Contre les hausses de prix : échelle mobile des salaires et des pensions

Editorial
27/06/2011

Une institution gouvernementale, l'Observatoire des prix et des marges, vient de publier un rapport sur les hausses de prix alimentaires et leurs responsables.

Les familles ouvrières n'ont certes pas besoin de savantes études statistiques pour constater les augmentations de prix de la viande, des fruits, des légumes, des produits laitiers. Elles en subissent d'autant plus les conséquences que, pendant que les prix augmentent dans tous les rayons, les salaires, eux, n'augmentent pas. Pour un billet de 50 euros, il y a de moins en moins de produits dans les chariots de supermarché.

L'enquête constate cependant que les marges de la grande distribution des Auchan, Casino, Carrefour, Leclerc et autre Système U, augmentent sans cesse.

Ainsi, quand un arboriculteur touche 40 centimes pour un kilo de pommes, le consommateur le paie 2,40 euros. Quant à la cerise bigarreau, elle peut être facturée au consommateur jusqu'à cinq fois plus cher qu'elle n'a été payée au producteur ! Ces produits ne subissent pourtant pas de transformations.

Quant à la viande, bovine aussi bien que porcine, ses prix à la production ont connu à plusieurs reprises des baisses telles que les éleveurs ne récupéraient même pas leur mise de départ. Jamais les consommateurs n'ont bénéficié des baisses de prix à la production. Quoi d'étonnant puisque, au rayon boucherie, la marge commerciale prélevée sur le kilo de longe de porc par la grande distribution a bondi de 39 % à 55 % en dix ans!

Et les seuls produits pour lesquels la grande distribution ne peut pas prélever de marges aussi élevées, c'est lorsque les fournisseurs ne sont ni des petits paysans ni des éleveurs, mais les mastodontes de l'industrie alimentaire genre Danone ou Nestlé. Mais le consommateur, lui, doit payer les marges des deux.

Il n'est pas étonnant que les groupes capitalistes de la distribution soient, même en cette période de crise, parmi les plus florissants. Leurs propriétaires, les Mulliez, Halley, Leclerc, font partie des premières fortunes de ce pays. Pour s'enrichir, ils ajoutent à l'exploitation de leurs propres salariés qui sont parmi les plus mal payés, les prélèvements sur les producteurs et le vol sur les consommateurs.

Et c'est bien cela, le mécanisme de l'économie capitaliste. Aux deux bouts de la chaîne, ce sont ceux qui travaillent, produisent et font vivre la société qui sont sacrifiés pour enrichir des parasites.

Les hausses de prix des produits alimentaires s'ajoutent à toutes les autres augmentations : des loyers, du gaz et de l'électricité, des produits pétroliers pour le transport et le chauffage.

Et il n'y a pas besoin d'être Madame Soleil pour savoir que les hausses actuelles continueront et s'aggraveront. Les hausses de prix et les politiques d'austérité des gouvernements se complètent. Les deux ont pour résultat de prélever sur les classes exploitées ce qui est transféré à la classe capitaliste.

Face aux hausses de prix, les capitalistes les plus puissants ont toujours le moyen de se protéger, en augmentant leurs propres prix.

Les travailleurs, eux, ne sont pas maîtres de leur seule source de revenu, les salaires. C'est par la lutte qu'ils devront imposer l'augmentation conséquente des salaires et la garantie du pouvoir d'achat par une indexation de tous les salaires sur les hausses de prix, c'est-à-dire une échelle mobile des salaires et des pensions. Cet objectif est devenu vital pour empêcher l'effondrement du pouvoir d'achat des salaires et des retraites.

Les gros requins de la distribution et ceux de l'industrie alimentaire se rejettent mutuellement la responsabilité des augmentations tout en essayant chacun d'augmenter ses propres marges. Ce ne sont ni les dirigeants politiques ni les économistes qui vont arbitrer leurs rivalités à l'avantage des consommateurs populaires.

Un des objectifs essentiels des grandes luttes à venir devra être d'imposer le contrôle des entreprises industrielles, commerciales et bancaires par les travailleurs, par la population, afin de connaître leurs dépenses et leurs recettes, les marges prélevées et les dividendes versés aux actionnaires. Ce contrôle montrera comment le grand capital gruge toutes les classes productives. Seul ce contrôle permettra de s'opposer à la volonté des groupes capitalistes de faire payer le prix de la crise de leur économie aux exploités.