Meeting du 26 septembre 2026 : discours de Nathalie Arthaud 29/09/2026 2026 Brochure /static/common/img/contenu-min.jpg 2026-09-29

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Meeting du 26 septembre 2026 : discours de Nathalie Arthaud

Au sommaire de la brochure

Sommaire

    Je suis candidate pour faire entendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs et affirmer, comme l’a fait Jean-Pierre, qu’ils représentent une force dans la société, une force irrésistible quand ils décident de se battre. Je suis candidate pour dire que le camp des travailleurs n’a pas besoin de promesses électorales, il a besoin de se mettre en ordre de bataille !

    Beaucoup se posent déjà la question du vote utile. Alors, je rappelle qu’il n’y a jamais rien eu de plus utile et de plus efficace que les luttes collectives, les grèves, les manifestations de masse pour faire reculer l’exploitation.

    Contre les journées de travail de 14 h, le travail des enfants et l’arbitraire patronal, il n’y a rien eu de plus utile que l’organisation des travailleurs en mutuelles, en syndicats et en partis politiques.

    Contre la barbarie de la colonisation, de l’impérialisme et des guerres, il n’y a rien eu de plus décisif que la révolte des peuples prêts à disputer le pouvoir à leurs oppresseurs et à leur État.

    Notre vie ne dépend pas du cirque électoral. Elle ne dépend pas de la lutte des places qui se joue entre la gauche, la droite et l’extrême droite. Elle dépend de la lutte de classe, des combats que le monde du travail mènera non seulement pour se défendre, mais pour mettre la classe capitaliste hors d’état de nuire.

    Car le véritable pouvoir n’est pas à l’Élysée. Les vrais maîtres de la société sont ceux qui tiennent les cordons de la bourse. C’est la classe capitaliste, cette minorité de grands bourgeois qui concentre entre ses mains des milliards de capitaux.

    En France, ses représentants les plus connus et les plus riches sont les Arnault, Pinault, Bolloré, Bouygues, Peugeot, Meyers-Bettencourt, Niel, Saadé… Ils ne possèdent pas seulement des manoirs, des hôtels particuliers, des yachts, des jets privés, des chevaux, des vignobles et des œuvres d’art hors de prix, ils dirigent les grands groupes du luxe, de l’énergie, de l’industrie et de la finance. Ils siègent dans les conseils d’administration de toutes les multinationales, ils possèdent des journaux et des chaînes de télévision…

    Ils commandent la vie de centaines de milliers de salariés qui dépendent de leurs entreprises et de leurs filiales à l’échelle du monde. Ils imposent leurs conditions aux entreprises plus petites comme le font, en ce moment, les compagnies pétrolières en vendant le carburant à prix d’or. Et ils contrôlent les chaînes de magasins où nous achetons tout ce dont nous avons besoin, les banques qui nous font crédit, les assurances que nous sommes forcés de payer.

    Dans le cadre de cette présidentielle, chaque candidat est censé présenter sa politique économique. Mais la politique économique, c’est cette classe capitaliste qui la décide dans le secret de ses conseils d’administration. C’est elle qui décide ou non d’investir, d’ouvrir ou de fermer telle ou telle entreprise, en fonction, bien sûr, de ses intérêts.

    En France, le président de la République et le gouvernement gèrent un budget d’environ 400 milliards. L’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, gère, avec sa famille, 120 milliards. La famille Hermès 114 milliards, les propriétaires de Chanel pas loin de 100 milliards… Il suffit de rajouter la famille Bettencourt pour dépasser de loin le budget de l’État.

    Quatre familles ont des moyens financiers supérieurs au budget de l’État français. Et ce n’est rien comparé à un Elon Musk qui est à la tête de Tesla et de SpaceX et qui possède, à lui seul, 1 000 milliards de dollars.

    Le président de la République a le pouvoir de nous imposer, à nous travailleuses et travailleurs, toujours plus d’obligations, de contraintes et de privations… Mais c’est le pouvoir d’un majordome qui peut en faire baver aux serviteurs de la maisonnée, aux femmes de ménage, aux valets de chambre, aux cuisiniers, au chauffeur de Madame… C’est le pouvoir que lui délègue son maître pour gérer ses affaires.

    Voilà celui que nous sommes censés élire demain : un majordome du grand capital, un grand serviteur certes, mais un serviteur quand même !

    Alors, si nous avons quelque chose d’utile à faire dans cette élection, c’est de dénoncer ce marché de dupes et de profiter de cette campagne pour montrer qu’il y a, dans le monde du travail, un courant de femmes et d’hommes conscients d’avoir à s’affronter avec la classe capitaliste !

     

    Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Le bilan de la situation nationale et internationale est d’abord et avant tout celui de la bourgeoisie au pouvoir. C’est le bilan de l’exploitation, de la course au profit, de la concurrence et de la guerre économique ! Et ce bilan est accablant !

    Jean-Pierre a parlé de la férocité et de l’arrogance avec lesquelles le grand patronat, aidé du gouvernement, nous mène la guerre ici. Mais cette guerre sociale est menée aux travailleurs du monde entier.

    Dans les profits de Vinci, de Bouygues, de Bolloré, de Renault, de Stellantis, de Sodexo, de Keolis, de l’armateur CMA CGM du milliardaire Saadé, dans les profits de TotalEnergies, d’Amazon et des autres multinationales, il y a aussi la sueur des travailleurs d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient.

    Celle des ouvriers népalais, égyptiens, syriens, palestiniens sur les chantiers du Qatar. Celle des travailleurs indiens ou chinois dans les usines pharmaceutiques. Celle des marins philippins sur les porte-conteneurs. Celle des ouvrières du textile au Bangladesh et au Vietnam. Celle des enfants qui descendent dans les mines de cobalt au Congo.

    Le pouvoir de la bourgeoisie, c’est la lutte de classe menée contre les travailleurs de toute la planète. Et c’est un pouvoir destructeur et criminel.

    Les extraordinaires richesses, les capacités productives inédites, les innovations et le progrès côtoient le dénuement absolu, les femmes, les hommes, les enfants à la rue, les millions de jeunes qui n’apprendront jamais à lire et écrire.

    Plus de 2 milliards d’êtres humains ne mangent pas à leur faim, alors qu’on a les capacités de nourrir plus de 10 milliards de personnes.

    L’altermondialiste Jean Ziegler, décédé en juin dernier, disait : « Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné ». Et là-dessus, il avait raison : la faim dans le monde est un assassinat de masse, un assassinat commis par la classe capitaliste !

     

    Le pouvoir de la bourgeoisie, c’est une gestion aveugle et irresponsable des moyens à notre disposition. C’est un gâchis sans nom !

    Regardez comment en France, dans un des pays les plus développés du monde, un problème aussi basique que celui du logement, celui de la construction de logements et de la rénovation thermique ne trouve pas de solution ! Regardez comment nous avons été démunis face aux canicules de cet été, avec des hôpitaux ni isolés ni climatisés, des salles de classe invivables, des incendies hors de contrôle !

    Ce ne sont pas les technologies qui manquent. Mettre des volets aux fenêtres, on sait le faire depuis des siècles. Construire des bâtiments, on peut le faire en quelques semaines à partir du moment où l’on s’en donne les moyens.

    Mais entre nos besoins vitaux et les moyens que nous avons pour y répondre, il y a la bourgeoisie, il y a la classe capitaliste qui décide de faire ou de ne pas faire en fonction de l’argent que cela peut lui rapporter. Et le plus rentable aujourd’hui, c’est de spéculer ou de fabriquer des missiles et des drones !

    Prenez les Canadair ! Cet été, le gouvernement s’est défendu en expliquant avoir passé commande de quatre Canadair. Il n’a pas trouvé une seule entreprise au monde pour les produire et les livrer rapidement. Une entreprise s’est engagée à en livrer deux en 2028 et deux autres en 2032.

    Savez-vous combien de Rafale sortent des lignes d’assemblage des usines Dassault ? Deux à trois chaque mois ! Et il va falloir attendre des années pour avoir quatre malheureux Canadair !

    Mais rassurez-vous, nous dit-on, il va y avoir un gros investissement en France : Mohamed Ben Salman a annoncé vouloir investir 6 milliards. Vous le remettez ? C’est le prince héritier d’Arabie saoudite, celui qui a fait disparaître un opposant en le découpant en morceaux, celui qui fait des femmes de son pays des mineures à vie et dont le pays exploite des millions de travailleurs immigrés dans des conditions dignes de l’esclavage.

    Eh bien, ce sinistre personnage est prêt à investir une somme colossale en France pour construire… un Disneyland bis, plus exactement un parc Dragon Ball Z parce qu’il s’est découvert une passion commune avec son ami Macron : les mangas !

    Le pouvoir de la bourgeoisie, c’est aussi ça, faire mumuse avec ses milliards alors qu’on en manque cruellement pour répondre à nos besoins vitaux.

    Alors, l’avenir de l’humanité ne peut pas, ne doit pas rester entre les mains de ces gens-là !

     

    La bourgeoisie au pouvoir, c’est l’irresponsabilité au pouvoir !

    Lénine résumait cela en une phrase : « La bourgeoisie est capable de vendre la corde qui la pendra ». Et on imagine bien Trump fanfaronner après avoir vendu très cher la corde qui le pendra. Mais c’est vrai de toute la classe capitaliste.

    Ces jours-ci, les journaux économiques alertent sur le risque de krach financier que font courir les dettes des États et la spéculation autour de l’intelligence artificielle.

    En ce moment, des milliers de milliards de capitaux se jettent, en effet, sur des sociétés comme Nvidia, OpenAI, Google, Anthropic… Le cours de leurs actions, complètement déconnecté de leur rentabilité réelle, monte à des sommets avec le risque que cette bulle spéculative explose en entraînant des faillites en cascade à l’échelle mondiale.

    Mais comme aucun capitaliste ne veut passer à côté de ce nouvel eldorado, ils continuent ! Ils y vont tous, et ils y embarquent toute la société, sans que nous ne puissions rien en dire.

    Maintenant, les projets de data centers se multiplient. Personne ne sait s’il y aura l’énergie électrique suffisante et les énormes quantités d’eau nécessaires pour les refroidir. Mais on y va !

    On y va, à l’heure où nous nous prenons le réchauffement climatique et la sécheresse de plein fouet. On y va alors que cet été, nous avons enchaîné les nuits sans sommeil, que nous avons vu le bitume fondre sur certaines routes, des câbles électriques céder, l’eau manquer, des centrales nucléaires obligées de se mettre à l’arrêt. Alors que cela a été un désastre pour la nature et pour l’agriculture…

    Et est-ce que l’on se pose collectivement la question des besoins auxquels l’IA pourrait répondre ? Non !

    Comme toutes les nouvelles technologies, l’IA est mise au service du pouvoir et de la rentabilité des trusts capitalistes. Elle est intégrée à l’armement et permet de tuer plus sûrement, elle crée des influenceurs virtuels pour gagner des marchés, et elle sert, bien sûr, de prétexte à licencier des centaines de milliers de travailleurs tout en augmentant l’exploitation de ceux qui restent.

    Si l’IA était mise au service de nos besoins vitaux, elle permettrait à l’agriculture, à la médecine, à la gestion des transports de faire un bond. Elle pourrait même soulager le travail répétitif de beaucoup d’entre nous !

    Mais ce n’est pas avec cette préoccupation que les grandes entreprises développent l’IA et les millions de travailleurs du clic qui la nourrissent, exploités parmi les exploités, sont bien placés pour le savoir !

    Aujourd’hui, des voix parmi les inventeurs de l’IA en appellent à freiner les innovations, craignant sans doute d’être dépassés par la concurrence. Un éditorialiste du journal Le Figaro a dénoncé « l’IA Frankenstein » et cherche, je le cite, « un bouton d’arrêt d’urgence pour que l’homme reprenne le contrôle ».

    C’est de l’enfumage : l’homme est bel et bien aux manettes de l’IA. L’IA n’a pas de volonté propre, elle n’est qu’une machine performante. Et si elle n’est pas mise au service de l’homme, c’est que l’économie capitaliste n’est pas au service de l’homme.

    Ce qu’il faut stopper, c’est la bourgeoisie, sa course au profit, son marché aveugle, sa concurrence dévastatrice. Et pour ça, il n’y a pas de bouton miracle, il faut que ceux qui souffrent de cette machine infernale se battent et l’arrêtent !

     

    La guerre, inséparable de ce système, est à nouveau en train de se généraliser.

    Clausewitz disait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », eh bien, dans la société capitaliste, elle est le prolongement inévitable des rivalités économiques, qui ont pris depuis longtemps une dimension mondiale et qui s’aggravent encore avec la crise.

    Depuis 1945, il n’y a pas eu une année sans guerre. Au Soudan, en Somalie, au Rwanda, en RDC, plusieurs générations n’ont connu que la guerre, les morts au quotidien, les déplacements, les camps… La guerre que mène Israël contre les Palestiniens est une guerre de cent ans. En Ukraine, la guerre a démarré avec les affrontements dans le Donbass en 2014, il y a déjà douze ans. Et nous sommes loin d’en voir la fin.

    Cet été, la guerre s’est étendue à la Russie. Des sites pétroliers et gaziers, des entrepôts sont désormais régulièrement attaqués par des drones ukrainiens à Moscou, dans les environs de Saint-Pétersbourg et jusqu’en Sibérie, faisant, eux aussi, leur cortège de victimes civiles. Poutine y répond dans une escalade sanglante en visant immeubles d’habitation, gares, zones commerciales, en terrorisant et tuant de plus en plus de civils ukrainiens.

    Au Moyen-Orient, la guerre partie de Gaza a englobé successivement la Cisjordanie, le Liban, l’Iran et les pays du Golfe. Et la guerre au Yémen, provoquée par l’Arabie saoudite et qui a fait près de 400 000 morts entre 2015 et 2022, a repris avec les attaques des Houthis qui ont pris le contrôle d’un autre détroit stratégique, celui de Bab el-Mandeb.

    Ces guerres ne sont pas près de finir, parce qu’au fond, aucun des protagonistes n’y a intérêt.

    La guerre en Ukraine est devenue un bourbier pour Poutine, comme la guerre en Iran l’est devenue pour Trump. Et elles leur coûtent cher. Pas à cause des victimes, parce que pour eux, quelques dizaines de milliers de morts de plus ou de moins, que voulez-vous que ça leur fasse ? Ces guerres leur coûtent cher à cause de la crise pétrolière qu’elles provoquent. Et en même temps, ils ne peuvent pas les arrêter.

    Ils ne peuvent pas les arrêter parce qu’ils ont tous lié leur sort à la guerre et à la promesse d’une victoire. C’est vrai pour Poutine, Zelensky, Netanyahou, Trump, le régime iranien…

    La poursuite de la guerre les aide à faire l’union sacrée autour d’eux et à imposer des sacrifices toujours plus grands aux classes populaires. Et puis la guerre est une source inépuisable de profits. Pour les proches du pouvoir, pour les capitalistes marchands d’armes, et pour les compagnies pétrolières qui nous font les poches comme jamais.

    La guerre est un enfer pour les soldats et pour les populations mais elle est un instrument de pouvoir pour la classe dirigeante !

    Les va-t-en-guerre ne sont pas seulement les militaires dont c’est le métier, pas seulement les profiteurs de guerre, il y a aussi toute une fraction de la classe capitaliste qui ne voit plus d’autre moyen que la guerre pour régler ses différends commerciaux.

    Et dans cette période de crise et d’instabilité où les rapports de force changent avec la montée en puissance de la Chine dans certains domaines, les terrains de conflit se multiplient.

    Pour l’instant, la Chine essaye de se tenir éloignée de tous ces théâtres de guerre. Ni elle ni les États-Unis ne semblent prêts à s’affronter dans ce qui finirait de transformer l’état actuel de guerre larvée en une troisième guerre mondiale. Mais jusqu’à quand ?

     

    Pour l’heure, ici en France, nous échappons encore aux affrontements. Mais l’idée de la guerre s’installe. Macron le dit sur tous les tons : « La Russie nous mène déjà la guerre ». C’est une guerre hybride, une guerre d’ingérence, de manipulation de l’opinion et de cyberattaques… mais il nous met dans la tête que nous sommes en guerre avec la Russie de Poutine.

    Et la plupart des dirigeants politiques et quasiment tous les journalistes renchérissent en répétant à l’envi que l’agresseur est Poutine, et qu’il est normal de livrer de plus en plus d’armes à l’Ukraine pour l’aider à se défendre.

    Mais si la France intervient de plus en plus dans cette guerre, si l’armée déploie des avions de combat dans le ciel des pays baltes, si elle livre des missiles et des canons, ce n’est pas « pour aider l’Ukraine ». C’est pour aider Dassault, Thales, Safran et MBDA à promouvoir leur arsenal et à remplir leur carnet de commandes.

    C’est pour permettre au Crédit Agricole et à la BNP de faire main basse sur des secteurs économiques ukrainiens, à commencer par l’agriculture. C’est pour garantir que Bouygues ou Vinci auront leur part dans les futurs chantiers de reconstruction.

    Pour ces grands groupes français, la guerre en Ukraine est aussi un marché et une immense opportunité.

    L’Ukraine est une proie, pas seulement pour Poutine ! Aussi pour les impérialistes occidentaux et c’est pour cela qu’elle a été plongée dans cet enfer d’une guerre fratricide !

    Est-ce que cette guerre peut déboucher sur un affrontement direct entre la Russie et l’Europe, entre la Russie et la France ? Comme lors de toute escalade, tout est possible.

    En tout cas, Macron et l’état-major préparent cette guerre matériellement et moralement !

    Comme dans tous les pays impérialistes, le budget de l’armée a bondi : il était de 32 milliards d’euros en 2017, en 2027, il sera à 63 milliards.

    Les entraînements militaires XXL se multiplient, dont ceux avec la fameuse coalition des volontaires, impulsée par Macron, et qui ne cesse d’élargir ses missions pour aider l’Ukraine à poursuivre la guerre.

    Des usines de l’automobile vont fabriquer des armes. Au Mans, Renault va installer une chaîne d’assemblage de drones militaires. L’équipementier Forvia a reçu une commande de drones intercepteurs.

    Il y a aussi la préparation de la jeunesse, avec l’entrée en vigueur d’un nouveau « service national ». Et, nouveauté cette année dans les établissements scolaires, le 11 novembre y sera célébré.

    Autour de cette date, chaque école, collège et lycée devra organiser une grande messe baptisée « Commémoration de la victoire et de la paix, hommage à tous les “Morts pour la France” », avec minute de silence et Marseillaise obligatoires et présence possible de militaires.

    C’est de la propagande guerrière !

    Il y a eu 10 millions de morts lors de la Première Guerre mondiale, essentiellement des paysans et des ouvriers, et on parle encore de victoire ! Et puis les millions de soldats qui ont perdu la vie dans la boue et l’enfer des tranchées ne sont pas « morts pour la France », mais pour que la bourgeoisie française conserve ses colonies un peu partout dans le monde ! Et si la France déclare la guerre demain, ce sera encore pour que cette même bourgeoisie, toujours au pouvoir, défende sa place dans l’ordre impérialiste.

    Sur ce point, tous les partis politiques, du RN à LFI, raisonnent de la même façon. Ils sont tous à nous chanter la grandeur de la France présente sur les cinq continents… à nous saouler de souverainisme et de protectionnisme.

    Le nationalisme, même quand il n’est pas teinté de racisme crasse, est un poison ! Du patriotisme économique au patriotisme guerrier, il n’y a qu’un pas.

    Ils veulent être les chefs de la guerre économique que la France a à mener ? Eh bien, ils seront demain les chefs qui nous enverront nous faire trouer la peau, ils feront l’union sacrée, et ensemble ils nous feront marcher au pas en nous parlant de la défense de la France, de la démocratie et de la liberté !

    À toutes ces guerres perpétrées pour les intérêts des capitalistes, il faut opposer l’appel de Karl Marx et de l’Internationale : travailleurs de tous les pays, unissons-nous ! Et refusons d’être la chair à canon pour les profits des capitalistes !

     

    L’élection présidentielle est toujours présentée comme l’élection majeure, décisive. C’est le graal pour tous les grands partis. La place à laquelle rêvent tous les politiciens en se rasant, paraît-il… Vu la tête que fait Bardella depuis que Le Pen a été ressuscitée par la justice, lui aussi a dû en rêver pas mal !

    En tout cas, que ce soit à gauche ou à droite, ça se bouscule.

    Ils disent tous avoir de belles idées pour diriger. Mais ils ne dirigeront pas. C’est la bourgeoisie qui les dirigera. Et ses intérêts nous enfonceront dans la guerre mondiale et condamneront la planète à mourir à petit feu sous la pression du réchauffement climatique. Et le président de la République accompagnera ce mouvement catastrophique.

    Alors, vous l’avez compris, je ne suis pas candidate à cela, et pas seulement parce que je ne me rase pas. Notre but à Lutte ouvrière n’est pas de gérer le capitalisme, c’est de le renverser !

    Dans cette campagne, nous affirmerons que tout est lié, la lutte pour notre pouvoir d’achat, nos retraites, nos salaires, la lutte contre la montée de l’extrême droite, la crise climatique et les guerres.

    Et nous dirons que seuls les femmes et les hommes du camp des travailleurs peuvent réellement la mener. Parce qu’ils sont, tous les jours, confrontés aux responsables de ces méfaits, la classe capitaliste. Parce qu’ils n’ont aucun fil à la patte, aucune raison d’essayer de sauver cette société où ils sont condamnés à rester des esclaves salariés. Parce que, comme disait Karl Marx, ils n’ont rien d’autre à perdre que leurs chaînes !

     

    Dans cette campagne, il faudra batailler auprès de nos camarades de travail, dans nos familles et notre voisinage pour arracher des voix à Le Pen. Car son arrivée au pouvoir serait un coup grave pour les travailleurs, pour les travailleurs immigrés d’abord.

    Préférence nationale, interdiction du voile dans l’espace public, intensification de la chasse aux sans-papiers… Le Pen peut trouver 1 000 façons de leur pourrir la vie, toutes aussi révoltantes les unes que les autres. Mais en attaquant les immigrés, c’est l’ensemble du monde du travail qu’elle ferait reculer. Parce que c’est en privant de droits certains travailleurs que les patrons tirent à la baisse les salaires et les conditions de travail de tous.

    Une victoire du RN accélérerait l’évolution réactionnaire de la société, renforcerait les racistes, vous savez, ceux du genre des policiers de Carcassonne. Et il ne s’agit plus seulement de quelques brebis galeuses, mais de troupeaux entiers qui se sentent comme chez eux dans la police, dans l’armée et dans l’appareil d’État.

    Avec ce genre de soutiens et avec l’assentiment de ceux qui ont voté pour Le Pen, y compris parmi les ouvriers et les plus pauvres, oui, un gouvernement RN aurait les moyens de mener une politique autoritaire tournée contre les travailleurs, faisant taire les grévistes et ceux qui contestent ou réclament simplement des hausses de salaires.

    Alors, cette campagne doit être l’occasion de rediscuter sec et d’insister sur le fait que Le Pen roule, comme les autres candidats, pour le grand patronat.

    Cela crevait les yeux quand elle a fait son entretien d’embauche auprès du Medef à Roland-Garros.

    En bonne élève, Le Pen a assuré qu’elle rembourserait la dette publique, qu’elle baisserait les dépenses de l’État de 125 milliards !

    Quant à sa promesse de ramener la retraite à 60 ou 62 ans, elle l’a suspendue à l’augmentation du nombre de salariés en activité et veut inciter les salariés les plus âgés à continuer de travailler.

    Il y a donc bien des choses à discuter avec les électeurs qui regardent du côté de Le Pen. Mais le seul, l’unique terrain sur lequel nous ferons vraiment reculer les idées d’extrême droite, c’est le terrain de la lutte de classe, c’est le terrain de la lutte contre le patronat.

    Nous ferons reculer l’extrême droite quand nous ferons payer le grand patronat et que nous lui imposerons des embauches, de meilleurs salaires. Quand nous aurons la force d’obliger Total à vendre son carburant à prix coûtant.

    Parce que l’extrême droite se nourrit de la misère, elle se nourrit de la précarité, de la peur de manquer et elle se nourrit de la résignation !

    Quand on ne se sent pas capable de faire payer les licencieurs et les exploiteurs, on regarde vers plus faible que soi.

    C’est le même schéma partout, et partout l’extrême droite monte. En Allemagne avec l’AfD, en Italie avec Meloni qui a maintenant un concurrent encore plus à droite. En Amérique latine avec des démagogues outranciers comme Milei qui se vante de s’attaquer aux classes populaires avec une tronçonneuse. Aux États-Unis avec le non moins outrancier Trump et sa police fédérale contre l’immigration, qui essaye de terroriser la population.

    Mais regardez aussi en Afrique du Sud, comment des travailleurs immigrés sont harcelés, pourchassés, victimes de violences xénophobes. Là, ce n’est même pas une question de couleur de peau : des travailleurs africains s’en prennent à d’autres travailleurs africains !

    Parce que la misère, le chômage, la concurrence pour trouver un emploi ou un logement alimentent le désespoir et la colère. Et quand il n’y a pas la perspective de demander des comptes à ceux qui ont le pouvoir, cette colère peut se retourner contre ceux qui sont encore plus pauvres, plus précaires, plus vulnérables.

    Tous ceux qui votent pour le RN ne sont pas racistes, encore moins des fascistes. Ce sont des femmes et des hommes que l’on a convaincus qu’il n’y a pas assez pour tout le monde.

    En 1981, le dirigeant du Parti communiste, Georges Marchais, déclarait : « Il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage ». Et en 1989, Rocard, un socialiste, disait : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».

    La gauche comme la droite ont donné du crédit à l’idée que nous nous partagions une couverture trop petite. Mais la couverture n’est petite que parce que tous ces politiciens refusent d’aller chercher dans les profits et les grandes fortunes.

    Contre ce qui relève de la résignation, il faut affirmer qu’il n’y a pas à se partager la misère. La misère, on peut la combattre ! Pour la combattre, il faut reprendre confiance dans notre camp, renouer avec la conscience de classe et reprendre le chemin des luttes.

     

    Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui nous y aidera. Ce n’est pas lui qui fera progresser la conscience de classe qui nous manque tant aujourd’hui.

    Il en donne parfois l’illusion. Et ce n’est pas très difficile. Car dans cette société où nous sommes censés tomber baba d’admiration devant les riches, entendre dire « qu’il faut faire payer les riches » ou que « les milliardaires sont des nuisibles » est quand même assez plaisant.

    Mais petite parenthèse, vous aurez remarqué que c’est l’eurodéputée Manon Aubry qui a fait cette sortie, et Mélenchon s’est bien gardé de la reprendre à son compte. À la fête de l’Humanité, il a même pris ses distances en expliquant : « C’est drôle, mais on va être plus raisonnable ».

    Mélenchon envoie ses tatas flingueuses au front, mais lui, il ne veut surtout pas se fâcher avec lesdits milliardaires. Ni avec son grand ami Dassault, ni même avec Total, puisqu’il a pris position, cette semaine, contre l’idée que la multinationale puisse être nationalisée.

    Son axe, c’est la nouvelle France, le métissage, l’antiracisme, la lutte contre les fachos… Et là aussi, je comprends bien que cela plaise.

    Contre les discriminations révoltantes, contre les amalgames, les préjugés racistes et les insanités de toute sorte, bien sûr qu’il faut réaffirmer qu’il y a une seule et même humanité !

    Mais si Mélenchon tranche par rapport aux autres, ce n’est pas tant par l’audace de ses propositions que par le climat réactionnaire qui déplace toute la vie politique de plus en plus à droite.

    Beaucoup de gens nous disent : « Allez, de toute façon vous voterez Mélenchon au second tour en cas de duel Mélenchon-Le Pen ». Ils voudraient qu’on les rassure. Mais nous ne rassurerons personne. Parce qu’il n’y a rien de rassurant dans la situation. Et croire que Mélenchon pourrait nous protéger des propriétaires racistes, des agents de préfecture racistes, des policiers racistes serait bien naïf !

    Face à l’évolution guerrière et nationaliste de la société, Mélenchon n’est pas le dernier à jouer du cocorico ! Sur ce terrain, il va même dans le sens de Le Pen et de l’extrême droite.

    Je le redis, c’est le combat de classe qui est décisif pour le monde du travail et l’avenir de l’humanité. Est-ce que Mélenchon prépare les travailleurs à cela ? C’est l’inverse !

    Il désarme les travailleurs en laissant croire qu’il est possible de concilier les intérêts de la bourgeoisie et des exploités et qu’il y aurait une bonne politique pour gérer le capitalisme. Et il les désarme en ranimant les illusions électoralistes et en faisant croire au sauveur suprême.

    Vous avez peut-être vu Jean-Luc Mélenchon expliquer aux patrons du Medef qu’il était dans leur intérêt d’augmenter les salaires pour éviter une récession. Il voulait les convaincre qu’eux aussi avaient tout à y gagner. Quelle fut la réaction des grands patrons ? Ils lui ont ri au nez.

    Cela a choqué parce que cela montre combien le patronat n’a rien à faire des problèmes des travailleurs. Mais si on y réfléchit, la scène était quand même assez risible.

    Qu’est-ce que Mélenchon espérait qu’ils répondent ? « Oui, M. Mélenchon, vous avez convaincu ! On n’y avait pas pensé, mais augmenter les salaires est une excellente idée ». C’est cela qu’il attendait comme réponse ?

    N’importe quel travailleur sait que lorsqu’un patron augmente les salaires, on croirait qu’il s’arrache le cœur. Parce que le b.a.-ba de l’exploitation, c’est précisément que toute hausse de salaire signifie une baisse de profit.

    Les patrons ne s’enrichissent pas avec des contes de fées. Ils savent que c’est leurs profits ou nos salaires ! Eux, ils ont une conscience aiguë de leurs intérêts, et la lutte de classe, ils la mènent tous les jours !

    Ils sont bien plus conscients que notre camp.

    Et si la conscience est tombée si bas dans le monde du travail, c’est précisément parce que nous baignons dans ce discours servi par la gauche et les syndicats, selon lequel il suffirait d’un peu plus de justice sociale et fiscale, d’un peu plus de dialogue entre prétendus partenaires sociaux. Et avec un peu plus de sens des responsabilités de la part des patrons, tout irait bien dans le meilleur des mondes.

    C’est précisément cette politique qui déboussole notre camp. Elle crée des illusions, de l’attentisme et de la passivité. Et nous n’avons plus le temps. Il faut mener la guerre contre le pouvoir de la bourgeoisie et son système. Il faut que ceux qui sont convaincus de cela militent pour cette perspective, et ils pourront le faire avec nous tout au long de cette campagne !

     

    Dans cette campagne, nous partirons des besoins et des intérêts des travailleurs, nous exprimerons et conforterons la conscience de classe. Nous tracerons une politique. Pas une politique pour la France, qui est en fait toujours une politique pour le grand patronat, une politique pour les travailleurs, pour les exploités, pour les opprimés, quelles que soient bien sûr leur origine et leur couleur de peau.

    Nous défendrons le SMIC à 2 200 € nets. Pas pour faire plus radical que les autres candidats de gauche, mais parce qu’à moins de 2 200 €, est-ce qu’on est à l’abri du besoin, de la galère quand sa voiture tombe en panne ou d’un accident de la vie, comme on dit ? Non ! Alors nous nous disons que 2 200 € est un minimum pour vivre décemment. Et encore, si tous les prix doivent augmenter à la même vitesse qu’augmentent déjà les prix des carburants aujourd’hui, c’est peut-être davantage qu’il faudra exiger !

    Le patronat petit et grand va nous opposer que ce n’est pas possible, pas réaliste… Mais nous devons raisonner en fonction de nos besoins et pas de ce que l’on suppose que le patronat est capable de nous offrir.

    Si les travailleurs s’étaient alignés sur le chantage patronal, nous n’aurions ni pension de retraite ni congés payés !

    Et est-ce que les capitalistes se gênent pour demander des baisses d’impôts malgré la dette ? Non ! Est-ce que la crise et les guerres leur font revoir leurs objectifs de dividendes et de profits à la baisse ? Non plus !

    Alors, arrêtons de nous faire petits ! Soyons fiers de ce que nous sommes, des femmes et des hommes qui sont indispensables à la société. Tout ce qui permet de répondre à nos besoins, ce ne sont pas des dépenses, c’est du progrès pour toute la société !

    Et puis il y a le chômage, la peur de perdre son emploi, de ne pas en retrouver, de devoir accepter n’importe quelles conditions de travail pour ne pas se retrouver à la rue. Pendant ce temps, ceux qui ont un emploi doivent travailler toujours plus, faire des heures supplémentaires, travailler le soir, le week-end, jusqu’à l’épuisement.

    C’est dans l’intérêt patronal bien sûr, mais c’est une absurdité pour nous tous. Alors, nous disons qu’il faut répartir le travail entre tous, sans diminution de salaire.

    S’il y a moins de travail dans une entreprise, si l’IA fait une partie de ce que l’on faisait, eh bien, on réduit les horaires de tous, mais on ne licencie personne et on maintient les salaires.

    Et si les patrons prétendent qu’ils n’en ont pas les moyens, qu’ils commencent par lever le secret sur leurs comptabilités et rendre leurs comptes en banque publics ! Qu’ils montrent où sont passées les richesses produites par des générations de travailleuses et de travailleurs !

    Il faut que l’on puisse tout connaître des comptes des compagnies pétrolières et des marchands d’armes, car ce sont des profiteurs de guerre. Et non contents de se faire des milliards sur le marché de la mort, ils sont en train d’étrangler toute l’économie.

    Ce détournement de richesses, tous ces moyens engloutis pour semer la mort doivent être rendus publics ! Et pour empêcher ces profiteurs de nuire à la société, il faut réquisitionner leurs profits, les leur confisquer et les consacrer aux besoins de la population : aux hôpitaux qui manquent de soignants, aux écoles où les classes sont surchargées, aux logements qu’il faut construire, aux services publics qui se dégradent.

     

    Notre programme n’est pas un programme électoral, c’est un plan de combat pour notre camp qui l’amènera tôt ou tard à renverser la domination de la bourgeoisie.

    Car le camp des travailleurs ne représente pas seulement des exploités qui souffrent, il représente une force révolutionnaire qui peut tout changer, si au cours des luttes qui sont à venir, les travailleurs prennent conscience qu’il faut aller jusqu’au bout de la lutte de classe, c’est-à-dire jusqu’à exproprier la bourgeoisie pour prendre sa place à la direction des multinationales et à la direction politique de la société.

    Oui, tôt ou tard, des millions de travailleurs réaliseront que c’est à eux de diriger, pas aux capitalistes !

    L’intelligence collective des travailleurs est capable de faire mieux que les plus belles intelligences artificielles car, elle, elle sera toujours mise au service de l’intérêt du plus grand nombre ! C’est à elle qu’il faut faire confiance, c’est sur elle qu’il faut miser !

    Cette perspective révolutionnaire peut paraître lointaine étant donné le recul politique et l’émiettement de notre camp. Et nous serons tous ici d’accord pour dire que nous n’y sommes pas, ni au niveau de la combativité et encore moins au niveau de la conscience.

    Mais cela amène à la seule question qu’on devrait se poser : quelles idées on véhicule ? Pour quelles idées on milite ? Eh bien, il faut se démultiplier pour faire connaître les perspectives qui peuvent vraiment changer toute la société : les perspectives communistes révolutionnaires que porte le camp des travailleurs.

    Dans cette campagne présidentielle, ceux qui, à gauche, se disent du côté des plus pauvres, mais ont enlevé de leur programme l’expropriation de la bourgeoisie ne changeront rien, quand bien même ils le voudraient.

    Prenez la question de la planification et de la transition écologique. Outre que la seule planification qui progresse aujourd’hui est la planification de la guerre, quel sens peut avoir ce mot sans l’expropriation de la bourgeoisie, c’est-à-dire la fin de la propriété capitaliste sur les grands moyens de production ?

    Qu’est-ce qui peut être planifié si les multinationales restent les chasses gardées de quelques capitalistes ? Les subventions à distribuer à ces Messieurs les milliardaires. C’est tout ! Alors qu’il y a urgence. Urgence à organiser et rationaliser la production d’énergie, les usages de l’eau, de l’intelligence artificielle. Urgence à se coordonner entre pays pour en finir avec cette concurrence destructrice et anarchique…

    L’expropriation des capitalistes est une nécessité et cette tâche ne peut être réalisée que par les travailleurs, en même temps qu’ils se battront pour en finir avec l’esclavage salarié et l’exploitation de l’homme par l’homme.

     

    Une fois les grands moyens de production collectivisés et entre nos mains, nous pourrons mettre fin à l’impérialisme et aux rapports de domination qui soumettent les pays pauvres aux pays riches.

    Nous pourrons enlever tout objet aux guerres parce que les autres peuples ne seront plus des concurrents, mais des peuples amis avec lesquels nous chercherons à coopérer.

    C’est alors que le monde pourra « changer de base », comme le disent les paroles de l’Internationale.

    Et nous n’en doutons pas, c’est alors que les femmes et les hommes changeront aussi. Parce que c’est la mise en concurrence de tous contre tous qui exacerbe l’individualisme, la compétition, le rejet de l’autre et crée du racisme ou du sexisme.

    Dans ce combat, les jeunes ont un rôle important à jouer. Car je ne peux pas croire que la jeunesse se résignera à vivre dans le monde actuel !

    Avez-vous vu le nombre de jeunes de 16, 17, 18 ans, tués ou blessés dans des accidents du travail ? Un apprenti maçon de 15 ans mortellement percuté par un engin, un lycéen de bac pro de 17 ans écrasé sous une poutre dans une usine, un élève de 2de tué par la chute d’une palette pendant son stage, etc.

    Tout cela pour que les patrons disposent d’une main-d’œuvre gratuite, à peine formée ! Même quand les jeunes peuvent suivre des études, ils sont soumis à un parcours du combattant, entre les studios hors de prix, les queues interminables pour manger au resto U et les amphithéâtres bondés.

    Et pour quel avenir ? Servir de chair à canon pour l’impérialisme français ? Se confiner parce qu’il fait 40 degrés ? Être enrôlé par la police des frontières pour faire la chasse à ceux qui ont fui les guerres et la misère dans l’espoir d’un meilleur avenir ?

    Les jeunes ont toujours été l’aile marchante des révoltes et des révolutions, alors vous, les jeunes, qui êtes là et qui vous intéressez à la politique, vous pouvez être aux avant-postes du combat.

    Défendez la perspective de renverser l’ordre capitaliste ! Rejoignez le camp des travailleurs qui est la seule force sociale capable de construire une société de justice, d’égalité et de fraternité enfin débarrassée des classes sociales et de l’exploitation !

     

    Et à tous, je dis, ne craignons pas d’être minoritaires !

    Nos convictions, notre révolte contre cette société de plus en plus barbare font notre dignité. Il faut les exprimer. Et dans ce paysage politique qui va toujours plus à droite, elles marqueront les esprits.

    Je ne serai pas beaucoup invitée sur les plateaux des grands médias. Nos meetings seront moins retransmis que les messes du pape. Ils ne disposeront pas du même battage médiatique, sans parler des moyens d’État mis à sa disposition.

    Il paraît qu’il y aurait en ce moment même 600 000 personnes à la Concorde et sur les Champs-Élysées, à peine plus que dans cette salle.

    Mais ne soyons pas envieux !

    Le pape, comme ses homologues d’autres obédiences religieuses, attire beaucoup de monde, y compris des jeunes qui aspirent à un monde de paix, de fraternité et de communion humaine, et on les comprend !

    Mais qu’est-ce que le pape et les religions ont à leur proposer ? Que les capitalistes soient touchés par la grâce ? Que Trump lise les Évangiles et les interprète dans un sens humaniste ? Que les chefs d’État qui se précipitent pour baiser la main de Léon XIV se transforment en agneaux innocents ?

    Le pape propose le salut éternel dans « l’au-delà », comme toutes les religions. Imaginer un monde meilleur au paradis aide sans doute bien des opprimés à supporter les souffrances de ce bas-monde, en même temps que cela les pousse à se résigner.

    Eh bien, nous ne sommes pas de ceux qui se résignent ! Nous ne sommes pas de ceux prêts à absoudre et supporter une société aussi folle ! Le salut, nous le voulons ici-bas ! Et pour l’imposer, mieux vaut compter sur nos luttes et la transformation révolutionnaire de la société que sur l’apparition de la Vierge Marie !

    Ce sont les hommes qui ont fait naître la société capitaliste, ils sauront y mettre un terme et écrire une nouvelle page de l’histoire de l’humanité en construisant une société communiste où tous les êtres humains de cette terre trouveront la possibilité de leur épanouissement plein et entier !

    Cette campagne peut et doit nous aider à faire connaître ces idées. Pour cela, il faudra compter sur nous-mêmes, sur chacune et chacun d’entre nous. Il faut que chacun devienne un média à lui tout seul, qu’il fasse circuler nos idées, notre journal et nos tracts, nos vidéos, qu’il en parle autour de lui, à ses collègues, à ses voisins, à ses amis.

    Ces idées deviendront virales quand les travailleurs retrouveront la force de se battre, quand ils reprendront confiance dans leur capacité à changer la société.

    Nous avons toutes les raisons d’avoir confiance dans l’avenir et dans notre classe ! Car les travailleurs ne resteront pas éternellement à subir, à encaisser les coups, à se laisser diviser. Ils retrouveront le chemin des luttes. Et ce jour-là, toutes les idées que nous aurons semées, toutes les discussions que nous aurons eues, tous les liens que nous aurons tissés prendront une tout autre force.

    Alors, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, rejoignez-nous dans cette campagne ! Venez avec votre révolte, votre énergie et votre envie de changer le monde !

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