“Parti de l’ordre” : les bêtes à cornes ont peur du rouge 21/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3038-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-21

Les jeunes en lutte

“Parti de l’ordre” : les bêtes à cornes ont peur du rouge

Alors que les médias ne retenaient des manifestations du 17 octobre que la casse et les affrontements avec la police, la droite et l’extrême droite ont pu s’en donner à cœur joie pour réclamer de l’ordre.

Le RN, dans un décor présidentiel pour Le Pen, sous le slogan « Face au chaos, la France en ordre » pour Bardella, a exigé plus d’effectifs, plus de grenades, plus d’impunité pour les policiers et plus de répression, plus de coups de matraque, plus de condamnations rapides et plus de places de prison pour les manifestants. Le Pen, candidate à l’Élysée, doit savoir que nombre de ses électeurs comprennent le mouvement contre la vie chère, voire y participent. Elle a donc eu une toute petite phrase pour qualifier de légitimes les revendications. Bardella, quant à lui, a fait une tirade aux relents pétainistes : « À chaque fois l’alliance mortifère des milices d’ultragauche et des prédateurs de banlieue, les uns voulant la destruction de l’État, les autres désirant prendre une revanche contre la France. » Il a même repris le qualificatif d’« armée du crime » par lequel Vichy et l’armée d’occupation nazie dénonçaient les militants communistes du groupe Manouchian avant de les assassiner.

Les autres ont surtout été ridicules, comme Ciotti qui met en cause le basketteur Wembanyama pour son soutien aux lycéens de banlieue et exige qu’il assume les frais de la casse. Édouard Philippe déclare « la France a besoin d’être commandée », par lui, on s’en doute. Le pompon a été décroché par Lisnard, le maire de Cannes, qui essaie de se faire une place de soliste devant le chœur de la réaction. Il a dénoncé les « camps d’entraînement terroristes sur le plateau de Millevaches » où Mélenchon se rendrait tous les ans. Rien de moins.

Tous sont bien d’accord sur un point : le parti de l’ordre exige qu’on réponde par la matraque aux revendications populaires contre la vie chère et pour un service public digne de ce nom. À la jeunesse qui veut un avenir, ils promettent des uniformes de policiers d’abord, de gardiens de prison ensuite et de troufions, pour finir. Cela ne serait pas la première fois car, hélas, contrairement à ce que veulent croire bien des gens, on les a déjà essayés.

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