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Brève
Visite du pape (Paris)
La communion des médias

La visite du pape, du 25 au 27 septembre, de Paris à Metz en passant par Lourdes, a été autant montée en épingle par les médias que les concerts de Céline Dion ! Les finances publiques, les fonctionnaires, les rues et les places sont gracieusement mis à la disposition d’intérêts privés. Si la dépense de l’État est encore inconnue, l’Église de France demande 27 millions d’euros à ses fidèles. Aéroports sécurisés, stations de métro fermées, stades et églises surveillés, service continu sur toutes les chaînes, etc. Bien des commentateurs habitués à protester au nom de la laïcité contre les « signes extérieurs », les prières publiques, la propagande religieuse lorsqu’il s’agit de l’islam, se précipitent pour baiser la mule du pape. Du président Macron au maire LFI de Saint-Denis, tous apporteront au chef de l’Église, en plus de leurs subventions, le salut de la République française indivisible et laïque. Les écoles catholiques feront du 25 septembre une journée banalisée obligatoire pour parler du pape et de sa religion. Tous les élèves, chrétiens ou non, sont tenus d’y participer, tous les enseignants, dont la plupart sont fonctionnaires, sont tenus de l’organiser.
Ce tintamarre célébrera trois jours durant une Église qui fut toujours du côté de l’ordre, bénissant les guerres et couvrant bien des ignominies, de l’esclavage à la colonisation. Ces derniers temps, les papes se donnent le visage d’apôtres de la paix, ce qui détonne par rapport aux autres dirigeants et n’est pas bien difficile vu leur unanimité dans la folie guerrière. Mais il ne s’agit pas seulement d’une parole impuissante : elle sert au fond à couvrir d’un voile blanc la noirceur d’un monde et tend à le conserver tel qu’il est. Comme depuis deux mille ans.