Lycéens : toutes les raisons de se révolter ! 07/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P5-1_Manifestation_%C3%93_Paris_le_6_octobre_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C800%2C450_crop_detail.jpg 2026-10-07

Les jeunes en lutte

Lycéens : toutes les raisons de se révolter !

Si la contestation, partie de quelques lycées de la banlieue parisienne, s’est propagée aussi rapidement à tout le pays, touchant des villes petites ou grandes, les lycées des quartiers populaires comme ceux des centres-villes, c’est parce qu’elle a des causes profondes.

Illustration - toutes les raisons de se révolter !

Les lycéens ont d’abord formulé des revendications matérielles : classes surchargées, professeurs non remplacés, manque d’infirmières, fuites depuis les toits, toilettes insuffisantes ou dégradées, salles inadaptées, dans lesquelles les températures peuvent dépasser 35 oC dès le mois de mai. Les ministres, qui gèrent le personnel, et les présidents de région, qui gèrent les bâtiments, invoquent la hausse régulière des budgets. Pourtant, bien des lycées n’ont pas été rénovés depuis des décennies et, quand ils l’ont été, les bâtiments ou les équipements se sont rapidement usés. En outre, l’envolée du coût de l’énergie absorbe une grande part des budgets et, si celui de l’Éducation nationale a augmenté de 20 % en dix ans, celui de l’armée a augmenté de 100 %, ce qui fait dire aux manifestants : « De l’argent pour les lycées, pas pour l’armée ! » Par ailleurs, alors que trop de cours ne sont pas assurés, le nombre d’enseignants dans les collèges et les lyées a diminué depuis 2008 bien que 250 000 élèves supplémentaires soient scolarisés.

Les lycéens dénoncent aussi la pression et le stress générés par Parcoursup, cette plateforme numérique qui organise la sélection pour accéder à l’enseignement supérieur, reléguant la grande majorité des jeunes des classes populaires dans des filières qu’ils n’ont pas choisies. Des dizaines de milliers d’entre eux les quittent sans diplôme. Dans une société où même un bon diplôme ne garantit ni un emploi ni un bon salaire, il y a de quoi être inquiet. Il y a surtout de quoi être révolté quand on comprend, à 15 ans ou à 16 ans, que l’avenir que la société offre à toute votre génération est celui de la précarité permanente. Parmi des milliers d’autres, des pancartes résumaient ces sentiments dans les manifestations : « On veut un avenir » ou « Quelle époque de merde » !

Ces lycéens, dont les parents sont confrontés à la flambée des prix, aux menaces de perdre leur emploi, aux journées de travail à rallonge, sentent bien que, sans changement profond, leur propre vie sera encore plus dure. Ils n’acceptent pas de vivre dans un monde où le climat a été détraqué parce qu’une poignée de capitalistes est prête à détruire la planète pour augmenter ses profits. « Si nous brûlons, vous brûlerez avec nous », affirmait une pancarte. Ils n’acceptent pas non plus le mépris, le racisme et les injustices : « Qui sème le mépris, récolte la colère », disaient certaines fort justement.

Cette colère a commencé à s’exprimer. Les manifestations des lycéens ont été un succès le 6 octobre malgré les campagnes de dénigrement et de désinformation du gouvernement et de nombreux médias. Elles ont déjà eu l’immense mérite d’avoir porté ces questions sur le devant de la scène et d’avoir commencé à politiser, à vitesse accélérée, une nouvelle génération. Le succès du 6 octobre, avec des centaines de milliers de manifestants dans tout le pays, doit encourager les jeunes à s’organiser, à poursuivre les discussions sur les voies et les moyens de mettre un terme à la folie de ce système. Mais la solution ne pourra pas venir de la seule jeunesse : les travailleurs devront aussi s’inspirer d’elle pour refuser de subir et relever la tête.

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