A propos de la situation chez Total

Communiqué
24/02/2010

Nous ne savons pas, à l'heure qu'il est, sur quel compromis les dirigeants des syndicats de Total ont accepté de « suspendre » la grève des travailleurs des raffineries au bout de cinq jours, alors qu'elle était en plein développement.

Ce qui est sûr cependant c'est que, en se mettant en grève illimitée dans toutes les raffineries du groupe Total pour empêcher la fermeture de l'usine de Dunkerque, les travailleurs ont répondu de la seule façon juste et appropriée à la décision révoltante du trust pétrolier.

Total est le groupe industriel le plus riche du pays. Cette année encore, malgré la crise, il a dégagé près de huit milliards de profit. Une petite fraction de ce profit suffirait à financer le maintien de l'emploi sans diminution de salaire. Alors, même si la direction prétend que le site de Dunkerque, l'une des six raffineries du groupe, n'est pas assez rentable, c'est-à-dire ne rapporte pas assez de profit aux actionnaires, les travailleurs ont raison de se battre pour que tous les emplois soient sauvegardés, quitte à répartir le travail entre les différentes raffineries et leurs travailleurs. (...)

En décidant la suspension de la grève pour des raisons qui sont les leurs, mais sans parvenir à faire revenir en arrière Total sur la décision qui a été à l'origine de la réaction des travailleurs, la fermeture de Dunkerque, les dirigeants syndicaux ont laissé seuls les travailleurs de cette usine. L'amertume de ces derniers est tout à fait légitime, comme est légitime et respectable leur volonté de continuer la grève. Et parmi les travailleurs des autres raffineries de Total il en est certainement qui ressentent à juste titre un sentiment d'inachevé, le sentiment d'une grève bien commencée mais qui n'est pas allée jusqu'au bout de ses possibilités.

Les directions syndicales ont fait le choix de « suspendre » le mouvement au moment même où la grève montrait sa puissance et sa capacité d'entraîner une pénurie généralisée.

Il n'en reste pas moins que les travailleurs de Total ont montré un exemple. En réagissant non pas au niveau d'une seule usine, celle dont les travailleurs étaient directement attaqués, mais au niveau de l'ensemble des raffineries, en mettant en cause l'approvisionnement de l'ensemble des stations-service, ils ont commencé à menacer les actionnaires là où ils sont sensibles : au profit.

C'est en allant jusqu'au bout sur la voie indiquée par ceux de Total, en réagissant solidairement vis-à-vis de ceux d'entre nous qui sont menacés, qu'il est possible d'interdire les licenciements. C'est en mettant en commun nos forces que nous empêcherons les licencieurs de licencier

Nathalie ARTHAUD