Allocution de Nathalie Arthaud au meeting pour les élections régionales à Paris

Meeting
13/11/2015
Travailleuses, travailleurs, chers amis, 
 
Notables locaux, politiciens en herbe, médias : tous les acteurs ont pris place pour cette nouvelle comédie électorale que sont les élections régionales. Et c’est reparti pour les coups bas entre politiciens et les promesses bidons. 
 
Et il y en a en veux-tu, en voilà. Tous vont rénover les transports, les développer, les sécuriser, les rendre plus confortables et ponctuels. Les lycées, annonce Pécresse, seront ouverts le soir, le week-end, pendant les vacances. Des logements sociaux, des logements intermédiaires ou encore des logements étudiants seront construits s’engage Bartolone. Et  promis juré, avec eux, le taux de chômage reculera en île de France et même l’air sera plus respirable… 
 
Bref, ils feront demain ce qu’ils n’ont jamais réussi à faire. Ce que le PS n’a pas fait depuis les 17 ans qu’il dirige la région. Ce que la droite n’a jamais su faire quand l’UMP était à la tête de l’Etat. Cette comédie autour des programmes régionaux est ridicule. 
 
De toute façon, l'écrasante majorité des travailleurs se moque de ces promesses qui portent sur 10, 20 ou 30 ans, ils ne savent pas comment ils feront pour vivre demain. 
Ce qui préoccupe les millions de femmes et d’hommes au chômage, en intérim ou en CDD, c’est d’avoir du travail. Et pour ceux qui en ont encore un, c’est de le conserver. Pour l’écrasante majorité des classes populaires, c’est une vie au jour le jour, la crainte de ne pas pouvoir boucler la fin du mois, la galère de se loger dignement. 
 
Et cela fait des années, des décennies que le monde du travail vit et s’enfonce dans cette précarité. Il y en a eu des élections et des alternances au pouvoir et cela n’a rien changé. Alors comment s’étonner que ces élections leur passent au-dessus de la tête ? 
 
Beaucoup nous disent « tout ça ne sert à rien ». Il n’y a pas à s’en étonner, il y a à convaincre que si, le vote pour les listes Lutte ouvrière a une utilité : celle de montrer qu’il y a des travailleurs qui ont compris, comme eux, que les grands partis ne représentent pas leur camp. Celle de rassembler politiquement les travailleurs conscients d’avoir des intérêts de classe à défendre. 
 
Oh, le problème n’est pas d’être entendu de ceux qui gouvernent, car ces gens-là se moquent de ce que les électeurs peuvent signifier dans les élections. Mais il s’agit d’être entendu du monde du travail, il s’agit de montrer aux nôtres qu’une fraction  ne se résigne pas, qu’il y a un camp auquel ils peuvent se rallier s’ils n’acceptent pas la situation. 
 
En déchirant ou en brûlant leur carte d’électeurs, en affirmant qu’ils ne marchent plus dans tout ce cirque, certains croient pouvoir se venger des partis qui les ont trahis et exprimer leur opposition radicale au système. Ils se trompent car en s’abstenant, ils se taisent. 
 
Leur abstention, si elle est massive, alimentera seulement les discours sur le désintérêt de la population à l’égard de la politique. Elle ne les distinguera en rien des pêcheurs à la ligne. Elle ne donnera aucun sens à leur opposition. Et pire, elle donnera d’autant plus de poids à tous qui voteront pour le PS, pour la droite ou pour le FN. Et au bout du compte, ces abstentionnistes seront récupérés par les vainqueurs.  
 
Oui, le petit jeu politicien qui se joue entre le PS, les Républicains et le FN sur fond de crise et de dictature de plus en plus ouverte du patronat, est dérisoire. La réalité, c’est que pour changer la vie des travailleurs, il faut inverser le rapport de force entre les travailleurs et la bourgeoisie et cela, seules les luttes collectives peuvent le faire. 
 
Mais faute de pression collective et d'intervention directe des exploités sur ceux qui gouvernent, toute la vie politique se résume à cela. Même aux yeux de ceux qui n’y croient plus, les élections constituent les principales échéances de la vie politique. . 
 
Eh bien il faut que les travailleurs les utilisent, non pas pour faire de la politique politicienne, mais pour faire entendre leurs intérêts contre ceux du grand patronat. Pour affirmer leurs perspectives contre celles que veulent nous imposer les porte-parole de la bourgeoisie. 
Encore une fois, les travailleurs conscients ont intérêt à se montrer politiquement pour conforter ceux qui, dans leur classe sociale, cherchent la voie pour s’en sortir.  
 
Jean-Pierre a évoqué les évènements d’Air France. Ils ont  confirmé le caractère anti-ouvrier de tous les grands partis, du PS au FN, mais ils ont aussi réveillé la conscience de classe dans le monde du travail. L’indignation soulevée parmi les salariés a été une réaction élémentaire sans doute, mais elle a unifié la grande majorité d’entre eux dans un même sentiment d’injustice et de dignité bafouée ; cela a été une réaction de classe.  
 
Il faut que ce sentiment et les intérêts de classe qu’il recouvre, trouve une expression politique. Si les travailleurs ne s’érigent pas en force politique, c’est la bourgeoisie et les partis à son service qui garderont le monopole de la parole. Et leurs mensonges sur le « coût du travail », sur la compétitivité, sur les 35 heures ou sur le code du travail auront libre court. Eh bien il faut que les travailleurs ne laissent pas leurs ennemis politiques parler à leur place. 
 
Que les travailleurs s’affirment, de nouveau, comme une force politique, alors qu’ils sont aujourd’hui dispersés, déboussolés pour certains ne se fera pas en une élection. Ce processus peut prendre d’autres voies. Une révolte des travailleurs pourrait faire mûrir les consciences à une toute autre échelle et d’une toute autre façon. Pour l’imaginer, il suffit de voir comment une escarmouche aussi limitée que celle d’Air France a contribué à le faire. 
 
Mais chaque élection doit y contribuer. Chaque élection doit permettre de montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui se revendiquent du camp des travailleurs. Alors, profitons de ces élections régionales et de la présence des listes LO pour faire entendre le camp des travailleurs. 
 
A côté de l’abstention, une fraction de plus en plus importante des travailleurs est tentée de se venger de la droite et de la gauche avec le bulletin de vote Front national. Ils se fourvoient gravement.
 
Le PS, les Républicains et le FN sont certes concurrents, mais ils sont surtout profondément semblables. Ils se disputent la place pour mieux servir la bourgeoisie et son ordre social basé sur la propriété privée et sur l’exploitation. Car le Front national est un parti bourgeois, dévoué comme les autres au système, respectueux des possédants.  
 
Un parti qui s’en prend à des travailleurs, aux immigrés, un parti qui explique que le chômage et les bas salaires sont de leur faute, un parti qui oppose des exploités à d’autres exploités, roule forcément pour le grand patronat et la bourgeoisie. 
 
Pour draguer les classes populaires, alors que le noyau dur de l'électorat du FN a toujours été constitué de petits patrons réactionnaires, Marine Le Pen l’héritière de Saint-Cloud est allée jusqu’à fustiger ses amis banquiers. Elle a réclamé le retour à la retraite à 60 ans, le SMIC à 1500 euros et l’augmentation des petites retraites. 
 
Oh, c’était, comme pour tous les politiciens, des promesses qui n’engageaient que ceux qui y croyaient ! Et comme il n’a jamais été question pour le FN d'imposer quoi que ce soit aux patrons et de leur demander de payer, c’étaient des propos de charlatan. Mais ils lui ont permis, en partie, de faire son trou dans l’électorat populaire.
 
Aujourd’hui elle réoriente son programme en mettant le cap à droite. L’heure n’est plus à la démagogie sociale sur le Smic ou la retraite à 60 ans mais à un éventuel retour aux 39 heures et à un allongement de la durée de cotisation pour une retraite pleine. Quant à la sortie de l’euro qu’elle prônait avec vigueur il y a quelques mois ? C’est silence radio. Madame veut se donner une image « responsable » et plaire à l’électorat de droite, au patronat petit, moyen, et grand. 
 
Et, bien malin celui qui, dans ces régionales, distinguera le programme du FN de ceux de ses rivaux ! Comme le PS et la droite, le FN veut que les régions soient « attractives » pour les patrons. Comme les autres, le FN veut « aider » le patronat et multiplier les subventions. Comme les autres il ne jure que par les profits et la compétitivité. 
 
Il n’aura même pas fallu attendre que le FN arrive au pouvoir pour le voir trahir ses promesses vis-à-vis des travailleurs et s’aplatir devant les exigences du Medef ! 
 
Alors oui le FN est bien dans moule ! Et loin de bouleverser le système politicien, l'arrivée du FN comme troisième larron ne fait que renouveler le simulacre de l'alternance. À la fausse alternance gauche droite, on va maintenant assister à la fausse alternance entre l’UMPS et le FN. Jusqu'à présent, ils se passaient la balle à deux, désormais ils se passeront la balle à trois. 
 
L'arrivée dans le jeu du Front National n'est qu'une nouvelle illusion électorale, en pire. Car le FN en plus d’être foncièrement anti-ouvrier porte le poison de la division entre les exploités, il s’appuie sur les préjugés les plus infects, il joue sur les peurs irrationnelles. Et au besoin, il les invente, en évoquant par exemple une « immigration bactérienne » et « des maladies contagieuses non européennes » qui seraient amenées par les migrants à Calais, comme l’a écrit Marine Le Pen dans son matériel de campagne.   
 
On voudrait en rire, mais dans la période de crise que nous connaissons, où les victimes de ce système capitaliste sont plus nombreuses et plus désespérées de jour en jour, ces propos représentent un grave danger. 
 
On le sait, la progression du FN encourage les racistes qui, en son sein ou sur ses marges, militent pour l’action directe. A Calais de petits groupes attaquent les migrants, comme cela se fait en Allemagne ou en Suède ; ailleurs, d’autres s’en prennent déjà aux mosquées. Demain, les mêmes s’en prendront peut-être à nos camarades de travail, aux membres de nos familles, à nos amis parce qu’ils sont étrangers ou suspectés de l’être par leur nom, leur couleur de peau ou leurs signes religieux. 
 
Si une telle situation se présente, il faudra que le monde du travail sache se protéger lui-même en se regroupant en s’organisant toutes origines confondues car ce ne sont sûrement pas les gesticulations électorales des uns ou des autres pour faire barrage au FN dans les urnes qui feront reculer ces gens-là ! 
 
Fort heureusement, on n’en est pas là, mais cela peut arriver vite et brutalement. Alors faisons tout ce qui est dans nos possibilités pour arracher à l’influence du FN, ceux qui parmi les nôtres se laissent piéger. Il s’agit de leur montrer que le FN veut, comme les autres, aller à la mangeoire de la bourgeoisie. Il s’agit de montrer que la seule opposition qui ne sera pas stérile pour les travailleurs est celle de l’opposition ouvrière. Une opposition qui dénonce les Hollande et les Valls, les Sarkozy et les Juppé d’un point de vue ouvrier, en affirmant nos intérêts de classe non seulement contre ces politiciens mais contre la bourgeoisie elle-même. 
 
Du fait de notre fidélité au camp des travailleurs, parce que nous avons toujours refusé de nous compromettre avec le Parti socialiste, parce que nous militons pour défendre les intérêts collectifs du monde ouvrier, nombre de travailleurs nous respectent et nous écoutent. Eh bien profitons-en pour ramener ceux qui s’égarent, dans le camp qu’ils n’auraient jamais dû quitter : le camp des travailleurs conscients de leurs intérêts.  
 
Tout en étant rivaux, le PS, Les républicains et le FN sont profondément complices de l’ordre social capitaliste. Ils se concurrencent mais ils s’accordent pour jouer cette comédie électorale qui cache ceux qui dominent réellement la société, la grande bourgeoisie et le grand capital.  
 
Le FN a été parfaitement intégré au jeu politicien de la droite et du PS. Et ce n’est pas une chose nouvelle.  Mitterrand, président de 1981 à 1995  avait déjà fait du FN une arme contre la droite. En 1986, il avait instauré un scrutin proportionnel aux élections  législatives permettant, y compris aux petits partis, d’obtenir des élus en proportion de leur score. Mais ce n’était pas par conscience démocratique, c’était pour diviser la droite et l’affaiblir à l’Assemblée. A l’époque, 35 députés du FN étaient entrés à l’Assemblée nationale.  
 
Aujourd’hui le PS se sert du FN pour essayer de conserver l’électorat qu’il a profondément écœuré. Cambadélis, le patron du PS a même organisé un pseudo-référendum pour pousser à l’union de la gauche. 
 
Quant à Valls, en évoquant un éventuel retrait de la liste PS, voire sa fusion avec celle de la droite au second tour dans la région du Nord, il veut se poser en champion de la lutte contre le FN, en sauveur au-dessus des partis en quelque sorte parce que la lutte contre le FN est devenue son ultime argument électoral ! 
 
Valls parle de « drame » et de « catastrophe » si le FN parvenait au pouvoir. Mais à qui la faute si le FN monte aujourd’hui dans ces régions dominées par les socialistes depuis des décennies ? A qui la faute si le PS a dégoûté son électorat le plus fidèle ? Au nom de la lutte contre le FN, il faudrait oublier les 6 millions de chômeurs, les cadeaux au patronat, sa politique anti ouvrière ? Mais se taire et pire, se faire le complice du PS ne ferait que renforcer le FN dans la classe ouvrière.  
 
Faire du Front National le diable en politique, relève d’une manipulation. La même manipulation politique que l'on a subie en 2012 avec le « tout sauf Sarkozy ». Tout cela pour nous faire croire qu’il y a gouffre séparant tous ces partis. Tout cela pour faire peur aux travailleurs, quand c’est le PS lui-même qui est en train de porter les coups ! Tout cela pour nous faire oublier que c’est lui, le PS qui a fabriqué le FN en abandonnant son propre électorat ! 
 
Le summum du ridicule est atteint quand la droite elle-même se pose en rempart contre le FN. En quoi un Estrosi, qui voit dans l’Islam une cinquième colonne en France, peut-il être un rempart contre  Marion Maréchal Le Pen en Provence Alpes cote d’Azur ? Il est la copie de l’original ! Il a choisi la droite pour écurie il y a bien longtemps, mais qui peut jurer qu’il n’en changera jamais pour celle du FN ? Il ne serait pas le premier ! 
 
Le parti des Républicains, c’est le parti de Copé et de ses pains au chocolat prétendument arrachés par des voyous qui voudraient imposer le ramadan à leurs copains, c’est le parti de Sarkozy qui compare les migrants à une fuite d’eau, c’est le parti de Morano et de « la France pays de race blanche », c’est le parti du ministère de l’identité nationale. En quoi tous ces gens peuvent-ils lutter contre les idées du FN quand ils contribuent à les véhiculer eux-mêmes !
 
Dans la lutte contre les idées infectes du FN, la droite et le PS ne sont que des planches pourries et leurs appels à faire barrage au FN dans les urnes relèvent du chantage. 
 
A tous ceux qui sont légitimement inquiets de la montée du FN, nous disons que l’influence du FN dans la classe ouvrière vient de ce que les travailleurs ont perdu conscience dans leurs propres perspectives. Elle provient du désarroi engendré par la trahison et les reniements de partis qui prétendaient représenter leurs intérêts.  
 
Les mensonges du Front National et sa démagogie marchent dans les classes populaires parce que les travailleurs ne se battent pas sur leur terrain, parce qu'ils ne réagissent pas face à toutes ces attaques. Eh bien, loin des calculs électoraux, il faut montrer qu'il y a encore dans la classe ouvrière des femmes et des hommes qui connaissent la seule voie pour lutter contre les injustices et les inégalités de cette société : lutter contre la bourgeoisie, faire reculer l’exploitation pour finir par la supprimer totalement. Il n’y aura pas d’autre raccourci pour combattre le FN.
 
Les listes Lutte ouvrière ne sont pas en mesure de faire contrepoids à celles du FN. Comparé à leurs scores, notre voix sera petite. Le FN a acquis une crédibilité politique que nous n’avons évidemment pas. 
 
Depuis la présidentielle de 2012, le FN progresse dans tous les scrutins. Marine Le Pen avait alors, avec plus de 6 millions de voix, atteint un niveau inégalé pour le FN. Aux législatives qui avaient suivi, le FN a obtenu deux députés. En 2014 il a décroché 15 mairies, et lors des Européennes, il est arrivé pour la première fois en tête d’une consultation électorale avec 25 %, score qu’il a un peu dépassé lors des élections départementales. 
 
Désormais, celui qui vote pour le FN sait qu’il peut hisser le FN au pouvoir. Ce n’est plus seulement un vote protestataire, c’est un vote pour gagner. Autrement dit, le succès appelle le succès quand nous subissons l’effet d’un mécanisme inverse. 
 
Mais comparer nos scores de 1 ou 2 % aux 20, 30 % du FN ne rime à rien. Ces deux votes n’ont rien à voir. Le vote pour LO est un vote qui affirme qu’il faut s’en prendre aux puissances de l’argent, pas aux plus malheureux ! C’est un vote de combativité, quand le vote pour le FN est celui du repli. C’est un vote révolutionnaire, quand celui du FN est celui du conservatisme et de la réaction. 
 
Alors nous pouvons être fiers de notre vote, car c’est un drapeau que nous levons pour que les travailleurs retrouvent le chemin de la conscience et de l’émancipation.  
 
De par sa nature, de par les lois de l’exploitation, le capitalisme est incapable d'offrir une issue à la classe ouvrière, ce qui nous fait dire qu'il y aura des réactions dans la classe ouvrière. Notre problème n'est pas de faire des paris sur quand et comment ces réactions vont se faire. Le problème, Jean Pierre l’a dit, c’est que ces luttes ne soient pas dévoyées comme cela s’est produit maintes fois dans le passé. 
 
Pour cela, il faut aider les travailleurs à s’orienter dans tous les problèmes de la société de leur point de vue de classe. Il faut les munir d’un programme à même d’inverser le rapport de force jusqu’à ce que naisse pour les travailleurs la nécessité de prendre le pouvoir par eux-mêmes et de renverser la bourgeoisie. 
 
Dans ces élections, certains à gauche, nous reprochent de ne pas nous être ralliés au Front de gauche et d’être une liste de plus à gauche de la gauche. Mais nous ne sommes pas une liste de plus. Nous sommes les seuls à nous présenter pour faire entendre les idées de la lutte de classe, les seuls à affirmer que les travailleurs ont le droit et le devoir d’intervenir politiquement sur la base de leurs intérêts d’exploités car il n’y a qu’eux et leurs luttes qui offriront une issue pour la société.  
 
Contrairement à Pierre Laurent du PC ou à Jean-Luc Mélenchon du PG nous ne disons pas que Sarkozy ou Hollande sont à l’origine de tous les reculs subis par les travailleurs. Ce n’est pas une question de politicien et ni même de politique mise en œuvre. C’est fondamentalement une question de rapport de force entre d’un côté la bourgeoisie et de l’autre les exploités. 
 
Le fond c’est que la société est organisée en deux classes. Une classe dominante, une classe exploitée. Deux classes aux intérêts opposés et dont la situation respective est déterminée par un rapport de force. Lorsque la classe ouvrière se fait craindre elle peut arracher des avancées. Lorsqu’elle ne se bat plus, elle recule fatalement, et avec elle, tout le reste de la société. 
 
Voilà pourquoi il n’est pas question pour Lutte ouvrière d’abandonner l’expression d’une politique de classe au profit d’on ne sait quelle combinaison électorale. Et à plus forte raison il n’est pas question de noyer le langage de la lutte de classe pour s’acoquiner avec des partis ou des regroupements de déçus de la gauche qui se détournent du PS au pouvoir après l’avoir aidé à s’y hisser ! 
 
Faire entendre le camp des travailleurs, c’est porter les revendications immédiates qui permettraient au monde ouvrier de relever la tête. Mais c’est aussi œuvrer pour que renaisse un pôle de résistance au cours réactionnaire pris par la société.
 
Car si les reculs matériels sont graves, en termes de conditions de travail et d’existence, les reculs idéologiques et moraux le sont tout autant. La progression du FN n’est qu’un aspect de la vague rétrograde que nous subissons. 
 
Cette réaction touche le monde entier. Dans nombre de pays pauvres, elle prend la forme de l’ethnisme et du fanatisme religieux, de la persécution des femmes ou des conflits communautaires. Dans les pays riches et en Europe particulièrement, elle revêt l’aspect du nationalisme et du protectionnisme. En même temps que le chômage de masse, on voit monter la xénophobie, la misogynie, le communautarisme, l’intolérance, l’emprise des idées religieuses. 
 
Loin de combattre cette vague réactionnaire, les grands partis cherchent à la chevaucher. C’est évidemment le cas du FN qui s’est construit sur ces préjugés. C’est aussi le cas de la droite qui, pour rivaliser avec l’extrême droite, est dans la surenchère permanente. Quant au Parti socialiste, il s’en accommode parfaitement. 
 
Alors même que le PS s’est transformé en un des exécutants les plus serviles de la bourgeoisie, il continuait de propager des idées d’égalité, de solidarité et d’émancipation collective. Cette idée, par exemple, qu’il était indigne de priver de droit de vote les étrangers. Eh bien, aujourd’hui Valls et Hollande jettent tout cela par-dessus bord. 
 
Ils se justifient en expliquant que, pour le droit de vote des étrangers, « ce n’est pas le bon moment » et que « c’était perdu d’avance ». Mais une opinion, ça se change. Qu’ont-ils fait pour l’inverser, si tant est que l’opinion publique y soit vraiment opposée ? Est-ce qu’ils se sont battus pour convaincre ? On les a vus faire campagne pour le travail du dimanche, on les voit faire campagne pour remettre en cause du Code du travail. Mais sur le droit de vote des étrangers : rien. 
 
A l’opposé, regardez le maire FN de Fréjus qui mène en ce moment une croisade contre l’ouverture d’une mosquée nouvellement construite dans sa ville. Il a déjà été condamné par la justice. Il sait qu’il va perdre et que cette mosquée finira par ouvrir, parce qu’elle n’a rien d’illégal. Mais il se bat, il travaille l’opinion, il organise rassemblements et manifestations. Il use de tous les recours juridiques possibles… 
 
Avec des moyens bien supérieurs pour mobiliser l’opinion publique le gouvernement socialiste abandonne le combat et le peu d’idées progressistes qu’il portait encore. 
 
Et que dire de son attitude vis-à-vis des migrants, si ce n’est qu’elle est honteuse et criminelle ? 
 
La France fait partie des grandes puissances qui ont semé le chaos en Irak, en Libye, au Moyen-Orient, ses dirigeants manœuvrent, s’appuient sur des dictatures sanglantes ou sur des bandes armées pour préserver leur influence dans la région. Au lieu d’assumer leurs responsabilités et d’offrir l’accueil aux Syriens chassés par la guerre, ils font tout pour fermer les frontières et les emprisonner dans l’enfer qu’ils ont créé. 
 
La guerre en Syrie dure depuis quatre ans, le pays compte 11 millions de déplacés dont 4 millions réfugiés à l’étranger ; la France en a jusqu’à présent accueilli… 7000. Le président de la Commission européenne a fait savoir qu’au rythme actuel de cette répartition entre Etats membres, les opérations de relocalisations de réfugiés au sein de l’UE ne seront achevées qu’en... 2101 ! 
 
Chaque semaine des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes meurent pour essayer de traverser la Méditerranée et poser le pied en Europe. Les survivants qui ont réussi à poser un pied en Europe, se heurtent encore aux murs et aux barbelés qui hérissent désormais l’Europe. Ils sont arrêtés, bloqués, forcés d’attendre dans des conditions infâmes quand ils ne sont pas internés dans des camps de rétention. Relâchés, ils reprennent leur marche forcée ou s’en remettent aux passeurs, risquant de mourir asphyxiés ou d’être parqués dans des bidonvilles comme celui de Calais. 
 
En leur assurant la liberté de circulation et d’installation, les réfugiés se répartiraient d’eux-mêmes à l’échelle de l’Europe, ils pourraient s’appuyer sur des membres de leurs familles et sur toutes les bonnes volontés qui existent. Mais non ! Pour ne pas donner prise aux critiques de la droite et de l’extrême droite, le gouvernement socialiste barricade les frontières et aggrave les souffrances de centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes.  
 
Tout est ignoble dans cette politique. Ce tri, qui est fait entre les « vrais réfugiés », qu’on pourrait accepter et les migrants économiques, qu’il faudrait refuser. Ces centre appelés Hotspot, qui sont une façon de sous-traiter les migrants aux pays pauvres, à la Grèce, au Liban à la Jordanie ou à la Turquie. Comme si pour ces pays, ce n’était pas un problème autrement plus compliqué à résoudre que pour des pays riches comme l’Allemagne ou la France ! Les grandes puissances payent pour que ces centres soient le plus loin de chez eux. Exactement comme les municipalités bourgeoises payent pour ne pas construire de logements sociaux sur leur territoire. 
 
Il n’y a pas besoin d’être révolutionnaire pour dire que la France peut faire mieux qu’accueillir  les 30 000 réfugiés sur trois ans promis par le gouvernement. Cela fait un réfugié par commune ! Tout le monde l’a rappelé, à d’autres époques, où la situation économique du pays n’était pas plus florissante, la France a su accueillir les réfugiés de la guerre d’Espagne, les boat people vietnamiens ou encore le million de pieds noirs qui est venu en France en catastrophe à la fin de la guerre d’Algérie.
 
Aujourd’hui le gouvernement, comme la droite et l’extrême droite répètent jusqu’à la nausée qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Comme eux, il laisse croire que les migrants représentent un danger. Comme eux, il prône la fermeture des frontières. Comme eux il participe au repli nationaliste et identitaire. 
 
Eh bien face à cette unanimité réactionnaire, il faut montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui ne cèdent pas à  au repli sur soi, à la peur de l’autre. Qu’il y a des femmes et des hommes qui ne se trompent pas sur les responsables de la situation et qui se préparent à lutter contre la domination de la grande bourgeoisie et contre tout son système qui nous mène à la barbarie. 
 
Cette marche en arrière se fait sur fond de chômage de masse et de crise permanente du système capitaliste. Et si nous faisons le choix de défendre une politique  qui se place exclusivement sur le terrain de la classe ouvrière, c’est qu’elle est la seule classe qui peut s’attaquer à la racine même des problèmes, à l’organisation capitaliste de la société. 
 
Mais elle est aussi la seule classe porteuse de valeurs progressistes. Alors que la bourgeoisie a toujours prôné l’individualisme, la concurrence et le chacun pour soi, les travailleurs ont compris qu’ils avaient besoin de solidarité, d’organisation et de dévouement non seulement pour se battre contre l’exploitation, mais tout simplement pour survivre. 
 
En se développant, le mouvement ouvrier a créé ses propres valeurs, contre celles des Rois, contre les Eglises qui ont toujours protégé les puissants et contre la bourgeoisie et son sacro-saint règne de l’argent. Tout en menant le combat quotidien, contre le travail des enfants, pour la journée de travail de 8 heures, les militants défendaient  l'idée de l'émancipation sociale, du progrès de toute la société, d’un monde libéré des superstitions et des préjugés. 
 
L’internationalisme a toujours fait partie du capital du mouvement ouvrier. C’est en intégrant dans leurs rangs tous les travailleurs, d’où qu’ils viennent, quelle que soient leur langue, leur religion, leur couleur de peau que les travailleurs ont gagné leurs meilleurs combats. Ce faisant, ils ont fait reculer les idées racistes et xénophobes dans toute la société. Et l’honneur du mouvement ouvrier a été de militer contre toutes les formes d’oppression, pour l’émancipation des femmes, contre l’esclavage, pour la libération des peuples colonisés, contre l’apartheid.  
 
Ce capital a été peu à peu dilapidé par le PCF, qui en devenant stalinien, est aussi devenu nationaliste. Après avoir remplacé le drapeau rouge par le drapeau bleu blanc rouge et l’Internationale par la Marseillaise, PCF a versé dans le chauvinisme et les attaques anti-allemandes pendant la seconde guerre mondiale. 
 
Ensuite les militants et le milieu ouvrier qu’il influençait ont été nourris aux diatribes de Marchais contre une Europe accusée de piétiner la souveraineté de la France ou aux appels pour le « produire français ». Et avec son obsession anti-allemande et  sa propagande cocardière, un Mélenchon en remet une louche. Mais aujourd’hui c’est Marine Le Pen qui prospère sur ce terreau. 
 
Alors, sans attendre les luttes qui nous y aideront, il faut se battre à nouveau pour diffuser les idées internationalistes et les valeurs propres au mouvement ouvrier parmi les travailleurs. Les idées de la lutte de classe qui constituent la seule boussole pour indiquer les intérêts des travailleurs. 
 
Avec cette boussole, les travailleurs d’ici peuvent comprendre que le combat en faveur des migrants n’est pas qu’une question d’humanité et de solidarité. C’est une question de communauté d’intérêts car le sort des exploités d’ici ne s’oppose pas à celui des migrants, il lui est lié. 
 
Le politicien qui affirme comme une évidence qu’« on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » est le même qui prétend « qu’on ne peut pas embaucher », « qu’on ne peut pas augmenter les salaires », « qu’on ne peut pas sauver les retraites », alors qu’il sait que la bourgeoisie dilapide des milliards dans la spéculation, dans des caprices de riche. 
 
Ce politicien n’est pas seulement hostile aux migrants, il est aussi l’ennemi des exploités. Aujourd’hui il justifie de laisser des migrants mourir à nos portes, demain, il justifiera que l’on abandonne des travailleurs bien d’ici avec la même indifférence.
 
Cette boussole de classe doit nous permettre de voir dans les migrants nos futurs frères d’exploitation. La bourgeoisie en fait des sans-patrie comme des dizaines de millions d’autres, eh bien il faut les accueillir à bras ouvert, en faire, au plus vite, des frères de classe et les intégrer dans la seule patrie sur laquelle les opprimés peuvent compter, la patrie des travailleurs.   
 
Je l’ai dit, toutes ces idées réactionnaires fleurissent sur le terreau d'un capitalisme qui dégénère. Crise économique, crise politique, crise écologique, crise migratoire, les dirigeants les plus puissants de la planète ne maîtrisent plus rien. 
 
Cela saute aux yeux en matière internationale. Cela fait 50 ans qu’ils nous promettent de développer l'Afrique. 50 ans qu’ils nous promettent de pacifier Moyen-Orient. Ces régions du monde sont aujourd'hui devenues des enfers pour leur propre population. Il y a 14 ans, face après l’attentat contre le World Trade Center, les grandes puissances ont déclenché la guerre contre le terrorisme. Aujourd'hui il n'y a pas un foyer terroriste il y en a des dizaines.
 
Et regardez comment, même sur la question de l’écologie et du réchauffement climatique, ils sont incapables de trouver de véritables solutions. Dans le cadre de la COP 21, ils vont tous s’engager solennellement pour agir. Mais ils ne prendront aucun engagement contraignant ni pour leur pays, ni pour les grands groupes industriels qui sont les premiers pollueurs de la planète. Des trusts pour qui l’écologie, c’est bon pour se faire de la publicité et pour s’asseoir dessus comme le montre la fraude à grande échelle de Volkswagen. 
 
Les dirigeants de la planète, les dirigeants des grands groupes capitalistes savent tout du problème et des conséquences catastrophiques pour des millions de femmes et d’hommes mais ils ne bougeront le petit doigt que si cela peut rapporter de l'argent aux capitalistes que s’ils trouvent le moyen de faire du business avec l’écologie. Eh bien il est urgent de renverser ce système complètement fou !
 
Au-delà de la situation et des intérêts immédiats des travailleurs, nous voulons faire entendre les perspectives communistes. Nous voulons profiter de ces élections pour montrer qu'il existe un courant politique qui se place dans la perspective du renversement du pouvoir de la bourgeoisie sur la société et dans la perspective du changement révolutionnaire de la société.
 
L’humanité est capable d’ériger des tours à plus de 800 mètres de hauteur, de construire des hôtels sous-marins. Les sondes spatiales permettent d’explorer l’univers toujours plus loin et on réfléchit à un vol vers Mars. La génétique est une source infinie de progrès médicaux en plus de nous permettre de remonter le temps. 
 
Mais l’accumulation de richesses à un pôle ne se fait qu’en entretenant le dénuement extrême à l’autre bout. Plus d’un milliard d’êtres humains n’ont pas l’électricité ; 2,4 milliards, le tiers de l’humanité, n’ont pas accès à l’eau potable ; 800 millions souffrent de la faim. C’est un système fou, une organisation sociale tellement injuste et inégalitaire qu’elle engendre des rapports sociaux de plus en plus barbares et inhumains. 
 
Tout cela parce que ce système est fondé sur la dictature d’une minorité qui ne jure que par le profit et la concurrence. Alors oui plus on avance dans le 21ème siècle et plus on a de raisons d’être révolutionnaire et communiste.   
 
Je voudrais m’adresser plus particulièrement aux jeunes qui ne se voient pas d’avenir dans cette société capitaliste où il n’y a que l’argent et la réussite individuelle qui comptent, aux jeunes révoltés par l’inhumanité de la société. Je voudrais les encourager à rejoindre le courant communiste révolutionnaire que nous représentons, à  nous aider à diffuser ces idées, là, à l’occasion de ces élections, mais aussi après. 
 
Je l’ai dit, nous sommes à contre-courant. Et dans ces élections nous ferons de petits scores. Mais c'est précisément lorsque les idées progressistes et révolutionnaires sont les moins en vogue, c’est lorsque la société va dans le sens contraire qu'il est important de les maintenir. 
 
Ce n’est pas la première fois que le mouvement ouvrier connaît un reflux. Il y en a eu bien d’autres, des périodes de guerre, de crise, de répression où le combat devenait si difficile que la grande majorité abandonnait et perdait confiance dans sa capacité à changer les choses. Des périodes où seule une minorité résistait, des moments mêmes où elle ne pouvait plus résister et où elle se cachait. 
 
Mais il y a toujours eu des femmes et des hommes qui ont conservé leurs idées et leurs convictions profondes et qui ont fini par les transmettre. Nous sommes les héritiers de ces minorités, les héritiers de leurs idées. Et nous devons avoir aussi leur courage, leur ténacité et leur dignité. 
 
Etre minoritaire n’est jamais une position commode. Mais encore une fois, lorsque la pourriture du capitalisme ressort par tous les pores de la société, il faut être là et dire que cela ne passera pas par nous. Lorsque les intellectuels cèdent au conformisme, aux préjugés, lorsqu’ils se laissent emporter par la vague nationaliste, identitaire comme aujourd’hui, lorsque les voix progressistes s’éteignent les unes après les autres, il est vital pour l’avenir d’affirmer nos idées révolutionnaires.  
 
Ce qui nous caractérise, c’est cette confiance dans la classe ouvrière, cette confiance dans les exploités et donc cette confiance dans l’humanité. Cette idée que le capitalisme n’est qu’une étape dans l’histoire de l’humanité et qu’un jour nous en tournerons la page pour en écrire une nouvelle, autrement plus enthousiasmante. 
 
Alors, ne craignons pas d’être minoritaires, portons haut nos convictions et soyons-en fiers ! 
 
L’issue que nous indiquons aux travailleurs peut sembler lointaine. Et en même temps elle est inscrite dans la société elle-même. La lutte de classe n’est pas une invention des communistes révolutionnaires, c’est la vie elle-même et c’est le moteur de l’histoire. 
 
Nous sommes peut-être minoritaires, mais nous ne sommes pas isolés. Dans ce qui s’est passé avec Air France, nous avons vu jaillir le sentiment de classe. Il en sera de même, à un tout autre niveau lors des grandes luttes et cela nous surprendra comme cela a toujours surpris les révolutionnaires. 
 
Car les travailleurs ne resteront pas indéfiniment l’arme au pied. Alors il faut reconstruire, continuer de lever le drapeau communiste car tôt ou tard les travailleurs chercheront le chemin pour un avenir meilleur.    
 
Alors je vous appelle à voter et à faire voter pour la liste LO faire entendre le camp des travailleurs. 
 
Certains diront avec mépris que ce n’est qu’un vote « protestataire ». Eh bien nous le revendiquons. 
 
Protester est utile et indispensable. Pour être en mesure de se battre, il faut commencer par s’opposer par la parole, il faut dire Non. Il faut prendre le contrepied de la propagande bourgeoise. 
 
Tous ceux qui veulent voter pour les « grandes » listes, croient faire un vote utile parce qu’elles auront des élus. Mais ils ne feront que cautionner ceux qui font 10, 20, 30 %, qui se relayent au pouvoir et qui enfoncent les travailleurs dans le chômage et la précarité. 
 
Alors oui nous ferons un vote protestataire mais il sera surtout un vote de conscience. 
 
C’est ainsi que le camp des travailleurs pourra se renforcer. C’est ainsi que pourra se renforcer un parti, qu’il pourra gagner des sympathies, attirer des militants dans la classe ouvrière mais aussi dans les milieux intellectuels qui souffrent aussi de l’état de la société et qui aspirent à la changer.
 
C’est en menant tous les combats quotidiens qu’une petite organisation peut devenir un parti. Un parti qui permettra aux travailleurs, lorsqu’ils se lèveront et contesteront la société d’aller aussi loin qu’ils le décideront, car ce parti, contrairement aux autres, n’a pas de fil à la patte, pas de carriériste, n’est en rien lié à ce système car il ne rassemble que des travailleurs dont le sort est lié et qui n’ont rien à perdre au renversement de la société.  
 
Un parti de femmes et d’hommes qui ont d’abord et avant tout confiance dans la classe ouvrière et dans sa capacité à changer les choses. 
 
Alors, camarades et amis, il nous reste trois semaines pour voter et faire voter Lutte ouvrière !