Le gouvernement prépare de nouveaux mauvais coups

Editorial
23/08/2010

Au delà de l'aspect médiatique du conseil restreint ayant réuni le 20 août, pour quelques heures, le président de la République, son Premier ministre, et les ministres de l'Économie et du Budget, avec l'objectif de faire croire qu'en ces temps de crise le gouvernement ne prenait pas de vacances, peu d'informations précises ont été rendues publiques sur les mesures que ces gens-là mijotent. Mais pour laisser beaucoup de choses dans le vague, le communiqué publié par la présidence de la République, annonce - comme on pouvait s'y attendre - de nouvelles attaques contre les classes populaires.

Dans ce communiqué Sarkozy commence par s'auto-féliciter de la "reprise de l'emploi salarié", en oubliant que si les statistiques officielles ont annoncé la création de quelques milliers de postes au premier trimestre, il s'agissait essentiellement d'emplois précaires. Puis il affirme que "la réduction du déficit public doit être obtenue en réduisant en priorité la dépense publique", et que "les dépenses de l'État ne progresseront pas en valeur sur les trois prochaines années"... "hors charge de la dette".

Cela signifie en clair que les dépenses de l'État vont continuer à croître au profit des banques. Car même si le gouvernement arrivait à tenir son engagement de ramener pour 2011 le déficit public à 6 % du PIB, ce déficit s'ajouterait aux presque 1500 milliards d'euros qui constituaient la dette publique de l'État français fin 2009, dette qui est une source de profits garantis pour les banques qui en perçoivent les intérêts.

Les capitalistes n'ont pas à s'inquiéter : l'impôt sur les sociétés ne sera pas augmenté et selon le quotidien économique "Les Échos" : "Les allégements de charge sur les bas salaires seront préservés". Ces exonérations de cotisations sociales représentent pourtant plus de 23 milliards de manque à gagner pour l'État.

Quand le ministre du Budget est chargé de récupérer "dix milliards d'euros de niches fiscales et sociales", ce n'est donc pas en faisant payer les capitalistes. D'autant qu'il n'est pas question pour Sarkozy de revenir sur la plus grosse de ces niches, le bouclier fiscal.

En revanche, si le gouvernement dit qu'il n'augmentera pas les impôts, il compte bien faire des économies sur les dépenses de l'Assurance Maladie, qu'il veut faire baisser de près de 3% par an jusqu'en 2012. Ce qui signifie des difficultés de plus en plus grandes, pour tous ceux qui ne perçoivent qu'un petit salaire ou une petite pension, de se faire soigner correctement.

Côté salaires, justement, les travailleurs de la Fonction publique verront le leur bloqué en 2011, ce qui signifie, compte tenu de l'inflation, qui est loin d'être nulle, et des hausses considérables qui se succèdent dans les prix du gaz, de l'essence, du fioul et de l'électricité, une baisse substantielle de leur pouvoir d'achat. Quant au secteur privé, il est évident que le patronat ainsi encouragé s'efforcera de suivre l'exemple de l'État-patron.

"Les dépenses de fonctionnement et d'intervention de l'État baisseront de 10% d'ici 2013, dont 5% dès 2011", annonce encore la présidence. Cela signifie en clair que faute de moyens, les services publics vont continuer à se dégrader à une vitesse accélérée.

Les attaques du gouvernement contre les retraites ne sont donc qu'un aspect de l'offensive qu'il mène contre les travailleurs, pour le plus grand profit du patronat auquel, de Sarkozy à Woerth en passant par Lagarde, tous ces gens-là sont étroitement liés. Ils veulent nous faire supporter tout le poids de la crise de leur système, afin de maintenir leurs profits, malgré la catastrophe économique qu'ils ont déclenchée.

Il est plus que temps que le monde du travail, l'ensemble de ceux qui produisent toutes les richesses de cette société, qui font fonctionner tous les services utiles à la population, montre sa force et entre en lutte pour exiger la sauvegarde de son niveau de vie, le partage du travail entre tous avec des salaires qui permettent de vivre dignement.

Le 7 septembre, l'ensemble des confédérations syndicales appellent les travailleurs à une journée de grèves et de manifestations. Il faut faire de cette journée une réussite incontestable. Ce sera le meilleur moyen de redonner le moral à ceux qui sont désorientés ou découragés, et de préparer la nécessaire contre-offensive du monde du travail.