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Editorial
Carburants, prix, budget : stop au racket !

2,15 € le litre d’essence, 2,40 € le gazole, et on nous prépare à ce que les prix grimpent jusqu’à 3 € pour le gazole ! La hausse des carburants nous étrangle tous, comme les marins pêcheurs, les agriculteurs, les infirmières libérales, les aides à domicile. Combien sommes-nous, déjà, à choisir entre remplir le réservoir d’essence ou le frigo ? À renoncer à une sortie le week-end ?
L’argent que nous laissons à la pompe ne s’envole pas en fumée. C’est un nouvel impôt que nous payons à Total, Shell et compagnie. Même en bloquant les prix dans ses stations, TotalEnergies bat record sur record de profits, 10 milliards d’euros de bénéfice au premier semestre 2026.
Et pour cause ! Au Moyen-Orient, le pétrole coûte très peu cher à produire. En Arabie saoudite, le coût moyen d’extraction est inférieur à 5 dollars le baril. Aujourd’hui, il est vendu 102 dollars sur le marché international. Les entreprises qui contrôlent la chaîne qui va de l’extraction à la distribution, en passant par le transport et le raffinage, réalisent des profits faramineux.
Cette explosion des prix résulte des guerres, nous dit-on. Les compagnies pétrolières n’y seraient donc pour rien ? Elles n’ont certes pas ordonné de bombarder l’Iran, mais elles profitent de cette guerre comme jamais, et ce sont bien elles qui font flamber les prix. En faisant jouer la loi de l’offre et de la demande, elles vendent au plus offrant et font ainsi monter leurs prix. Et les travailleurs du monde entier sont censés s’incliner devant la dictature de ces grands trusts !
Des attaques en rafales
Et à cela s’ajoutent les autres hausses de prix : fioul, gaz, électricité, produits alimentaires, loyers... C’est simple, tout augmente, sauf les salaires, les pensions et les allocations !
Et ce n’est pas tout. Lecornu veut 54 milliards d’économies pour le prochain budget. Les cherche-t-il dans les superprofits, dans les grandes fortunes qui ont doublé en dix ans, chez les nouveaux millionnaires ? Non, il s’attaque aux malades, aux travailleurs, aux locataires, aux retraités.
Il veut bloquer le salaire des fonctionnaires, moins rembourser les médicaments, geler les APL et les supprimer pour les étrangers qui n’auront pas plusieurs années de résidence en France. Les travailleurs étrangers auraient donc le droit de se casser le dos sur les chantiers, de porter les sacs de ciment pour construire des logements, mais pas de bénéficier de la moindre aide pour s’y loger !
Et dans son viseur, il a, une fois de plus, les retraités. Depuis des semaines, ils sont accusés de coûter trop cher, d’être des boulets pour les finances publiques, voire des nantis qui feraient payer leur niveau de vie aux jeunes. Cette campagne est une insulte à tous les travailleurs. Une fois qu’on ne rapporte plus de profits au patronat, voilà comment on nous traite !
Durant des décennies, ces femmes et ces hommes ont travaillé et fait progresser la société. Nous vivons sur ce qu’ils ont construit. Et même arrivés à la retraite, ils ne sont pas inactifs. Beaucoup sont d’ailleurs forcés de compléter leur toute petite pension avec un travail. Et combien de familles ouvrières, d’associations, de clubs de quartier dépendent du rôle qu’ils y jouent ? Ils sont mille fois plus utiles et attachés à ce que la société tourne que tous ceux qui les traitent de privilégiés.
Exprimons notre colère sans attendre
Baisser les taxes, comme le proposent plusieurs candidats à la présidentielle, est une solution en trompe-l’œil. Quand les taxes baissent, la facture nous revient toujours dans la figure, par des économies sur les écoles, les hôpitaux et les autres services publics, voire au travers d’un nouvel impôt.
La seule solution est de prendre l’argent aux grands bénéficiaires du système. Les racketteurs ont pignon sur rue. Il faut que TotalEnergies, Shell et Cie rendent, d’une façon ou d’une autre, ce qu’ils nous ont volé.
Et pour nous protéger de l’inflation généralisée, il faut que les salaires, les allocations, les pensions augmentent et rattrapent la hausse des prix.
Des appels à la mobilisation circulent pour les prochaines semaines. La journée du 29 septembre, initialement prévue dans la fonction publique, voit des syndicats d’entreprises privées s’y rallier aussi. D’autres dates circulent. Il faut s’en saisir et orienter notre mobilisation contre ceux qui profitent de la situation pour s’enrichir comme jamais.
Exprimer collectivement notre colère, sortir de l’isolement et des divisions dans lesquelles nous plongent patrons et politiciens est le premier pas pour nous mettre en ordre de bataille. Une chose est sûre : seuls ceux qui se battent se font respecter !