Tunisie : manifestation contre la vie chère 21/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P8-2_Le_17_octobre_%C3%A0_Tunis_HD_C_Chedly_Ben_Ibrahim_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C83%2C799%2C533_crop_detail.jpg 2026-10-21

Dans le monde

Tunisie : manifestation contre la vie chère

Samedi 17 octobre, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tunis, contre la vie chère et les attaques contre les libertés et droits démocratiques.

Illustration - manifestation contre la vie chère

Les manifestants répondaient à l’appel de la centrale syndicale UGTT et de neuf organisations politiques, associatives et syndicales. Compte tenu de la dérive autoritaire du régime et de la chape de plomb qui pèse sur toute la société, cette journée a été un succès. En 2021, Kaïs Saïed s’était octroyé tous les pouvoirs après avoir réduit ceux du Parlement. La presse est muselée, des avocats sont révoqués, les opposants politiques intimidés ou emprisonnés. Certains ont été arrêtés et jugés sans preuve pour « complot contre la sûreté de l’État ». Et sous couvert de lutte contre le terrorisme, la répression s’est abattue sur des militants, des travailleurs, des influenceurs, des artistes et de simples citoyens porteurs d’une voix critique.

« Pas de démocratie sans liberté, pas de dignité avec la pauvreté ! » Les banderoles et les T-shirts arborés par les manifestants affichaient aussi des slogans sur la dégradation des conditions de vie. Après un été caniculaire et des vagues de chaleur intenses qui ont frôlé 50 degrés, la population est excédée. Elle s’est retrouvée livrée à elle-même, face aux coupures d’eau et à celle non potable qui coulait des robinets. Elle s’est retrouvée démunie face à la pénurie d’eau en bouteilles et aux coupures d’électricité qui ont mis à l’arrêt climatiseurs et réfrigérateurs.

La colère est profonde, nourrie par la hausse du chômage et l’effondrement du pouvoir d’achat. L’inflation touche particulièrement les produits alimentaires.

La colère est nourrie aussi par un chômage de masse qui touche toutes les générations. Kaïs Saïed, incapable d’apporter la moindre solution aux difficultés des classes populaires, tente de détourner leur colère en multipliant des discours haineux et xénophobes à l’égard des migrants subsahariens.

Quinze ans après la révolte populaire de 2011, les injustices qui avaient conduit à la chute du dictateur Ben Ali sont toujours présentes.

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