Allocution de Nathalie Arthaud à la fête de Maisons Alfort

Meeting
14/02/2016

Travailleuses, travailleurs, chers amis,

Je vous souhaite la bienvenue. Avant de passer à table je voudrais dire quelques mots de la situation politique et un mot du remaniement. Le journal le Parisien a résumé l’essentiel en titrant, « Hollande, Monsieur Bricolage ».

C’est en effet du bricolage politicien. Hollande a fait rentrer dans le gouvernement les trois écolos qui trépignent devant sa porte depuis des mois. Et il fait du recyclage en rappelant Ayrault, son ancien premier ministre aux Affaires étrangères.

Cela n’a aucune espèce d’intérêt pour les classes populaires.

D’ailleurs Hollande l’a rappelé, il  continuera sa politique patronale.  Parce que n’en déplaisent à Fillon, Juppé, Sarkozy, qui passent leur temps à dire que Hollande n’a pas de cap, pas de colonne vertébrale, en matière d’attaques anti-ouvrières, Hollande les dépasse tous d’une tête : compétitivité, cadeaux au patronat, casse du code du travail, travail du dimanche, Hollande a poussé la destruction des droits des travailleurs au-delà de ce qu’a fait la droite.

Depuis près de 4 ans, la politique de Hollande est une longue suite de reniements et de trahisons.

Hollande a fait campagne en désignant la finance comme son ennemi, il finit flanqué d’un ministre de l’économie, ancien de la banque Rothschild qui ne jure que par la réussite individuelle. Il avait promis de plafonner les salaires exorbitants des PDG, il plafonne les indemnités prud’homales. De la lutte contre le chômage, il est passé, en voulant diminuer les allocations chômage, à la lutte contre les chômeurs !

Pendant sa campagne, Hollande avait fait le tour des salariés menacés par la fermeture de leur usine, il était allé faire des promesses auprès de ceux d’Arcelor Mittal, de PSA, de Goodyear, il les avait tous assuré de leur soutien ; aujourd’hui, les trois usines ont fermé, la plupart des ouvriers pointent à Pôle Emploi et pire, certains d’entre eux, les huit de Goodyear, sont menacés de se retrouver derrière les barreaux ! Alors oui il y a de qui être écœuré et en colère !

La colère, on l’a vue s’exprimer ces deux dernières semaines. C’était les chauffeurs de taxis, puis les chauffeurs de VTC et bien sûr les éleveurs et les producteurs de lait qui se battent pour leur gagne pain, leurs conditions de vie. Alors, la question qui se pose, c’est à quand la mobilisation des salariés, des ouvriers, des employés, des techniciens, des personnels hospitaliers, des enseignants ? À quand la mobilisation du monde du travail ?

 

Des raisons de contester, nous en avons tous : blocage des salaires, augmentation du temps de travail, augmentation de la charge de travail et bien sûr ce chômage dont nous sommes tous victimes directement ou indirectement…

Alors ce ne sont pas les raisons de contester qui manquent. Ce qui manque encore, c’est la confiance en nos forces et dans notre capacité à réagir collectivement. Eh bien il faut faire en sorte que les travailleurs retrouvent l’énergie et les moyens de se défendre.

L’envie de se défendre parce que, quand à l’autre pôle de la société, l’argent dégouline, lorsque les grandes banques affichent des 3, 4, 5 milliards de profits, quand les grands groupes se rachètent à coups de dizaines de milliards et servent des dividendes royaux aux plus riches, toutes ces attaques sont des provocations.

Et pourquoi tous ces sacrifices ? Pour cette économie folle dont on dit qu’elle peut craquer d’un jour à l’autre parce que la spéculation est alimentée par des milliers de milliards ?

La classe qui domine aujourd’hui est aussi avide qu’irresponsable et tout ce qu’elle mérite, c’est que la colère sociale fasse tâche d’huile et que le monde ouvrier entre dans la danse avec toute la force sociale qu’elle représente pour arrêter les attaques contre le monde du travail dans son ensemble.

Sur le plan économique et social, il n’y a plus de différence entre le PS et la droite depuis fort longtemps. Mais jusqu’à présent, les dirigeants du PS tenaient à se distinguer de la droite sur le plan sociétal.

Aujourd’hui c’est terminé. Les attentats de l’année 2015, l’émotion et la peur du terrorisme, ont fourni à Hollande et à Valls l’occasion d’un virage sécuritaire brutal.

Etat d’urgence prolongé, déchéance de nationalité, pouvoirs de la police et de l’administration renforcés : Hollande et Valls épousent et alimentent la droitisation. Et le revirement est grossier quand on souvient que Hollande s’est fait élire en promettant le droit de vote des étrangers aux élections. Alors voilà, le Parti socialiste prétend lutter contre le Front national mais il va chercher dans le programme des Le Pen et dans celui de la droite les mesures les plus crasses. Lui aussi cultive la suspicion,  et l’amalgame qui favoriseront les replis identitaires et le communautarisme. 

C’est de la part de Hollande et de Valls, de l’opportunisme le plus abject qui soit. Mais c’est aussi une nécessité.

On l’a vu dans les différentes élections, la politique économique et sociale du gouvernement sape ses bases électorales. Elle le coupe de l’électorat populaire qui entraîné par le PC finissait toujours par voter pour le PS. Autrement dit, elle condamne le PS sous la forme qu’on lui connaît depuis des décennies.

Se faire élire par les classes populaires pour mener une politique contraire à leurs intérêts, cela ne peut pas durer indéfiniment. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Manuel Valls demande un recentrage du PS depuis longtemps.

Eh bien aujourd’hui, la situation politique lui en donne la possibilité. L’abandon revendiqué des valeurs ouvrières qui lui étaient encore associées et son virage sécuritaire lui permettent de trouver l’oreille d’un nouvel électorat, de s’adresser aux couches plus petite-bourgeoises, de toucher l’électorat du centre, et pourquoi pas l’électorat de droite à qui Sarkozy donne des boutons !

Tout cela pour dire que le parti socialiste, qui constitue le pivot de la gauche depuis près de 40 ans, est en train de mourir de sa belle mort. Hollande, Valls et Macron sont en train de l’enterrer. Et il n’y a pas à s’en émouvoir ou à le regretter. C’est une clarification politique, parce que cela fait longtemps que le PS ne représente plus les intérêts des travailleurs.

Les dirigeants du PS ne veulent plus se sentir lié de quelque façon que ce soit à son passé et au mouvement ouvrier, eh bien il ne faut plus que le monde du travail se sentent de quelque façon lié à ce parti.

 

Vu la droitisation du PS, il suffira de brandir quelques principes d’égalité, de tolérance ou de parler de « l’intérêt général » pour revendiquer l’étiquette de gauche. Autant dire que les prétendants à la reconstruction de la gauche risquent d’être nombreux.

Aujourd’hui cela va déjà de Taubira, gênée peut-être par la déchéance de nationalité mais pas du tout par le fait que des ouvriers se retrouvent en prison, jusqu’au Parti communiste en passant bien sûr par Mélenchon, Duflot, Hamon, Montebourg et Nicolas Hulot.

D’ici la présidentielle, les manœuvres et les empoignades vont donc se multiplier. Cette semaine, Mélenchon a annoncé sa candidature pour la présidentielle. Non seulement il l’a fait contre l’avis du PC, son principal partenaire dans le Front de gauche, mais il l’a fait sans même se donner la peine de l’avertir. Mélenchon compte peut-être sur les militants PC pour coller ses affiches et faire sa campagne, mais s’adresser à eux, c’est le dernier de son souci ! Tout ça, alors que les uns comme les autres n’ont que le mot unité à la bouche ! 

Nous ne participerons à aucune de ces tentatives qui consistent toutes à ressusciter la « gauche ». Se fixer un tel objectif est aussi vague que trompeur. Faut-il rappeler que Hollande, Valls et Macron se revendiquent toujours de la « gauche » ? Faut-il rappeler que, de Mitterrand à Hollande, tous se sont présentés comme des candidats « vraiment » à gauche et quà chaque fois, il y a eu tromperie sur la marchandise ?

Faut-il rappeler l’échec cruel de la politique « vraiment à gauche » de Tsipras en Grèce ? 

Continuer de raisonner en termes de gauche et de droite ne rime plus à rien. Cette division ne recouvre plus qu’un jeu entre politiciens qui se concurrencent pour la mangeoire mais qui sont fondamentalement respectueux du système capitaliste et de l’ordre bourgeois.

Se présenter aux élections en promettant des avancées pour les classes populaires mais sans expliquer qu’il faudra les arracher contre le grand capital, qu’il faudra s’opposer à la bourgeoisie, à la loi du profit et à tout son système, c’est se préparer à trahir les intérêts des travailleurs.

Les véritables frontières politiques ne sont pas entre la droite et la gauche. Elles sont déterminées par les intérêts de classe. Par les intérêts des travailleurs, des exploités d’un côté, et de l’autre par les intérêts du grand patronat, de cette poignée de capitalistes qui décident seuls de toute l’économie et qui traitent les travailleurs comme des pions.

Si l’on veut que la politique change réellement, si on ne veut plus de cette fausse alternance gauche droite, il faut que les travailleurs eux-mêmes interviennent et pèsent à nouveau sur la vie politique en se battant. La politique et la vie des travailleurs changeront si le rapport de force entre les travailleurs et le patronat change, si les travailleurs se lèvent à nouveau pour leurs intérêts.

Au lieu de véhiculer de nouvelles illusions dans des politiciens qui ne méritent pas la confiance des travailleurs, il faut encourager ces derniers à mettre en avant leurs intérêts et leurs perspectives de changer la société, de renverser le pouvoir du grand capital qui nous emmène dans le mur.

 

Le recul actuel est matériel mais il est aussi moral et politique. On le voit au travers de l’emprise croissante du FN et du retour en force d’idées réactionnaires, des pratiques religieuses, des replis identitaires et pire encore, par cette attirance morbide du terrorisme qui existe dans la jeunesse.

Cette montée des idées réactionnaires s’explique par la crise et l’exacerbation de la concurrence, du chacun pour soi. Elle trouve son terreau dans notre société qui exclut, marginalise encore et toujours. Mais elle s’explique aussi par un long recul du mouvement ouvrier lui-même, par l’affaiblissement des réseaux militants et par le recul des idéaux portés par le mouvement ouvrier.

Aujourd’hui le FN se développe sur les trahisons et sur les décombres de la gauche. Les dernières élections régionales l’ont montré. L’emprise croissante du FN dans une région comme le Nord Pas de Calais Picardie, une région à tradition ouvrière et socialiste, s’explique par la faillite politique de la gauche. Parce que ce sont bien le PS et le PC qui recueillaient, il y a peu, les voix de cet électorat. Ils n’en conservent aujourd’hui qu’une petite partie. Parmi leurs ex-électeurs certains, écœurés, se sont réfugiés dans l’abstention et beaucoup d’autres, beaucoup trop, ont basculé dans le vote Front national.

Et cette évolution, elle se mesure aussi ici dans la région parisienne. En Seine Saint Denis, dans ce qu’on a appelé « la banlieue rouge » car les mairies y étaient communistes depuis des décennies, regardez où nous en sommes. La droite dirige maintenant Aulnay, Le Blanc Mesnil, Drancy, Bobigny et Villepinte. Et le Front national ne cesse de monter.

Les électeurs du FN ne sont pas devenus subitement racistes et encore moins fascistes. Nous en connaissons tous et nous savons que la plupart l’ont fait d’abord et avant tout pour rejeter la politique du PS, pour se venger du PS mais aussi du PC parce qu’ils ont été trahis et abandonnés. 

Pendant des décennies, ces électeurs sont restés fidèles au Parti socialiste et au Parti communiste. Et ils en ont avalé des couleuvres ! Sous Mitterrand déjà qui avait instauré la rigueur, et qui avait fini par encenser la Bourse. Sous Jospin et ses fameuses « ouvertures de capital » qui n’étaient rien d’autre que des privatisations et que des ministres communistes ont ordonnées.

Ce sont les militants ouvriers, syndicalistes ou associatifs, qui ont été les plus désarçonnés par les reniements et les capitulations des gouvernements socialistes. Eux qui avaient convaincu leurs camarades de travail de voter pour la gauche se sont retrouvés maintes et maintes fois à justifier des mesures qu’ils avaient toujours combattues. Jusqu’à ce qu’ils finissent eux-mêmes par se sentir trahis, par abandonner leur activité militante et pire encore, par perdre confiance dans les idées qui les avaient toujours animés.

Peut-être que certains ici se disent que cela n’explique pas tout et qu’il faut être sacrément déboussolé et inconscient pour voter en faveur d’un parti d’extrême-droite comme le FN. Eh bien oui, mais ce sont justement ces principaux partis de gauche qui ont déboussolé et brouillé les consciences de ces hommes et de ces femmes.

C’est le rôle d’un parti ouvrier, d’une direction et des militants de permettre aux exploités de comprendre la situation. C’est le devoir d’un parti ouvrier de dire en quoi ceux qui prétendent gouverner sans remettre en cause le pouvoir du capital, le pouvoir de la bourgeoisie et des plus riches se vouent à servir ce système… C’est son devoir de faire découvrir aux travailleurs qui sont leurs amis, leurs faux amis et leurs vrais ennemis. 

Le PS a joué le rôle inverse en trompant les travailleurs des décennies durant. Mais le Parti communiste n’a pas plus joué ce rôle. Le PC s'est construit au lendemain de la première guerre mondiale pour relever le drapeau de la révolution piétiné par le PS. Dans ses premières années, en regroupant les travailleurs les plus combatifs et les plus conscients enthousiasmés par la révolution russe, le PC a contribué à écrire les pages les plus glorieuses du mouvement ouvrier.

Mais, très vite tombé sous la coupe stalinienne il a fini, lui aussi, par s'intégrer au système de la bourgeoisie. Lui aussi s’est mis à entonner que les frontières politiques passaient entre la gauche et la droite. Que voter à gauche allait changer la vie des travailleurs ! Pendant des décennies, le PC a été complice de l’imposture du PS.

Le mouvement ouvrier s’était toujours battu pour diffuser une conscience internationaliste parmi les travailleurs et pour dénoncer le patriotisme de la bourgeoisie qui cache toujours des visées impérialistes. C’était ce que signifiaient l’internationale et le drapeau rouge.

Non seulement le PCF n’a pas combattu dans ce sens, mais il a présenté le nationalisme, le produire français et les frontières comme une façon de se protéger de la concurrence alors que les travailleurs avaient à se protéger des capitalistes et de ceux qui les exploitent. Si bien qu’aujourd’hui Marine Le Pen peut citer Georges Marchais pour justifier la préférence nationale !

Tout cela a faussé les repères politiques et contribué à la désorientation politique de la classe ouvrière que l’on constate aujourd’hui. Le problème n’est pas de ressasser le passé. Il s’agit bien du présent. Il faut que les militants qui n’ont pas renoncé et qui veulent aujourd’hui reconstruire comprennent à quel moment le mouvement ouvrier a dévié. Ils doivent comprendre comment la bourgeoisie s’est servi des partis que les travailleurs s’étaient construits et les a retournés contre eux. C’est nécessaire pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Le mouvement ouvrier a été affaibli parce que les partis ouvriers ont abandonné les idées de lutte de classe. Mais les travailleurs sont là et bien là. Et ils sont toujours indispensables au fonctionnement de la société. Ce sont eux qui font tourner la machine à profits et ils se battront à nouveau parce que la lutte de classe n’est pas une invention des révolutionnaires, c’est la vie et c’est même le moteur de l’histoire.

Nous plaçons notre confiance dans les travailleurs, dans leur capacité collective à révolutionner la société par en-bas. Dans le passé, ils ont prouvé qu’ils pouvaient le faire.

Avec la commune de Paris de 1871 mais aussi avec la révolution russe de 1917, ils ont fait la preuve qu’ils pouvaient transformer la société, en créer une autre radicalement différente basée sur la propriété collective. Une société sans patrons, sans la domination de l’argent et du profit. Une société et une économie d’abord organisées pour répondre aux besoins de toute la population.

En sachant tirer toutes les leçons de leur expérience, de leurs succès et de leurs échecs, en renouant avec le meilleur du mouvement ouvrier, celui qui leur a fait gagner de grandes batailles, les travailleurs feront, à nouveau, progresser toute la société.  

 

Il faut reconstruire. Il y a un tas de choses à faire. Avec la montée du FN d’un côté, le terrorisme de l’autre, tout concourt à exacerber le racisme, la méfiance et le rejet de l’autre. Ce sont là des éléments d’un engrenage mortel.

Mais encore une fois cette évolution réactionnaire encouragée d’ailleurs par les grands partis qui se targuent d’être républicains, est la conséquence de décennies de reculs du mouvement ouvrier. Elle provient du recul de la conscience de classe. Il faut contribuer à ce qu’elle renaisse. Et cela passe par la renaissance d’un parti qui, sur tous les évènements, prennent position du point de vue des intérêts des travailleurs, d’un point de vue de classe.

 Contre les divisions semées dans la classe ouvrière d’ici, il faut affirmer la conscience de nos intérêts communs par-delà la diversité de nos métiers, de nos origines, de nos statuts. On nous rabâche que notre identité dépend de notre origine, de notre nationalité ou de notre confession. Mais un aspect essentiel de notre vie et de notre identité, c'est que nous sommes des travailleurs, des ouvriers, des employés, des gardiens, aides-soignantes, des caissières, des enseignants.

Cela nous unit, au-delà de nos différences, alors il faut serrer les rangs et rejeter ceux qui veulent dresser un mur entre nous, et affirmer notre conscience d'appartenir à une seule et même communauté, celle des travailleurs et des exploités. 

Contre la guerre et les bombardements sur la Syrie et l’Irak, il faut affirmer que le terrorisme est le fruit pourri de l’impérialisme. Le chaos qui règne dans ces régions, Daech qui exerce une des dictatures les plus féroces sont le produit des rivalités, du pillage et de l’oppression des grandes puissances, des Américains, de l’Arabe Saoudite, du Qatar, de la Russie sans oublier la France. Avec leurs bombes et leurs manœuvres actuelles, ils vont créer de nouveaux monstres. Alors à bas la politique impérialiste et les interventions guerrières de la France !

Contre le sort inhumain qui est fait aux migrants, il faut affirmer pour tous les exploités la liberté de circulation et d’installation. Les migrants qui ont réussi à traverser la Méditerranée sont des survivants. On ne peut pas accepter qu’ils se heurtent, en Europe, aux murs et aux barbelés et qu’ils prennent encore le risque de mourir asphyxiés, électrocutés ou d’épuisement.

 En leur assurant la liberté de circulation et d’installation, il n’y aurait pas de camp ni à Calais ni à Dunkerque, les réfugiés se répartiraient d’eux-mêmes à l’échelle du continent européen, ils pourraient s’appuyer sur des membres de leurs familles et sur toutes les bonnes volontés qui existent. C’est la fermeture des frontières qui créé le drame humain des migrants aujourd’hui.

Si nous acceptons de laisser mourir les femmes et les hommes qui frappent à nos portes parce qu’ils ne peuvent plus vivre chez eux, demain, on nous forcera à accepter que l’on abandonne des travailleurs bien d’ici, avec la même indifférence. Eh bien il faut que les travailleurs les accueillent à bras ouvert, et en fassent au plus vite, des frères de classe et des frères de combat pour changer de fond en comble ce monde inhumain.

Contre l’organisation capitaliste de l’économie, il faut affirmer les perspectives communistes. Nous ne sommes pas condamnés à cette dictature d’une poignée de grands actionnaires ! Ils sont à la tête d’un système aussi injuste qu’irrationnel.

Il n’y a jamais eu autant de richesses et pourtant on ne nous parle que de crise, de déficits. On nous met dans le crâne qu’il faut accepter des sacrifices, accepter de vivre moins bien que nos parents. Et c’est sans parler de ce qui se passe dans les pays plus pauvres !

Il faut mettre fin à l’obstacle que constitue la propriété privée des moyens de production, des usines, des banques, des transports et des grandes chaînes de distribution, qui empêche toute organisation rationnelle, collective, humaine de l’économie.

La mise en commun des richesses de la société, des moyens de les produire et de les partager est le sens profond du mot communisme. Ce mot « communisme » a été dénaturé et transformé en son contraire. Mais il est un des mots les plus riches de significations, les plus beaux.

Il a surgi des rêves égalitaires de l’humanité depuis des temps immémoriaux. Et les combats passés du mouvement ouvrier l’ont sorti du domaine des utopies et l’ont transformé en projet conscient. Celui de mettre en commun nos moyens de production pour maîtriser notre économie et notre vie sociale.

Le chacun-pour-soi, la lutte individuelle pour la vie pourraient enfin céder la place à la conscience collective que l’humanité est une et indivisible et qu’elle a les moyens d’assurer une vie digne à chacun de ses membres.

La seule force sociale capable de transformer la société dans ce sens, ce sont les travailleurs. Même si aujourd’hui ils sont abattus, divisés et passifs, nous sommes convaincus qu’ils reprendront le combat parce qu’ils n’auront pas le choix. Parce que ni le patronat ni le gouvernement ne leur feront de cadeaux. Comme l’a dit cette semaine un ancien salarié de Goodyear, un de ceux condamnés à de la prison, nous sommes tous condamnés à nous battre.

Tôt ou tard, les travailleurs chercheront le chemin pour un avenir meilleur. Il faut qu’ils puissent trouver celui mène vers le communisme.