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États-Unis : exécution ratée, barbarie assumée
Mercredi 30 septembre, Christa Pike, qui était depuis trente ans dans le couloir de la mort d’une prison du Tennessee, a subi par deux fois l’injection censée mettre fin à ses jours. Elle a survécu, mais a souffert pendant deux heures avant que les secours n’interviennent.
Elle avait assassiné à 18 ans une de ses amies. Elle-même, victime de viols répétés dans son enfance, élevée par une mère alcoolique et toxicomane, souffrait de lésions au cerveau. Mais lors de son procès, son avocat n’a pas mis ces faits en avant. Christa Pike fait partie des plus pauvres, comme la plupart des 2 000 personnes, noires pour 40 %, qui attendent leur exécution, parfois depuis plus de vingt ans.
Alors que la peine de mort est abolie dans de nombreux États américains, certains gouverneurs ou sénateurs font au contraire de la surenchère, pensant ainsi rafler des voix auprès de l’électorat réactionnaire. C’est le cas de Marsha Blackburn, sénatrice républicaine du Tennessee, favorite pour l’élection au poste de gouverneure de l’État, qui s’est précipitée devant les caméras pour réclamer l’utilisation de la chaise électrique afin de pallier l’échec des injections létales.
Cet acharnement dans l’assassinat légal de cette femme de 50 ans est tout un symbole d’une société dont la barbarie est sans limite.