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Leur société
La responsabilité du RN… et de tant d’autres

De nombreuses manifestations ont eu lieu pour dénoncer la tuerie raciste de Trappes.
À Trappes même, le 30 octobre, le rassemblement a réuni toute la gauche, du PS à LFI. Le maire, Ali Rabeh, a souligné la responsabilité du Rassemblement national comme étant « ceux qui ont armé idéologiquement ce terroriste ». Il a aussi regretté l’absence de la droite et du centre, semblant mettre ses espoirs dans un « front républicain » contre le RN. Mais le Rassemblement national est loin d’être le seul à incriminer.
La droite, quand elle était au pouvoir, a multiplié les attaques contre les immigrés. Dans l’opposition, elle fait la course avec le RN sur le terrain de la démagogie raciste. Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur de Macron a par exemple déclaré à propos des violences du 17 octobre : « Oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qu’il s’est passé .» Édouard Philippe et Gabriel Attal, anciens Premiers ministres de Macron et candidats à la présidentielle lui ont emboîté le pas. Quant à Darmanin, il est l’un de ceux qui réclament à cor et à cri un « moratoire » sur l’immigration. La droite rejoint le RN pour faire de l’immigration un fonds de commerce, insinuant que l’aggravation de la situation sociale viendrait d’elle. Quant aux hommes politiques de droite dits républicains, comme Chirac, que la gauche encense, il n’y a qu’à rappeler qu’il fut l’homme du « bruit et des odeurs » !
Alors, le RN n’est pas seul à répandre ouvertement le poison raciste, à alimenter la machine à division entre travailleurs. Mais à ce petit jeu et d’une manière souvent plus hypocrite, la gauche n’est pas en reste. Au pouvoir, les socialistes ont aussi multiplié les lois contre les immigrés, favorisant l’idée que l’immigration serait un problème, qu’elle entraînerait un appauvrissement du monde du travail. De Glucksmann à Mélenchon, tous prônent d’une manière ou d’une autre une régulation du flux migratoire.
Pour se protéger de la haine raciste criminelle, les travailleurs immigrés ne peuvent compter sur aucun politicien, fût-il de gauche. Ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces, leurs propres capacités à se défendre. Ce combat doit devenir celui de l’ensemble des travailleurs. Car la division engendrée par le racisme ne peut que les affaiblir face à leurs réels ennemis : leurs exploiteurs.