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Brève
Mouvement des lycées
Lycéens toujours mécontents – La suite…

Après une semaine de mouvement, les réactions de chaque groupe d’intérêts sont apparues, à commencer par ceux qui sont ouvertement hostiles à notre mouvement, l’Etat bien sûr et ses représentants policiers, fortement politisés et embrigadés, défenseurs de l’ordre établi et des plus riches de ce pays et qui s’en donnent à cœur joie quand c’est possible. Ceux qui se font l’écho des intérêts de l’Etat, les journalistes de la grande presse et de la TV, eux aussi s’en donnent à cœur joie, en accusant la violence. Quant aux candidats, ils font la danse du ventre en ayant peur de perdre des voix s’ils soutiennent trop ou au contraire, ne condamnent pas assez.
Puis il y a ceux qui sont plus ambigus et presque solidaires, tout en relayant la campagne contre la soi-disant violence. Ceux-là, c’est plutôt sympathique, surtout quand ils se font gazer à notre place. Mais cela contribue beaucoup à minimiser l’ampleur de notre mouvement. Nous devenons tous, nous lycéens qui sommes en mouvement, les bébés des uns et des autres qu’il faut protéger, contre la police bien sûr, et l’inexpérience. C’est formellement sympathique mais profondément négatif. Car tous ces gens-là ne se rendent pas compte que s’ils bougent et peuvent le faire, c’est grâce à notre mouvement.
La semaine passée où le nombre de participants a pris de l’ampleur sur l’ensemble du territoire national et même a débordé au-delà, jusqu’en Belgique est une véritable leçon de choses pour nous tous. Il s’agit d’un mouvement collectif qui met au pied du mur toutes les institutions bien-pensantes de cette société inégalitaire. Un mouvement collectif a cette force de bouleverser les inégalités et de renverser les institutions qui les maintiennent. A sa façon, il remet en cause l’ordre établi. Et c’est pour cela qu’une multitude d’organismes se présentent au chevet de notre mouvement, pour lui donner des conseils et le remettre dans le droit chemin.
Peut-être que si nous voulons que notre mouvement vive et transforme les choses, nous devons nous-mêmes le prendre en mains. Nous ne sommes plus des bébés. L’avantage d’être lycéens, c’est que nous connaissons et contrôlons pratiquement au jour le jour tous ceux qui se lèvent pour le prendre en main, voire même à en prendre le gouvernail, ceux qui sont prêts à en être les leaders. Nous pouvons les contrôler, discuter avec eux, influencer les décisions qu’ils prennent.
C’est peut-être ça, la démocratie, infiniment plus directe que celle qui consiste à élire quelqu’un tous les cinq ans. Si nous devons continuer notre mouvement pour qu’il aboutisse à quelque chose, nous avons intérêt à nous engager plus profondément et en fait, à nous organiser. Si c’est le cas, quoi qu’il arrive, nous en garderons des bénéfices y compris pour le futur.
Des jeunes de Lutte ouvrière
10/10/2026