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Leur société
Le Pen et le voile : l’ignominie en marche
Depuis 14 ans, d’élection en élection, Marine Le Pen entonne la même rengaine odieuse, promettant, si elle gagne, d’organiser un référendum interdisant le port du voile islamique dans l’espace public, par exemple dans la rue ou les transports.
Campagne présidentielle oblige, le RN reprend les mots du FN et, le 30 septembre sur BFMTV, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy lançait la balle en proposant de sanctionner le port du voile dans l’espace public par une amende. Le lendemain, sa patronne la saisissait au bond sur X. « Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. » L’usage de l’adjectif « islamiste » pour voile « islamique » suggérant au passage le militantisme, voire un potentiel terrorisme…
Le problème de Le Pen n’est évidemment pas ce que représente le voile en tant que symbole de l’oppression de la femme, comme c’est le cas, par exemple, en Iran. Il est simplement d’apporter un crachat supplémentaire à une campagne anti-musulmans. Il s’agit de désigner tout une partie de la population, et particulièrement de la classe ouvrière, comme des boucs émissaires, responsables du chômage, du manque de logements, des bas salaires et, pourquoi pas, de la crise que lui font payer les gros capitalistes !
Discriminer une partie de la population, faire payer pour le seul crime de se montrer telle qu’elle est, voilà donc la grande idée que brandissent les lepénistes. Sur cette voie, il y a de sinistres précédents.