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Dans les entreprises
Hensoldt Nexeya France : en solde !
Depuis début juillet, Hensoldt Nexeya France (HNF) est en vente. Cela suscite bien des inquiétudes chez les 500 salariés de cette entreprise de sous-traitance électronique répartis sur une dizaine de sites sur le territoire, dont Toulouse, Massy et Angoulême.
HNF est depuis 2019 la propriété du groupe de matériel militaire allemand Hensoldt AG, comprenant 10 000 salariés dans le monde et réalisant un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros. L’objectif de Hensoldt AG était alors de s’introduire sur le marché de la défense en France. Peu leur importait en fait la rentabilité de leur achat. Et pour cause, avant de la vendre à Hensoldt, les propriétaires de Nexeya – des petits capitalistes millionnaires surtout spécialistes en montages financiers et bien introduits dans les allées du pouvoir – avaient, en collusion avec l’État français et la Direction générale de l’armement, découpé l’entreprise en deux, se conservant les parties les plus rentables. Depuis, Nexeya accumule les déficits.
Il y a un an, à l’automne 2025, devant le peu de résultat de sa tentative en France, Hensoldt AG a changé d’orientation. Il a donné mandat à un cabinet de « retournement », Prosphères, pour liquider ses avoirs. Prosphères est connu sur la place publique pour avoir fermé tout ou partie des magasins Tati, Pimkie, Jules, les librairies Chapitre, Caddie… avec une méthode qui consiste à convaincre les salariés que la seule solution possible pour eux est d’accepter les sacrifices. Pendant plus de six mois, les trois directeurs de ce cabinet, payés plusieurs centaines de milliers d’euros à l’année, ont donc surtout occupé le terrain en enchaînant groupes de travail et budgets prévisionnels pour démontrer aux salariés qu’il fallait au moins licencier 150 personnes. Cependant, espérant sans doute faire l’économie d’un plan social, les actionnaires ont décidé fin juin de mettre en vente la société, en totalité ou à la découpe, et peu importe le prix, ont-ils dit. Prosphères a ainsi divisé la société en 12 activités dont les emplois cumulés n’arrivent qu’aux deux tiers de l’effectif total. Autant dire que si ce n’est pas Hensoldt qui licencie, ce sera le ou les repreneurs.
Les salariés, conscients de la menace qui pèse sur leur tête, ont réagi : 150 se sont réunis dans une assemblée générale multisites, 300 ont répondu à un sondage-pétition, 130 sur l’ensemble des douze sites ont débrayé mi-octobre. La revendication est simple : ils veulent des garanties pour tous les salariés, qu’ils soient repris ou pas, en termes d’emploi ou d’indemnités de licenciement supra-légales. Face à des capitalistes rapaces et à un cabinet, comme Prosphères, les salariés ne devront compter que sur leur mobilisation pour défendre leurs intérêts.