A propos des déclarations de Christian Estrosi (ministre de l’Industrie) à l’encontre des salariés de Sodimatex (groupe Trèves) à Crépy-en-Valois

Communiqué
02/04/2010

Ce vendredi 2 avril à 13 heures, dans un communiqué, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, attaquait violemment les salariés de l'usine Sodimatex à Crépy dans l'Oise en "condamnant avec la plus grande fermeté l'attitude inacceptable d'une minorité". C'est cette déclaration qui est "totalement inacceptable" de la part d'un ministre qui avec son gouvernement porte toute la responsabilité de ce qui est arrivé. Et c'est d'autant plus choquant que cela survenait au moment même où le préfet de l'Oise, conscient de ses fautes personnelles, avait enfin organisé à Crépy la réunion que les salariés demandaient depuis des mois, en vain.

Rappelons que depuis avril 2009 le groupe Trèves, qui venait de recevoir 55 millions d'euros d'argent frais de la part du gouvernement, a tenté de licencier en toute illégalité la centaine de salariés de cette usine sous-traitant de l'automobile. La justice a régulièrement condamné le groupe Trèves et annulé toutes les procédures engagées jusqu'à ce jour par Trèves à l'encontre des salariés de l'usine de Crépy. La cour d'appel d'Amiens vient de le faire encore une fois en janvier 2010. Qu'a fait le ministre, le gouvernement et les pouvoirs publics pour faire appliquer ces décisions judiciaires et défendre les salariés agressés par leur patron ? Rien. Le ministre du Travail, Eric Woerth est pourtant à un quart d'heure de voiture de Crépy.

Par contre, quand, désespérés de voir la justice leur donner raison et leur employeur les laisser depuis de semaines à l'abandon, menacés d'une déclaration de faillite, les salariés ont voulu manifester dans les rues de Crépy le 1er avril, là le préfet a immédiatement réagi en leur envoyant gardes mobiles et CRS en masse, pour les matraquer, les gazer et les disperser. C'est cette agression brutale qui les a amenés à se réfugier dans l'usine en menaçant de la faire sauter.

L'indécence n'a-t-elle pas de bornes ? Après avoir rempli les poches de ce patron délinquant avec l'argent public, faut-il que le ministre s'en fasse l'homme de main ? Il est temps que justice soit rendue aux salariés de Sodimatex-Trèves et que leurs modestes revendications soient au moins satisfaites.