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Leur société
PFAS : le poison est dans l’œuf
Des journalistes du réseau régional Ici de France 3 et de Radio France ont fait pratiquer dans toute la France un dosage de la contamination des œufs par les polluants éternels, les PFAS. Les résultats publiés sont révélateurs.

On sait qu’au-delà d’une certaine dose ingérée, les PFAS, des molécules utilisées dans l’industrie chimique, peuvent engendrer des cancers, des troubles neurologiques et dérégler le système immunitaire. Il est évident qu’il faudrait mesurer et suivre de très près la contamination des produits alimentaires par les PFAS. Les œufs permettent justement de mesurer cette contamination et d’en retracer l’origine, car les poules absorbent les PFAS là où elles picorent, les transmettant ensuite à leurs œufs.
Or, si on pouvait évidemment s’attendre à ce que des œufs produits aux environs de sites industriels comme le couloir de la chimie dans le Rhône soient plus contaminés, des taux anormalement élevés ont été mesurés chez des petits producteurs éloignés de ce type de zone. L’explication en est que des années plus tôt, des boues d’épuration avaient été épandues sur les terrains où les poules ont été élevées.
En Suisse, les épandages sur des sols agricoles de ces boues, considérées comme un bon engrais, ont été interdits il y a plus de vingt ans, dès 2003, avant même qu’on ne parle de PFAS, leur toxicité étant déjà identifiée. En France, l’État n’a pas pris de telles mesures de santé publique. Il a préféré créer un « fonds de garantie des risques liés aux épandages » pour « rassurer les agriculteurs pour qu’ils continuent à accepter de prendre ces boues comme fertilisants » comme l’a affirmé un sénateur à l’origine de la création de ce fonds. Une interdiction aurait en effet nui aux producteurs de boues, notamment les industriels du papier, qui auraient dû alors payer pour les faire incinérer ou les mettre en décharge plutôt que les vendre !
Ce que découvrent et révèlent aujourd’hui les journalistes était donc connu de longue date des services de l’État, qui l’ont caché à la population, pour préserver les intérêts des industriels du papier. Quel que soit le sujet, s’en remettre à l’État pour contrôler ce qui se passe, est le plus sûr moyen que tout soit étouffé.