de ne pas laisser partir ces richesses dans des mains inconnues…
En fait, comme toujours, l’intérêt général dont ces gens se gargarisent est le masque de l’intérêt immédiat, particulier, sonnant et trébuchant d’une famille de la grande bourgeoisie, en l’occurrence les Duval, qui vont toucher, pour le prix de leur mauvaise gestion, trois cents millions d’euros. Lorsque l’intérêt général prévaudra réellement, ces gens-là et tous leurs semblables seront expropriés sans indemnités.