Allocution de Nathalie Arthaud à la fête de Lutte ouvrière le dimanche 4 juin 2017

Meeting
05/06/2017

Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades

Au nom de tous ceux qui travaillent à la réussite de cette fête depuis plusieurs semaines, animent et tiennent les stands, je suis heureuse de vous accueillir. Jusqu’à lundi vous avez la possibilité de multiplier les découvertes et les rencontres, alors profitez-en !

Je ne vais pas vous présenter tous les camarades qui m’entourent, mais vous savez que ce meeting tient lieu de rassemblement national pour les élections législatives où nous présentons des candidats dans 553 circonscriptions. Les camarades qui m’accompagnent sont candidats à ces élections et j’en profite pour saluer tous les autres.

Macron à la manœuvre

Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir nous avons droit à du grand spectacle politique. Sur fond de remake d’Amour gloire et beauté, Macron a posé successivement en pharaon des temps modernes devant la pyramide du Louvre, en chef de guerre gaullien remontant les Champs Elysées dans un véhicule blindé, et en héritier du Roi soleil recevant son alter ego de Russie.

Macron a, paraît-il, hésité entre le théâtre et la politique. Il a l’occasion de s’exercer dans les deux ! Il a le goût de la mise en scène et de la comédie et il a le flair et l’opportunisme du politicien. On peut en effet avoir 39 ans et être aussi roué qu’un vieux briscard politicien !

Et surtout on peut être jeune et avoir des états de service auprès de la bourgeoisie bien fournis. Parce que Macron est en réalité dans les cercles du pouvoir depuis près de 10 ans. Avec Sciences po, l’ENA, l’inspection des finances, un passage au PS, un passage à la banque Rothschild, la fonction de secrétaire général adjoint de Hollande et enfin celle ministre de l'Économie : Macron a fait ses preuves de serviteur fidèle et dévoué à la bourgeoisie.

Pour se hisser au premier rôle, il ne lui suffisait que d’un peu plus d’ambition et de culot que d’autres. Et… de pas mal de chance.

Il a quitté le navire Hollande juste à temps pour ne pas sombrer avec lui. Il a lancé sa nouvelle offre politique « ni gauche-ni droite » ou plutôt « et droite et gauche » comme on lance un produit sur le marché. Et puis tout s’est enchaîné : la victoire de Hamon à la primaire de gauche, les casseroles de Fillon, le ralliement de Bayrou et, bien sûr le soutien décisif des patrons des médias que sont les Bolloré, les Lagardère, les Dassault.

C’est donc avec une opération marketing rondement menée que Macron a raflé la mise, à la barbe de Fillon, de Valls et de Le Pen. Mais comme dans toute opération marketing, Macron nous a vendu du vent, celui du renouvellement !

Prenez le gouvernement. En guise de nouveauté, on a le recyclage de Bayrou (élu depuis 1982), de Le Drian (élu depuis 1977 et VRP en chef sortant des marchands de canons), de Collomb (élu lui aussi depuis 1977). Et le recyclage d’ex Sarkozistes, d’ex Chiraquiens, d’ex-Juppéistes, d’ex Hollandistes et des chevaux de retour centristes…

Si ce gouvernement renouvelle quelque chose, ce sont les noms des responsables politiques qui ont donné dans le détournement de fonds publics et l’abus de biens sociaux !

La décomposition /recomposition politique

Après avoir réussi son raid sur la présidence de la république, Macron profite des législatives pour continuer ses manœuvres. Alors que le PS est déjà moribond, il veut maintenant semer la zizanie à droite. A en juger par le nombre de candidats de droite qui se disent désormais Macron compatibles, il a ses chances.

Il est en train de rebattre toutes les cartes du paysage politicien. Dans certaines circonscriptions on trouve donc des candidats macronistes patentés, des candidats PS dits « majorité présidentielle », et des candidats de droite macron-compatibles. Soit deux voire trois candidats pro-Macron ! Et puis on découvre avec Valls, une nouvelle catégorie de politiciens, les sans parti fixe. Et le mercato politicien ne fait que commencer !

Toute cette agitation ne doit pas tromper les travailleurs. Macron profite de l’usure des deux partis qui alternent au pouvoir depuis des décennies mais il ne veut que ravaler la façade d’un système décati. Et quelles que soient la façon dont les cartes seront rebattues, tous ces politiciens sont des serviteurs fidèles de la bourgeoisie et c’est le jeu de la bourgeoisie qu’ils imposeront.

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Un gouvernement de combat contre les travailleurs

Cette comédie du renouvellement forme un écran de fumée qui vise à faire oublier l’essentiel. Au gouvernement Macron a mis en place un état-major de combat contre les travailleurs.

Le Premier ministre, Edouard Philippe vient de la droite. Il déclarait il y a peu « on ne travaille pas assez dans ce pays ; on ne travaille pas assez dans la semaine, on ne travaille pas assez dans l’année, on ne travaille pas assez dans sa vie ».

Le Ministre de l’économie, c’est Bruno Le Maire pris lui-aussi à la droite. Pendant la campagne des primaires, il défendait la réduction des indemnités chômage, la privatisation de Pôle emploi, les petits boulots à 5 euros de l’heure pour les allocataires de minima sociaux.

Ministre du budget et de la fonction publique : Darmanin, lui aussi LR, ex-porte parole de Sarkozy, pendant la campagne il expliquait qu’il fallait supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Ministre du travail, Muriel Pénicaud, membre du CA de la SNCF, ex administratrice d’Orange, ex directrice de Dassault Système, ex DRH de Danone, où elle a procédé à 900 suppressions d’emplois, elle s’y connaît en lutte de classe, mais du côté patronal !

Et quelle est la première mesure de ce gouvernement ? Un moratoire sur le compte pénibilité, jugé trop pénible… pour le patronat ! Et ce n’est que le début. Au programme il y a la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique, l’augmentation de la CSG, de nouvelles attaques contre les retraites et les allocations chômage et la priorité des priorités : la réforme du marché du travail.

Son enjeu dépasse les mesures concrètes concernant les accords d’entreprise ou le plafonnement des indemnités prud’homales. Il y a derrière tout cela un enjeu politique. Macron veut non seulement donner au patronat les possibilités légales de faire à peu près ce qu’il veut, mais il veut aussi découper, fragmenter et individualiser le monde du travail. Il veut faire de chacun d’entre nous un cas particulier, avec des droits particuliers pour démolir encore un peu plus la conscience de classe.

La conscience de classe constitue la principale richesse du monde du travail. Seul, un travailleur n’est rien. La force des exploités est collective. Mais la conscience de cette réalité est sans cesse détruite par le fonctionnement même du capitalisme basé sur la concurrence qui pousse à la lutte de tous contre tous et au sauve-qui-peut individuel. La bourgeoisie joue sur cette pression sociale pour diviser et opposer les travailleurs les uns aux autres.

Construire une conscience collective a toujours été une démarche politique volontariste du mouvement ouvrier. Il a fallu la force de la volonté et l’acharnement militant pour contrebalancer préjugés et pressions sociales. Il a fallu le dévouement de générations de femmes et d’hommes pour rassembler et organiser les travailleurs dans des sociétés de secours mutuel, des associations, des syndicats, puis des partis politiques. Cela a toujours été un combat. Et rien n’a jamais été acquis car de son côté la bourgeoisie n’a jamais abandonné son travail de sape.

Mais aujourd’hui y a-t-il un parti, un syndicat pour contrebalancer les pressions délétères de la concurrence et pour se battre sur le terrain de cette conscience de classe ? Non. Et on le mesure encore dans le bras de fer que Macron a engagé. Sa réforme du travail ne sera peut-être finalisée qu’en septembre, mais nous sommes déjà en train de prendre du retard.

Tous les ministres se répandent sur les ondes pour le même rabâchage que l’on a eu pour la loi El Khomri. Et au lieu de porter le fer, les confédérations syndicales noient le poisson en laissant croire qu’il y a des marges de manœuvre et de quoi négocier ! Eh bien ce que les confédérations syndicales ne veulent pas faire, il faut que les travailleurs conscients et combatifs le fassent !

Et il ne s’agit pas seulement d’en appeler aux luttes et aux manifestations. Il faut d’abord et avant tout armer politiquement les travailleurs. Cela signifie se battre pour renouer avec ce qui a toujours fait la force de la classe ouvrière contre le patronat : la conscience de classe, celle d’avoir des intérêts opposés au grand patronat et d’être capable de les défendre collectivement.

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Le danger du Front national

La nouvelle poussée du Front national dans les quartiers et les villes ouvrières que l’on a mesurée à la présidentielle rend ce combat crucial. D’un côté il manque des militants pour s’opposer aux divisions aux frustrations, au repli sur soi et au rejet de l’autre. Mais de l’autre côté il y a un parti pour exploiter la situation, exciter le chauvinisme et les préjugés racistes.

Avec près de 11 millions de voix à la présidentielle, le FN est plus présent que jamais. Et les ouvriers, les chômeurs, les jeunes et moins jeunes qui ont voté Le Pen n’ont pas seulement exprimé leur rejet du système, ils ont pris le risque conscient ou pas de la porter au pouvoir.

Certains disent avoir voté FN pour la retraite à 60 ans, d’autres contre l’Europe ou pour plus de protectionnisme. Mais la politique anti-immigré de Le Pen et la préférence nationale ne les ont pas gênés ! Le fait de voter pour une organisation d’extrême droite profondément hostile à la classe ouvrière, à ses organisations, à ses militants et au communisme, ne les a pas plus retenus. Voilà une expression du grave recul de la conscience de classe de certains travailleurs.

Si demain des individus ou des groupes fascisants, encouragés par les scores du FN s’en prenaient physiquement à des travailleurs étrangers, s’il y avait des associations de locataires se battant pour réserver des logements aux familles françaises, comment les électeurs de Le Pen réagiraient-ils ?

La conjonction de la crise économique et de l’instabilité politique est lourde de danger. Des réactions de colère peuvent émaner de catégories diverses et variées. Durant le quinquennat de Hollande, nous avons bien vu des manifestations de droite contre le mariage homosexuel et des manifestations de policiers réclamant plus de répression ! Autant dire que les mobilisations et, y compris celles portées par les travailleurs peuvent prendre des directions complètement opposées : ou bien réactionnaires et antiouvrières, ou bien progressistes et allant dans le sens des intérêts de tous les exploités.

Et c’est précisément dans ces périodes que les travailleurs ont besoin d’avoir conscience de leurs intérêts économiques mais aussi politiques. Si l’on ne veut pas que les explosions sociales soient emmenées vers des impasses ou sur des voies réactionnaires, il faut que les objectifs de combat communs au monde du travail soient présents dans les têtes. Il faut que les travailleurs aient une boussole. Celle-ci ne peut être donnée que par un parti se plaçant clairement sur le terrain des intérêts de classe du monde du travail.

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Objectifs de nos participations électorales : renforcer la conscience de classe

Nous sommes les seuls à défendre une politique lutte de classe et à utiliser les mots de classe ouvrière, d’exploitation, de bourgeoisie et de communisme. Le PCF qui porte encore le nom de communiste les a bannis de son vocabulaire.

Mais quand on les fait entendre, ces mots trouvent de l’écho. A la présidentielle ils ont trouvé l’écho de 230 000 électeurs. C’est faible comparé à l’ensemble de l’électorat, mais dans le combat social, la présence de 230 000 personnes peut contribuer à changer le cours des luttes. Et comment ces femmes et ces hommes ont-ils été touchées ?

La plupart nous sont inconnus et ont justement été touchés par ces mots. Parce que ces idées correspondent à ce que vivent nombre de travailleurs et elles répondent à leurs besoins. Quand on parle d’exploitation, les femmes de ménage des hôtels Campanile qui se battent en ce moment pour un 13ème mois et la possibilité de faire des temps partiels de 30 h au lieu de 25 savent de quoi il retourne ! Comme les travailleurs de chez Tati qui se battent pour sauver leur emploi parce que leur maison-mère ultra-bénéficiaire Eram a décidé de mettre sa filiale en liquidation.

Même les travailleurs de Whirlpool Amiens dont on a vu certains faire la claque pour Le Pen dans l’entre deux tours des présidentielle en savent quelque chose. Parce qu’avant de délocaliser leur multinationale richissime les a pressés comme des citrons, leur reprenant des jours de RTT et leur imposant des samedis travaillés obligatoires pour des salaires bloqués.

Au-delà de notre score, l’élection présidentielle nous a donné la possibilité de porter la voix de centaines de milliers d’ouvriers. Avec les élections législatives nous continuons. Mais il faut que cette voix s’exprime au-delà de ces périodes électorales, au quotidien dans les entreprises, chez Tati, chez Vivarte, chez Whirlpool. Il faudrait qu’elle s’exprime dans les quartiers populaires, dans chaque barre d’immeubles. Pour cela il faudrait des relais, il faut rassembler plus de militants et de sympathisants, il nous faut construire un véritable parti.

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Le Parti

Ce ne sont pas les frustrations et le sentiment d’injustice qui manquent dans les classes populaires. Il manque des militants pour qu’elles se transforment en conscience politique, pour mettre des mots sur la situation, pour donner les explications, pour démasquer les diversions et les mensonges patronaux. Il manque des militants pour aider à prendre du recul et offrir des perspectives. Il manque des militants pour organiser, rassembler et aider à la réussite des luttes.

Et il manque surtout un parti capable de regrouper ces militants de façon à transformer une multitude de volontés individuelles en une volonté collective unique autour d’une politique élaborée et défendue en commun.

Notre raison d’être est là : construire ce parti !

Il faut un parti qui n’attende pas le changement des élections parce que le véritable pouvoir n’est pas dans les mains du président et de ses ministres mais dans celles du grand patronat. Et qu’au-dessus des lois décidées au parlement, il y a le système capitaliste qui impose ses propres lois : les lois du profit et de la concurrence et de la compétitivité.

Il faut un parti qui dise aux travailleurs que si l’on ne peut rien changer de l’intérieur du système politique, il est possible de le faire en s’appuyant sur les luttes collectives des travailleurs. Car ils ne sont pas démunis face au pouvoir du capital et qu’ils constituent au contraire une force puissante à condition d’en être conscients et d’avoir l’envie d’agir.

Il faut un parti qui ait la volonté et la capacité d’intervenir dans tous les domaines de la vie sociale pour faire prévaloir les intérêts des travailleurs. Cela nécessite que le monde du travail retrouve sa fierté et confiance en lui-même malgré toutes les trahisons subies.

Dans cette société qui mesure la valeur d’un être humain à l’épaisseur de son portefeuille, à la cylindrée de sa voiture ou au standing de sa maison, tout est fait pour rabaisser les travailleurs, l’ouvrier, l’employé, le facteur, l’infirmière. Mais qui produit ces fameuses cylindrés, qui remplit les portefeuilles des grandes fortunes et construisent leurs palaces ?

Alors oui, les travailleurs doivent marcher la tête haute et affirmer leur fierté de tout produire, de soigner, d’éduquer, de permettre à tous de circuler, de se nourrir…Oui, il faut affirmer que nous sommes mille fois plus utiles que tous ces parasites qui nous font la leçon ! Il faut un parti qui popularise l’idée toute simple que les travailleurs font tout dans cette société et doivent collectivement en devenir les maîtres !

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Contre les idées nationalistes/protectionnistes du PCF et de Mélenchon, renouer avec la conscience de classe et internationaliste

Alors que la bourgeoisie a toujours joué du nationalisme et du patriotisme pour embrigader les travailleurs derrière ses intérêts, le mouvement ouvrier révolutionnaire s’est construit sur l’appel de Karl Marx « prolétaires de tous les pays unissez-vous ». Que reste-il aujourd’hui de ce capital politique ?

Prenez Jean-luc Mélenchon qui a attiré une grande partie de l’électorat de la gauche dite radicale. Pour montrer que son mouvement n’avait rien à voir avec les idées communistes et internationalistes, il est allé jusqu’à interdire les drapeaux rouge et l’Internationale dans ses rassemblements, n’autorisant que les drapeaux bleu blanc rouge et la Marseillaise.

Il a mis au cœur de son programme la lutte contre l’Union européenne et ses traités. Il a prôné le recentrage de l’économie sur le local, avec une bonne dose de protectionnisme. Pour le différencier son protectionnisme de celui de Le Pen, il l’a nommé « solidaire » mais il véhicule la même idée fondamentale : le danger réside dans la concurrence d’autres travailleurs et dans l’ouverture des frontières.

Ces idées ne sont pas nouvelles. Dès 1914, le Parti socialiste a bazardé l’internationalisme pour embrasser l’esprit cocardier et le drapeau de la bourgeoisie. Le PCF qui lui avait succédé comme grand parti ouvrier a ensuite défendu repris à son compte le chauvinisme pour le perpétuer jusqu’à aujourd’hui au travers du « produire français » et la défense de « l’industrie française ». Ces mots d’ordre n’ont plus rien à voir avec les idées de lutte de classe.

Pendant que les licenciements, les fermetures d’entreprises et le chômage sont mis sur le dos de l’Union européenne et de ses traités, les requins capitalistes peuvent continuer d’agir en toute impunité. Le patronat peut bloquer les salaires, aggraver l'exploitation au travers des hausses de cadences, de réduction des pauses, des réorganisations, du recours aux heures supplémentaires.

La fortune de Besnier, propriétaire de Lactalis, un patron bien français, a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années pour atteindre 10,5 milliards d'euros, le 8ème rang des fortunes du pays. Comment ? En rançonnant les agriculteurs qui produisent le lait. Mais… c’est encore l’Union européenne qui est accusée ! Les grands actionnaires peuvent se frotter les mains, il n’est jamais question de leur rapacité, ou de leur irresponsabilité, l’Union européenne leur sert de paravent.

Que ces idées soient défendues par Le Pen, les souverainistes de droite, les socialistes du genre de Montebourg, Mélenchon ou le PCF, elles font le jeu du patronat, elles brouillent les consciences et affaiblissent le monde du travail.

Etre dans le camp des travailleurs ce n’est pas opposer les travailleurs des différentes nations les uns aux autres, c’est reconnaître et dénoncer la guerre de classe que la bourgeoisie mène aux exploités, à tous les exploités, quel que soit leur pays.

Etre dans le camp des travailleurs c’est ne pas faire de différence entre travailleurs. C’est affirmer que les chômeurs français comme les chômeurs étrangers sont tous des chômeurs du capitalisme, des victimes au même titre de la classe capitaliste.

Etre dans le camp des travailleurs, c’est être internationaliste et militer pour diffuser auprès des exploités la conscience d’appartenir à la même classe sociale. Etre dans le camp des travailleurs c’est avoir pour perspective de combattre l’exploitation et renverser le capitalisme. C’est être communiste.

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Des perspectives communistes

Nous sommes communistes parce que nous combattons l’exploitation de l’homme par l’homme et toutes les formes d’oppression qui en découlent. Nous sommes communistes parce que nous aspirons à une société gérée fraternellement et démocratiquement par la collectivité de ceux qui travaillent et produisent.

Du rêve, de l’utopie nous répond-on souvent ! Non ! L’utopie est de croire que l’humanité a un avenir dans le cadre du capitalisme. 8 personnes possèdent l’équivalent de la moitié de l’humanité. En France 21 milliardaires possèdent autant que 25 millions de femmes et d’hommes ! Et c’est cette minorité qui du haut de son capital domine et oriente toute l’économie et la société.

Nos emplois, nos conditions de travail et de vie, la façon dont nous mangeons et nous nous déplaçons, l’air que nous respirons, l’avenir de la nature et même de la planète dépendent de décisions prises par quelques milliers de grands actionnaires. Des géants de l’industrie et de la finance sont transformés en vulgaire marchandises soumises aux aléas du marché, de la concurrence et de la spéculation.

L’économie capitaliste est un casino où rien n’est organisé, anticipé, planifié. Faire du profit, le plus vite possible en faisant tout et n’importe quoi, est érigé en vertu absolue quand bien même cela conduit l’économie à la ruine les peuples à la misère et la planète à sa destruction.

Ici, la société se délite petit à petit. Oh il n’y a pas eu de tsunami ni de séisme et pourtant en 20 ans, la situation s’est considérablement dégradée. Le chômage, les inégalités, les frustrations, la marginalisation des uns, le rejet des autres, l’insécurité ont tendu tous les rapports sociaux. Et maintenant voilà qu’il nous faut vivre avec la menace terroriste, l’armée dans la rue, la présence policière permanente.

Et où est le développement des pays pauvres que l’on nous promet depuis un siècle ? En lieu et place du développement de la civilisation et de l’humanité, ce sont les tensions internationales et les guerres qui se multiplient à l’échelle de la planète. On laisse des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes se noyer chaque année dans la Méditerranée ! Alors que tous ceux qui ont un portefeuille bien garni peuvent passer toutes les frontières, on enlève le seul moyen que les pauvres ont de s’en sortir : la liberté de circuler !

Jusqu’où allons-nous aller dans la déshumanisation ? Pourquoi ce gâchis alors qu’on a les moyens de répondre aux besoins de toute l’humanité ? Ces questions se posent à nous tous et en particulier à la jeunesse qui représente l’avenir.

Je le dis aux plus jeunes :

Rejetez l’individualisme et le carriérisme. Ne vous accommodez pas des injustices et de la barbarie montante ! N’acceptez pas ceux qui veulent vous ramener en arrière avec les préjugés nationalistes, racistes, les idées mystiques ou les idées rétrogrades par exemple sur la place des femmes dans la société.

Tout cela ne disparaîtra que si la société se transforme en profondeur. Que si l’exploitation laisse place à une société libre où chacun prendra part à la vie sociale tout en choisissant sa vie.

Alors rejoignez-nous dans le combat révolutionnaire, pour que les générations futures puissent construire une société de justice, de fraternité, enfin débarrassée des classes sociales et de l’exploitation ! Œuvrez pour transformer la société en liant votre sort à celui du combat des travailleurs !

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Les élections législatives

Comparé à cette ambition, les élections législatives peuvent apparaître dérisoire. Et nous le savons par avance, nos scores seront faibles parce nous allons à contre-courant. Mais il n’y a pas de petits combats. Au foot, on dit qu’il faut courir sur toutes les balles, en politique aussi.

Les élections législatives sont une nouvelle occasion de faire entendre le camp des travailleurs, de montrer qu’il y a des femmes et des hommes conscients de leurs intérêts et des combats qui les attendent.

Tout au long de cette période électorale, la bourgeoisie a poursuivi les fermetures d’entreprise, les licenciements. Elle a continué la guerre aux travailleurs en aggravant les cadences, les samedis travaillés obligatoires, les salaires bloqués pour augmenter ses profits … Et combien d’agriculteurs, d’artisans, de petits commerçants sont étranglés par les banques et les grandes entreprises capitalistes de leur secteur ?

Et cela va continuer car le gouvernement Macron fera ce que les banquiers et le grand patronat lui demanderont. Une de ses premières mesures a été de suspendre le compte pénibilité c’est tout un symbole ! Il ne peut y avoir aucun doute : ce nouveau gouvernement va attaquer les travailleurs. Il parle de libérer le travail, c’est l’exploitation qu’il va libérer !

Et il suffit de voir les ralliements dont il bénéficie, il trouvera les députés pour voter ses réformes antiouvrières : la casse du Code du travail, la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires, l’augmentation de la CSG.

Alors la seule opposition qui comptera sera celle que les travailleurs imposeront au travers de leurs grèves et de leurs mobilisations pour se défendre.

Pour nous, travailleurs, chômeurs, retraités, jeunes des classes populaires qui sommes victimes de la domination du grand capital, l’avenir ne se joue pas au fond des urnes, il dépend de nos luttes contre la classe capitaliste, de notre organisation et de notre conscience collective.

Construire une opposition qui représente nos intérêts de classe est d’autant plus important que le Front national a gagné en influence et détourne les travailleurs de leur véritable combat en désignant comme boucs émissaires les immigrés, qui sont nos frères de classe. En occultant les responsabilités du grand patronat le Front National défend comme Macron le pouvoir des capitalistes.

Contre les démagogues, nous devons mettre en avant nos exigences : un emploi pour tous, un salaire, une retraite, un logement correct. Il faut faire entendre les intérêts de notre camp.

Ce combat se mène dans les échéances électorales mais il faut des femmes et des hommes pour le poursuivre au quotidien dans les entreprises et dans les quartiers. Alors rejoignez-nous, aidez nous à construire le parti qui manque aux exploités, ce n’est pas seulement défendre leurs intérêts dans le cadre du capitalisme, c’est œuvrer pour le renversement de la société d’exploitation.

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Camarades, chers amis,

Nous avons encore une semaine pour faire campagne. Une semaine pour continuer de populariser les objectifs qui correspondent aux intérêts du monde du travail :

- l’Interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous sans diminution de salaire pour mettre fin au chômage ;

- l’augmentation des salaires et indexation sur la hausse des prix et des taxes ; pas un salaire, pas une pension à moins de 1800 euros nets

- la suppression du secret des affaires, afin que les travailleurs et la population puissent mettre en lumière les méfaits des groupes capitalistes

- l’utilisation de l’argent public pour les services publics utiles à la population, et non pour le profit privé

Ce n’est pas un programme électoral, ce sont des objectifs de lutte qui correspondent aux nécessités vitales et qui peuvent inverser le rapport de force entre les travailleurs et le grand patronat.

Car encore une fois, aucun vote ne nous permettra de faire l’économie de la lutte collective.

Dernièrement Mélenchon a affirmé « vous avez une bombe atomique entre les mains : vos bulletins de vote. Economisez-vous des km de manifs en votant France insoumise ». C’est ridicule et profondément illusoire et démoralisant. Ça l’est en cas de défaite et ça l’est aussi en cas de victoire.

Parce que si, par on ne sait quel miracle électoral, Mélenchon décrochait la majorité absolue et s’imposait premier ministre, le pouvoir du grand patronat sur les entreprises et sur la vie de millions de salariés serait inchangé. Loi Macron ou non, le grand patronat continuerait ses attaques et oui, il en faudrait des km de manifestations et des jours de grève.

Beaucoup de travailleurs se raccrochent aux élections et croisent les doigts quand bien même ils sont allés de désillusions en désillusions. Parce qu’ils ne se sentent pas capables de se battre collectivement. Et il y a toujours un politicien pour se transformer en sauveur suprême. Il faut prendre le contre-pied de ces illusions.

Non, ce n’est pas l’opposition à l’Assemblée nationale qui protègera les travailleurs, c’est l’opposition qu’ils seront en mesure de construire dans les entreprises et dans les quartiers populaires.

Que le monde du travail envoie ses représentants à l’Assemblée serait important. La présence de députés communistes révolutionnaires dans cette assemblée de beni-oui oui et de politiciens véreux permettrait de porter leur voix et de faire entendre leurs intérêts dans le débat politique. Oui des députés communistes révolutionnaires contribueraient à armer politiquement le monde du travail. Mais ils ne pourraient pas se substituer à ce que les travailleurs sont les seuls à faire : mettre la pression sur le grand patronat.

Du fait de l’absence de proportionnelle dans ces élections et vu le rapport de force électoral, nous n’aurons sans doute pas de députés. Mais cette campagne nous offre déjà une tribune supplémentaire pour nous adresser à plusieurs millions de femmes et d’hommes.

La présence de candidats communistes révolutionnaire dans toutes les circonscriptions du pays montre la permanence d’un courant politique. Elle permettra à tous ceux qui partagent notre révolte et nos perspectives de l’exprimer. Dans cette période de recul où beaucoup peuvent se sentir isolés, c’est quelque chose de précieux.

Chacun pourra mesurer dans son village, dans son quartier, dans sa ville qu’il n’est pas seul et qu’il s’inscrit dans un courant de plusieurs centaines de milliers de femmes et d’hommes. Un courant minoritaire certes, mais un courant tenace qui existe à l’échelle du pays et qui est fier de ses idées. Un courant de femmes et d’hommes bien décidés à ne pas se laisser faire.

Le 11 juin, votez pour les candidats de Lutte ouvrière pour nous aider à préparer l’opposition nécessaire et contre le gouvernement et contre le grand patronat qui tire les ficelles.

Je vous souhaite une bonne fête et bon courage pour poursuivre le combat.