Guinée : vivre et mourir dans une décharge 26/08/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/08/une_3030-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-08-26

Dans le monde

Guinée : vivre et mourir dans une décharge

Au moins trente personnes sont mortes dans l’effondrement de la grande décharge de Dar-es-Salam à Conakry, la capitale de la Guinée. Le drame est intervenu dans la nuit du samedi au dimanche 23 août, lorsque les habitations aux alentours se sont retrouvées enfouies sous des tonnes d’ordures.

Cette décharge avait été installée dans les années quatre-vingt sur une ancienne carrière d’argile et ne devait être qu’une solution provisoire. Conakry comptait alors 500 000 habitants. Il y en a aujourd’hui trois millions et demi, et la décharge n’a cessé de s’élever, devenant d’année en année plus instable. Des familles ont construit au pied du tas d’ordures car, comme dans la plupart des pays d’Afrique, les prix des logements ne permettent pas à beaucoup de se loger ailleurs que dans des lieux insalubres et dangereux.

Déjà, en août 2017, neuf personnes avaient perdu la vie dans un semblable effondrement. A défaut de transférer ailleurs la décharge, ce qui selon l’engagement initial aurait dû être fait dans un délai de vingt ans maximum après son ouverture, des bulldozers repoussaient alors chaque jour les ordures, faisant s’élever le tas. Au lieu de fermer la décharge après cette première catastrophe les autorités avaient procédé à un « déguerpissement », détruisant les maisons les plus proches et chassant leurs habitants.

Outre les odeurs nauséabondes et les fumées toxiques qui empestent l’atmosphère lorsque le feu est utilisé pour détruire une partie des déchets, la présence de produits explosifs au milieu des ordures fait planer un risque permanent, notamment aux enfants qui fouillent parmi les ordures.

Aujourd’hui, l’État guinéen dit que la décharge devait fermer le jour du drame. On verra ce qu’il en sera. Mais ce qui est certain, c’est que cette catastrophe est aussi significative de la situation dans laquelle l’impérialisme maintien la population d’un pays pauvre comme la Guinée avec la complicité de ses dirigeants.

Mettre de l’argent sur la table pour améliorer même un peu le sort des pauvres, ni le gouvernement guinéen ni les puissances impérialistes n’en ont aucunement l’intention. Pourtant, des investissements, et de taille, il y en a eu en Guinée.

Ainsi, pendant que les habitants croupissaient au pied de cette décharge, la plus grande mine de fer du monde était ouverte dans le sud-est du pays par le trust anglo-australien Rio Tinto et des compagnies chinoises, avec la ligne de chemin de fer et le port en eau profonde associés afin d’évacuer le minerai. Un projet à 20 milliards de dollars.

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