Primes : l’autre façon de voler les travailleurs 14/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3037-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-10-14

Dans les entreprises

Primes : l’autre façon de voler les travailleurs

Depuis des années, les gouvernements ont ouvert au patronat des possibilités de baisser une partie des salaires, en les remplaçant par des primes et en les soustrayant ainsi aux cotisations sociales.

Et cela, même si cela creuse de façon catastrophique les comptes de la Sécurité sociale et des retraites.

Il ne s’agit pas de petites sommes. Le seul montant de la participation et des primes d’intéressement atteint 23 milliards d’euros par an.

Un effet désastreux est aussi de pouvoir rendre les salaires fluctuants, au gré des décisions des directions d’entreprise, qui peuvent fixer annuellement le montant des primes, parfois à la hausse, mais souvent à la baisse.

Parmi les exemples les plus frappants, on peut citer le groupe Stellantis, qui pour 2022-2023, face à des profits énormes, avait annoncé des primes allant de 4 100 à 4 300 euros. L’année suivante il annonçait des primes de 1 700 à 900 euros et l’année d’après des primes de… zéro euro.

Il ne s’agit pas d’une exception. Un des géants de la sous-traitance automobile, le groupe Continental, a pu pratiquer des baisses drastiques alors que sa branche pneumatique bat les records mondiaux de productivité, dépassant les 13 % et ayant pu frôler les 20 %, presque autant que les industries du luxe. En plein boom, les milliards s’accumulant dans ses caisses, le groupe a diminué le montant des primes d’intéressement et de participation, qui dépassait 5 000 euros annuels, de façon continue. En 2021 le plus gros coup de rabot fut la baisse de 2 200 euros du montant annuel de ces primes, ce qui souleva alors la révolte.

On peut trouver des faits analogues dans la grande distribution. Les travailleurs de la division Carrefour market touchaient 799 euros en 2022, réduits à 688 euros en 2026, ce qui représente, compte tenu de l’inflation, une baisse notable.

Ce piège, que bien souvent les syndicats contresignent, « au nom du réalisme », rend de fait encore plus précaires les ressources de millions de travailleurs. Les salaires hypothétiques et variables en fonction de leurs décisions sont une très bonne affaire pour les patrons.

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