29 janvier : montrons que nous refusons de faire les frais de la crise du système capitaliste !

Editorial
19/01/2009

La crise du système capitaliste ne cesse de s'approfondir. « Les perspectives économiques du monde pour 2009 se présentent mal » affirme Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds Monétaire International.

On dit souvent que ce qui se passe aux États-Unis annonce ce qui passera ensuite en Europe. Eh bien, dans ce pays où s'était amorcée la crise financière en 2007, près de deux pour cent des familles (c'est-à-dire des millions de personnes) ont vu leur logement saisi ou en voie de l'être en 2008, 81% de plus que l'année précédente. La Bank of America, qui avait racheté en septembre dernier la banque Merrill Lynch en faillite, en difficulté à son tour, vient de recevoir une aide globale de 30 milliards de dollars de l'État. Ces injections de dollars au profit des grandes entreprises n'ont pas empêché la destruction de 2,6 millions d'emplois en 2008.

En France, la récession s'accentue. Le Produit Intérieur Brut a reculé de plus de 1% au quatrième trimestre, par rapport au même trimestre de l'année précédente. Et ici aussi l'État distribue des sommes considérables au grand patronat. Luc Chatel, le secrétaire d'État à l'Industrie, vient d'annoncer qu'un fonds de 300 millions d'euros était prévu pour venir en aide à l'industrie automobile, qui a pourtant annoncé des bénéfices substantiels pour l'année 2008.

Ce même Luc Chatel a eu le culot de déclarer : « Nous ne serons pas le gouvernement qui soutiendra et acceptera des fermetures d'usines ». Mais que fait d'autre le gouvernement depuis des mois, alors que les annonces de fermetures d'entreprises se succèdent sans interruption ?

Ces propos sont aussi hypocrites que ceux de Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, qui arrose les banques... tout en assurant qu'elle « désignerait à l'opinion publique » celles qui n'utiliseraient ces fonds que pour mieux rémunérer leurs actionnaires et leurs dirigeants.

Bien évidemment, le gouvernement prétend que ces aides aux entreprises serviront à sauver des emplois. Mais le patronat empoche ces aides sans que cela freine les suppressions d'emplois et la montée des chiffres du chômage.

Le patronat veut faire supporter tous les frais de la crise à la population laborieuse. Et l'État français au service des patrons, pour dégager les sommes colossales qu'il met à leur disposition, réduit les moyens de services publics pourtant indispensables comme par exemple la santé, les transports en commun, l'enseignement, la Poste, en même temps qu'il ne fait rien pour lutter contre la scandaleuse crise du logement qui condamne des millions de gens à vivre dans des conditions indignes.

Eh bien, le monde du travail ne peut pas se résigner à cette régression sociale. L'ensemble des confédérations syndicales du pays appelle à faire du 29 janvier une journée de grèves et de manifestations contre la politique gouvernementale. Il faut que cette journée soit un succès. Une seule journée d'action, fût-elle réussie, ne suffira certes pas à faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais elle leur montrera que nombreux sont les travailleurs qui se refusent à supporter les frais de la crise du système capitaliste. Et que demain ils peuvent être encore plus nombreux. Cela montrera aussi aux dirigeants des grandes organisations syndicales, qu'ils doivent préparer tous les salariés à la contre-offensive nécessaire. Le 29 janvier doit en effet être le premier acte d'une mobilisation destinée, à chaque étape, à entraîner dans la lutte de nouveaux contingents de travailleurs, à redonner confiance à ceux qui ne croient plus dans la capacité du monde du travail à faire bouger les choses.

Le patronat et le gouvernement ne reculeront que s'ils craignent une explosion sociale. Et cette crainte, ils ne peuvent l'avoir que s'ils ont le sentiment que le 29 janvier ne sera pas une journée de lutte sans lendemain, qu'il est l'annonciateur d'autres mobilisations, plus massives et plus déterminées encore.