Mesures sur les retraites : un racket d’État

Communiqué
16/06/2010

En repoussant à 62 ans l'âge de départ à la retraite, le gouvernement sait parfaitement que les entreprises n'embaucheront pas de femmes et d'hommes de cet âge-là, alors qu'un jeune sur cinq ne trouve pas d'emploi. Aujourd'hui déjà, la majorité des seniors ne trouvent pas de travail.

Les mesures sur la retraite annoncées par Woerth visent tout simplement à rendre plus difficile, voire impossible, le départ à la retraite à taux plein, c'est-à-dire avec une pension complète.

C'est une façon hypocrite de réduire les pensions. C'est un acte de brigandage pour dépouiller les futurs retraités que sont tous les salariés afin de récupérer sur les classes populaires de quoi diminuer l'endettement de l'État, contrepartie des sommes colossales dépensées pour sauver les banquiers et pour permettre au grand patronat de traverser la crise de l'économie capitaliste sans diminuer les dividendes des actionnaires.

Ceux des travailleurs qui, ayant commencé à travailler tôt, parviendront à la retraite à taux plein, y parviendront complètement usés avec une espérance de vie réduite

Pour dissimuler cette réalité, Sarkozy a ressorti la stupidité éculée de l'argument démographique. L'accroissement du nombre de retraités du fait de l'allongement de la durée de vie poserait un problème pour le financement des caisses de retraite. Mais si la durée de vie s'est allongée, la productivité du travail a augmenté encore plus. Il n'y aurait pas de problème de retraite si cette productivité supplémentaire n'était pas empochée intégralement par la classe capitaliste.

Arlette LAGUILLER