Procès Ménard : l’amour au temps du racisme d’État 07/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3036-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-07

Leur société

Procès Ménard : l’amour au temps du racisme d’État

Le 30 septembre, Robert Ménard, maire de Béziers et proche du RN et de Zemmour, est passé en procès pour avoir, en juillet 2023, refusé de procéder au mariage d’un couple dont l’homme, algérien, était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire.

En tant que maire, Ménard n’avait aucunement le droit de refuser ce mariage. Pour justifier sa position à l’époque, il avait déclaré au Figaro : « Il a 23 ans, il est Algérien. Ça sent le mariage blanc à plein nez », ce qui n’était rien d’autre que l’étalage du racisme le plus crasse. Le procureur de la République, qu’il avait saisi sur la « sincérité de l’intention matrimoniale », n’avait trouvé aucun indice dans ce sens et refusé de repousser le mariage. Mais Ménard s’était assis sur cette décision et, le 7 juillet 2023, devant les caméras de télévision convoquées pour l’occasion, il avait annulé le mariage prévu.

La vie du couple a alors basculé. Deux semaines plus tard, le préfet de l’Hérault expulsait le fiancé vers Oran, la jeune femme et ses enfants étaient l’objet d’un torrent de haine sur les réseaux sociaux.

Au procès, aujourd’hui, plus personne n’ose défendre l’hypothèse d’un mariage blanc, Ménard déclarant « Je ne me suis jamais intéressé à leur histoire d’amour. ». Seul l’intéressait le coup politique qu’il pouvait en tirer. Quelle que soit sa condamnation, elle sera sans commune mesure avec les conséquences de sa décision pour une famille souillée, brisée et jetée en pâture.

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