UE : la chasse aux migrants est ouverte 07/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3036-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-07

Leur société

UE : la chasse aux migrants est ouverte

Le 1er octobre, les ministres de l’Intérieur réunis dans le cadre du Conseil de l’Union européenne ont ratifié, après le Parlement européen, le règlement sur les retours qui durcit encore le traitement infligé aux réfugiés déclarés illégaux et à leurs familles.

Sur les vingt-cinq pays participant au vote, il ne s’en est trouvé qu’un, l’Espagne, pour voter contre, le représentant belge s’étant abstenu. Quasiment comme un seul homme, les représentants des États européens ont voté pour accélérer les expulsions, y compris celles d’enfants, le recours à la rétention pouvant aller jusqu’à deux ans, après arrestation n’importe où, au travail, à l’école, à l’hôpital… Leur vote autorise aussi la déportation de ces réfugiés vers des « centres de retour » situés dans des pays extra-européens, des « hubs » qui permettraient – s’ils sont mis en place – de les parquer hors de la vue des pays expulseurs, quelle que soit leur destination finale et le traitement qu’ils subiraient à leur retour.

Ce règlement est honteux. Il est d’autant plus absurde que, selon les propres déclarations du commissaire européen aux affaires intérieures et à la migration, « les réformes migratoires européennes fonctionnent, les chiffres le prouvent » et que, aux dires de l’agence Frontex, les entrées dites irrégulières en Europe ont chuté de plus de moitié depuis deux ans. Alors, viser « l’efficacité des retours », ainsi que le règlement le prétend, relève essentiellement de l’affichage politique.

Dans cette forteresse étriquée où les gouvernements sont de plus en plus influencés par l’extrême droite, où pourtant les populations vieillissantes ne peuvent que se réjouir de l’arrivée de jeunes hommes et femmes pleins de vie, le positionnement antimigrants apparaît de plus en plus comme la norme. Au point que, candidats aux élections, les politiciens de droite et d’extrême droite rivalisent d’énormités xénophobes dans leurs campagnes.

Mais renforcer les frontières, c’est comme tenter d’arrêter l’évolution de l’humanité. Quoi qu’en pensent les imbéciles, les hommes bougent, vont là où l’on peut vivre, là où les guerres que la soif de domination a provoquées n’ont pas encore tout détruit. Et c’est bien ainsi.

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