Discours de Nathalie Arthaud au meeting de Valence

Meeting
22/01/2017

Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades

 

Le sens de ma candidature et dénonciation des autres candidats

Je me présente à l’élection présidentielle pour faire entendre le camp des travailleurs. Pour mettre en avant les intérêts des ouvriers, des employés, les intérêts des travailleurs condamnés au chômage et aux petits boulots, les intérêts des travailleurs en invalidité ou à la retraite.

Je suis candidate pour que les millions de femmes et hommes qui font tourner l’économie dans des conditions de plus en plus dures, tout en étant payés une misère, puissent dire qu’ils existent, qu’ils sont les forces vives de ce pays et qu’ils ont des droits pour lesquels ils veulent se battre.

Quand on appartient au monde du travail, voter pour Le Pen, Fillon, Valls, Montebourg, Hamon ou Macron, c’est voter contre son camp, contre ses intérêts. C’est tendre le bâton pour se faire battre ! Parce qu’ils aspirent tous à gouverner pour le compte de la bourgeoisie. Ils sont socialement étrangers à la classe ouvrière et, malgré leurs discours hypocrites en période électorale, ils lui sont hostiles.

Fillon vise les voix de la France des beaux quartiers et il a le mérite, si l’on peut dire, d’annoncer la couleur. S’il est élu, ce sera la loi El Khomri puissance 10, la fin de la sécurité sociale, la suppression de centaines de milliers de postes de fonctionnaires…

Mais regardez comment les candidats du PS cherchent encore à nous balader ! Pendant ces cinq dernières années, ils ont fait reculer l’âge de la retraite, ils ont augmenté la TVA. Ils ont aidé le grand patronat à baisser les salaires, à augmenter le temps de travail. Ils l’ont aidé à licencier. Et lorsque des travailleurs ont réagi en se battant par exemple contre des fermetures d’usine ou des plans de suppression d’emploi, à PSA Aulnay, Goodyear, à Air France ou contre la loi travail, ils les ont traités comme des délinquants et des voyous.

Et les voilà aujourd’hui qu’ils nous reparlent de justice sociale. Ils ont même redécouvert l’existence des ouvriers et de nos problèmes de salaire ! Montebourg parle de la fiche de paye, Hamon du revenu universel, Valls du revenu décent et Peillon essaye de vendre son bouclier fiscal. Pour augmenter le pouvoir d’achat des classes populaires, ils prévoient tous de jeter leur petite piécette aux plus pauvres ! 

Mais on ne veut ni de leurs boniments, ni de leur charité. Il n’y jamais eu autant de milliardaires en France. La plupart des grandes entreprises affichent des bénéfices records, les seules entreprises du CAC40 ont distribué 56 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2016. La fortune d’un Bernard Arnault, le patron de LVMH, a augmenté de 7 milliards d’euros en une seule année. Ce n’est pas l’aumône que nous voulons, c’est une politique qui réponde à nos intérêts : avoir un travail et un salaire. Le doit d’être soigné d’être logé dignement. Le droit pour nos enfants d’accéder à une bonne éducation. Le droit d’avoir une retraite décente.

Et ceux qui, parmi les travailleurs se disent que, peut-être, Le Pen ferait différemment de tous ces politiciens, se trompent. Le Pen est une candidate bourgeoise attachée à l’ordre capitaliste.

Comme les autres, elle reprend tous les mensonges patronaux en expliquant qu’il faut « baisser le coût du travail, baisser les dépenses publiques, améliorer la compétitivité…  ». Autrement dit, sous prétexte de rendre « compétitives » les entreprises françaises, elle justifiera, comme tous les autres, l'allongement du temps de travail, le blocage voire la baisse des salaires, la réduction des cotisations patronales et de leurs impôts.

Elle n'hésitera pas, comme les dirigeants britanniques après le Brexit, comme Trump aux États-Unis, à baisser encore le taux d’imposition sur les sociétés au nom de la compétitivité de la France. Tous les sacrifices qu'on nous impose depuis des années au nom de la « mondialisation de l'économie », Le Pen nous les imposera au nom du « souverainisme » et du « protectionnisme ».

Le Pen, c’est notre Donald Trump. Elle se déguise en candidat anti-système pour en prendre la tête et faire fructifier la fortune de ses petits copains et des plus riches. Pour plaire aux classes populaires, elle verse des larmes de crocodile sur les chômeurs et les plus pauvres, à condition bien sûr qu’ils soient français. C’est une démagogue qui se sert des préjugés racistes et de la xénophobie et les alimente pour ne pas dénoncer les véritables responsables du recul de la condition ouvrière.

Elle s’indigne que l’on donne 11€ par jour à un demandeur d’asile, pas qu’un PDG comme Carlos Ghosn, chez Renault-Nissan, gagne 45 000 euros par jour ! Pas qu’une bourgeoise comme Bettencourt empoche 1 million par jour sans rien faire. Elle se dit « révulsée » qu'on héberge des migrants plutôt que des sdf français. Elle ne s'indigne pas des salaires trop bas, des boulots trop précaires, des licenciements qui conduisent un nombre croissant de travailleurs à la rue. Elle ne dénonce pas les bétonneurs à la Bouygues ou Vinci dont la politique ne permet pas de construire les logements nécessaires. Non, elle nous explique qu'il y a deux sortes de sans abri et que l'une d'entre elles peut crever !

Le Pen, Montebourg, Hamon, Valls, Fillon sont en rivalité pour la mangeoire. Mais ils se préparent tous à servir la bourgeoisie. A l’opposé, je suis candidate pour  la dénoncer. Je suis candidate pour combattre les Bettencourt, Dassault, Peugeot, Michelin … parce que leur prospérité s’édifie sur le dos de l’ensemble du monde du travail. Parce que 20 % de plus pour le grand patronat, c’est 20 % de moins pour les travailleurs. Parce que l’augmentation de leurs fortunes se fait sur la baisse de nos salaires ou de nos retraites. Ce sont leurs sinécures ou nos emplois. C’est le pouvoir du grand capital ou le pouvoir des travailleurs. Il n’y a pas d’entre deux. Il faut choisir son camp.

Je me présente pour faire entendre les intérêts des exploités. Et il ne s’agit pas seulement des intérêts des salariés ou des chômeurs, il s’agit des intérêts de tous ceux, artisans, commerçants, petits agriculteurs, auto entrepreneurs qui doivent travailler pour gagner leur vie. Et qui ont à se battre en permanence contre le grand capital qui les étouffe, c’est le cas des chauffeurs VTC contre la plateforme Uber, c’est le cas des agriculteurs contre la grande distribution.  

Et il ne s’agit pas seulement des travailleurs français. Je le précise parce que dans cette élection, la démagogie nationaliste empoisonne tous les débats. C’est une spécialité de Le Pen qui oppose systématiquement les travailleurs les uns aux autres en fonction de leur nationalité et de leur confession, sème la haine et le rejet de l’autre et favorise en retour le repli communautaire.

Il faut s’y opposer de la seule façon possible : au nom de l’idée que nous faisons tous partie d’un même camp, le camp des travailleurs. 

On nous rabâche que notre identité dépend de notre origine, de notre nationalité ou de notre confession. Mais un aspect essentiel de notre vie et de notre identité, c’est que nous sommes des travailleurs, des ouvriers, des employés, des gardiens, des aides-soignantes, des caissières, des enseignants. Alors il faut serrer les rangs, rejeter ceux qui veulent dresser des murs entre nous et affirmer notre conscience d’appartenir à une seule et même communauté, celle des travailleurs et des exploités.

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Faire entendre nos intérêts à l’opposé de la politique patronale, affirmer nos revendications, nos objectifs en tant qu’exploités, c’est ce qu’il y a de plus utile à faire dans ces élections.

Tous ceux qui sont susceptibles d’accéder au second tour sont des serviteurs zélés de la bourgeoisie. Alors il n’y a pas de suspens, les jeux sont faits : celui qui sortira des urnes en mai sera un ennemi des travailleurs. Pour les travailleurs, le match est truqué ! Il ne faut pas marcher dans cette duperie électorale. 

Mais puisqu’on nous donne la parole au premier tour, eh bien ne laissons pas le monopole de la parole à des politiciens bourgeois, qui pensent en bourgeois ! Faisons-nous entendre ! Nous avons notre propre politique à défendre, une politique indépendante, une politique de classe, un programme pour les travailleurs.

 

Pour éradiquer le chômage : un travail et un salaire  pour tous

Le premier point de ce programme, c’est d’éradiquer le chômage. Le patronat et, à sa suite tous les politiciens, prétendent qu’on ne peut pas faire tourner une usine sans commandes assurées et garanties. Nous, travailleurs, nous devons affirmer qu’on ne peut pas vivre sans travail et que notre vie ne peut pas dépendre des aléas de leurs carnets de commandes. Nous ne sommes pas des machines que l’on peut brancher et débrancher. Nous avons une vie, une famille. Les loyers, les factures tombent tous les mois, même quand on a perdu son boulot. Il faut remplir l’estomac des enfants…

Il faut que tout le monde ait un travail et un salaire. La première mesure, de bon sens, est d’interdire les licenciements et les plans de suppressions d’emplois à commencer par les entreprises qui font des bénéfices sous peine d’expropriation. Regardez PSA. PSA a réalisé sur les 18 derniers mois 2,4 milliards de bénéfices et a supprimé 17 000 emplois en 3 ans. Sanofi réalise 7 à 8 milliards d’euros de profits chaque année, a supprimé 4700 emplois entre 2008 et 2015, et en supprime encore 650 !

Ils se débrouillent toujours pour ne pas parler de licenciements, mais c’est autant d’emplois qui disparaissent et au final, cela fait des dizaines de milliers de chômeurs en plus. Alors il faut commencer par stopper tous ces grands fabricants de chômeurs.

Je n’oublie pas les salariés des plus petites entreprises et je sais qu’ils sont aussi concernés par les licenciements mais leur situation dépend bien souvent de ces grands groupes. Alors il faut imposer que tous ces grands groupes et les banques soient mises à contribution et payent pour préserver les emplois, y compris dans les petites entreprises qu’ils étranglent !       

Parallèlement, il faut aussi créer des millions d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, pour tous ceux qui n’ont droit, depuis des années qu’à quelques heures de boulot ici et là, pour tous ceux qui sont rejetés de la production parce qu’ils sont invalides ou handicapés. C’est possible immédiatement en imposant que le travail soit réparti entre tous. Et ce serait une mesure salutaire pour l’ensemble du monde du travail.

Dans presque toutes les entreprises, dans le privé mais aussi dans le public, la charge de travail a été accrue, les horaires de travail - auxquels il faut ajouter le temps de transport- sont devenus insoutenables. Il faut soulager ceux qui ont un emploi en diminuant leur temps de travail et en créant des emplois, de vrais emplois, avec un salaire complet. Il faut faire le contraire de ce que Renault est en train de faire en imposant un second accord de compétitivité avec heures sup et samedis travaillés obligatoires !

Et regardez ce qui se passe avec l’épidémie de grippe, est-ce qu’il y a trop d’infirmières ou d’aides soignants dans les hôpitaux ? Regardez ce grand gâchis qu’est l’éducation nationale. Est-ce qu’il y a trop d’enseignants ? Pour ce qui est des logements, il en manque un million accessibles à un salaire d’ouvrier, est-ce que nous n’avons plus besoin de maçons ? D’ingénieurs ? Il y a nombre de besoins à satisfaire dans la société et donc autant d’emplois à créer.

Certains nous expliquent qu’avec la modernisation des moyens de production et les gains de productivité il y aura de moins en moins d’emplois. Mais ça, c’est un raisonnement de patron. Parce que ces robots et les gains de productivité devraient permettre de soulager les salariés, de baisser les cadences et le temps de travail  de tous. Mais cela suppose qu’on l’on fasse passer les intérêts des travailleurs et de l’ensemble de la population avant les profits d’une minorité.

Si nous laissons faire le grand patronat, ce n’est pas  six millions de chômeurs qu’on comptabilisera, mais 7 ou 8 millions.

La répartition du travail entre tous et la réduction du temps de travail sont des objectifs nécessaires et vitaux pour toute la société. Parce que le chômage est un fléau qui pourrit la société de l’intérieur. Il aggrave la misère, il marginalise. Il pousse à l’individualisme à la compétition entre travailleurs. C’est aussi de là que naît la peur de l’autre et la déshumanisation de la société. Alors oui, pour nous c’est la priorité.     

 

Pas un salaire à moins de 1800 € net – 300 € d'augmentation pour tous

A côté de cela , il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite. Les principaux candidats susceptibles d’accéder à l’Élysée nous expliquent qu’il est impossible pour les entreprises d’augmenter le Smic. Le Pen explique, je la cite qu’elle « n’a jamais proposé une augmentation du smic payée par les entreprises », parce qu’elle ne veut surtout pas créer de difficultés au patronat ! Et les difficultés qu’ont des millions de femmes et d’hommes à se loger, à se soigner et même tout simplement à se nourrir, les privations qu’ils s’infligent parce qu’ils sont payés au lance-pierres, elles n’existent pas ? Le Pen et tous les autres candidats s’en moquent. Eh bien pas nous ! 

La CGT met en avant la revendication de 1800 € par mois. Et il suffit de faire ses comptes. Il faut payer entre 500 et 700 € pour le loyer ou le crédit logement et parfois bien davantage ; 50 ou 100 € par mois pour le gaz, l'électricité, l'eau ; 50 ou 100 € pour les assurances, la complémentaire santé. Il faut payer l'accès à internet, le téléphone portable. Il faut payer les traites de la voiture, l'assurer, faire le plein, c'est encore 4 ou 500 € minimum qui s'en vont.

Il faut encore payer les impôts sur le revenu, la taxe d'habitation. A la fin, il reste moins d'une vingtaine d’euros par jour, pour payer nourriture, vêtements et autre articles de consommation courante ou encore quelques sorties, l’accès aux loisirs et à la culture. Et avec des enfants, c'est encore bien plus serré.

Alors 1800 € net, c'est bien le minimum qu'il nous faut pour tous les salaires et les pensions ! Quant aux minima sociaux comme le RSA, ou l’allocation adulte handicapé, ils doivent être transformés en salaire car tout le monde doit avoir le droit d’être intégré à une activité utile.

Ces 1800 euros ne sont qu’un rattrapage. Il y a 10 ans le Smic qui est aujourd’hui à 1150 € net était de 1000 €. Et déjà à l’époque, il avait pris du retard sur l’inflation. En 10 ans le Smic a augmenté de 15 %. Savez vous de combien ont augmenté le salaire des grands PDG ? De 65 % !

Alors oui il faut un minimum de 1800 euros nets par mois et une augmentation de 300 euros de tous les salaires. Et pour que ces hausses soient durables, il faut que les salaires, les pensions de retraite suivent les augmentations du coût de la vie, celles des loyers, du gaz, des mutuelles, des impôts et taxes. On nous dit qu’il n’y a plus d’inflation, mais il suffit de comparer sa taxe d’habitation, sa facture d’électricité ou d’assurance pour voir que les prix augmentent. Eh bien il faut que nos salaires et nos pensions suivent !

De bonnes âmes, très bien payées, m’ont déjà expliqué à maintes reprises que ce programme est complètement utopique et qu’il forcerait nombre d’entreprises à mettre la clé sous la porte. Je parle de 1800 € par mois et on me parle d’utopie ! C’est donc de l’utopie d’espérer vivre sans avoir à compter le moindre euro ? C’est de l’utopie d’espérer pouvoir se chauffer comme il faut, payer des études à ses enfants, le permis ?

Mais les Carlos Ghosn, les Tavares, les PDG des grandes  entreprises, les Arnault, Bettencourt avec leurs dizaines de milliards ne vivent pas dans l’utopie. Ils vivent dans le monde réel, dans notre monde. Alors dire que 1800 € est de l’utopie, c’est un choix de classe.

S’il y a une utopie dans toute cette affaire, c’est d’attendre ces augmentations d’un futur président de la République ! Pour y parvenir il faudra renouer avec les luttes collectives et imposer un nouveau rapport de force avec le patronat. 

 

Contrôle des travailleurs sur les entreprises

La société est riche, très riche. Il faut prendre l’argent nécessaire sur les profits des entreprises, sur les dividendes distribués aux actionnaires, et, au besoin, sur leur fortune, accumulée au détriment des travailleurs.

C’est la raison pour laquelle les travailleurs doivent imposer la transparence sur les comptes des entreprises. Le grand patronat a érigé le mensonge et l’opacité en art de gouverner. Et même s’il est de bon ton pour les politiciens de parler de transparence et de dénoncer l’évasion fiscale, ils continuent de défendre le secret des affaires et d’interdire aux salariés de divulguer les informations dont ils disposent sur les comptes de l’entreprise.

En avril dernier, les députés européens du PS, de l’UDI, du Modem, de la droite et du FN se sont retrouvés pour voter, tous ensemble, la directive européenne sur la protection du « secret des affaires ». Et pour cause ! Si les travailleurs avaient accès à toutes ces comptabilités, ils mesureraient qu’il est tout à fait possible et d’augmenter les salaires et d’embaucher dans tous ces grands groupes qui font la pluie et le beau temps.

En levant le secret bancaire et commercial, on permettrait aux comptables, aux secrétaires, aux magasiniers, à tous les travailleurs, de communiquer les informations qu’ils ont. Il y a bien des salariés révoltés par les agissements de leur direction, parce qu’ils savent qu’ils sont contraires aux intérêts des travailleurs, de la population ou de l’environnement.

Ils sont souvent les premiers à tirer la sonnette d’alarme, simplement parce qu’ils sont aux premières loges et qu'ils voient ce qui se passe. Alors, il faut leur donner les moyens légaux de tout dire de ce qu’ils voient sans être menacés de licenciement ou de mesures de rétorsion. Il faut supprimer le secret des affaires.

Cette mesure est un objectif essentiel car il modifierait le rapport de force entre le patronat et les travailleurs en donnant de nouvelles armes aux travailleurs. Il en serait fini du chantage patronal, des rumeurs et des fausses informations. Les travailleurs sauraient à quoi s’en tenir, ils pourraient anticiper, s’organiser face aux attaques patronales et prendre l’initiative pour imposer les intérêts des travailleurs.

 

Un programme de classe

Alors voilà notre programme ! Ce n'est pas, comme tous les autres candidats, un catalogue de promesses numérotées qui seront aussi vite bafouées qu'elles ont été inventées. C’est un programme qui doit nous orienter pour nos combats quotidiens. 

Et c’est un programme de survie pour les couches populaires qui découle de nos besoins. Et c’est le plus radical car nous sommes les seuls à nous engager totalement du côté des travailleurs. Parce que, contrairement aux autres candidats nous ne cherchons pas à épargner la bourgeoisie et ses profits, nous la combattons et nous sommes prêts à la combattre jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’exproprier en réquisitionnant les grandes entreprises.

 

Parce que, contrairement aux autres candidats, nous ne considérons pas la compétitivité, le marché et la concurrence comme des lois de la nature mais comme les bases d’un système établit par une minorité et qui ne fonctionne que pour une minorité. Nous pouvons défendre ces intérêts vitaux pour le monde du travail parce que nous sommes communistes. 

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J’appelle les travailleurs qui sont d’accord avec ce programme à voter pour ma candidature. Je les appelle à faire un vote de classe et de combativité. Oh voter, ce n’est pas encore agir et se battre réellement. Mais le combat commence dans les têtes.

On ne peut pas se lancer dans le combat sans être sûr de sa légitimité. On ne peut pas gagner sans être sûr de nos intérêts, sans comprendre où sont nos ennemis, nos faux amis. Tout cela se forge dans le combat des idées et le combat politique. Le premier tour de cette élection nous  donne l’opportunité d’avancer dans ce sens là, alors il faut y aller !

Nous n’avons pas encore de parti à opposer à la bourgeoisie. En tout cas pas de parti capable de mener le combat politique à armes égales avec les partis bourgeois. Et c’est tout le problème. Si les conditions d’existence des travailleurs reculent depuis des décennies, s’ils sont désorientés, si la confusion règne dans beaucoup de têtes, c’est qu’il n’y a plus de parti ouvrier digne de ce nom depuis longtemps.

Le vote pour ma candidature permettra, le temps d’une élection, de faire apparaître les travailleurs comme une force politique, comme un camp politique. Mais il faut qu’il se maintienne après les élections. Car les travailleurs n’ont pas seulement besoin d’exprimer leurs intérêts au moment des élections, ils ont besoin de mener le combat tous les jours ; au quotidien dans les entreprises, en permanence contre la politique anti-ouvrière relayée par les gouvernements. Cela, c’est le rôle d’un parti.

Il faut un parti qui affirme que la société est divisée en deux classes aux intérêts irréconciliables et que nous nous devons nous battre, en ne comptant que sur nos propres forces pour défendre notre droit à l’existence. Un parti qui affirmera que les travailleurs peuvent se passer du grand capital parce que ce sont eux qui font tout fonctionner dans la société.

Voter, ce n’est pas encore construire un parti. Mais c’est déjà rassembler de façon ponctuelle derrière un drapeau. Et d’élections en élections, de mouvements de grève en manifestation, cela participe de la construction du parti. Alors votez et entraînez les gens autour de vous pour faire entendre le camp des travailleurs et aidez-nous à construire un parti pour les travailleurs.

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A gauche de la gauche, le vote pour Mélenchon n’a absolument pas la même signification qu’un vote en ma faveur.  Mélenchon a lancé le mouvement de la « France insoumise » pour mener sa campagne. Dans certains de ses meetings, il parle de la classe ouvrière, de son rôle indispensable et de ses droits. C’est une petite musique plaisante aux oreilles.

Mais concrètement, elle ne débouche que sur peu d’engagements concrets. Mélenchon promet l’abrogation de la loi El Khomri, le Smic net porté à 1326 € net, les vraies 35 heures. Mais même ces quelques promesses à destination des travailleurs sont des promesses en l’air. Car tant qu’on ne dit pas comment on l’imposera au grand capital qui décide de tout aujourd’hui, tant que l’on ne se dit pas prêt à arracher ce pouvoir à la minorité capitaliste, on parle pour ne rien dire.

Car c’est bien beau de dénoncer la finance, Hollande en son temps l’avait fait superbement, mais il faut dire si l’on est prêt ou pas à la renverser. Mélenchon se dit prêt à renverser beaucoup de choses, la 5ème République, les traités européens…  mais pas le pouvoir de la bourgeoisie, pas la propriété privée des moyens de production.

Avec d’autres, y compris Le Pen et Montebourg, Mélenchon se veut le champion du « souverainisme » et de « l’indépendance de la France ». En renégociant ou en sortant de l’Union européenne et de l’Otan, nous redeviendrions « souverains », « le pouvoir reviendrait au peuple » nous dit-il. Ce sont des mots en l’air. Les seuls souverains dans cette société ce sont les capitalistes, c’est Michelin, le roi du caoutchouc, Bettencourt la reine des cosmétiques, c’est Sanofi le grand maître des médicaments…

Quand on est exploité on n’est souverain de rien du tout, que les lois se décident en France dans une 5ème ou une 6éme république ou à l’échelle de l’Europe. On  est dépendant de cette classe qui possède les capitaux et qui a le pouvoir de nous embaucher ou pas, de nous verser un salaire entier ou pas, de fixer nos horaires, les dates de nos congés… On est dépendant pour tout. Pour le choix de son métier, de son poste de travail, pour le choix de son lieu de travail. Parler de « souveraineté » c’est encore une façon de brouiller les consciences des travailleurs et de les détourner de leur combat de classe.

Alors laissons les mots d’ordre de souveraineté du peuple ou de la France aux partisans de la bourgeoisie et reprenons les objectifs qui ont toujours été ceux du mouvement ouvrier : l’émancipation des exploités, à l’échelle de la planète.

Mélenchon fera plus de voix que moi, parce qu’il est compatible avec le système. Parce qu’avec lui, tous ceux qui cherchent un raccourci en dehors des luttes collectives en cherchant à se raccrocher une énième fois à un sauveur suprême sont bien servis. Mais les voix qui se porteront sur Mélenchon ne mèneront nulle part si ce n’est à de nouvelles désillusions.

En revanche les quelques centaines de milliers de voix qui se porteront sur ma candidature auront, elles, contribué à élever la conscience de classe. Elles auront armé politiquement les travailleurs.

On ne peut pas regretter le recul de la conscience ouvrière et renoncer à affirmer sa propre conscience de classe quand on en a l’occasion politique. Oui, le monde ouvrier a besoin de repères politiques et d’une boussole, eh bien il faut que cette élection soit l’occasion de les mettre en avant. Et à l’inverse de Mélenchon et de son mouvement qui n’existe que pour porter sa candidature à la présidentielle, notre campagne le vote pour faire entendre nous aidera à avancer dans la construction du  parti qui est nécessaire aux travailleurs, ce ne sera vote constructif.

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Malgré toutes les trahisons subies, il faut que le mouvement ouvrier retrouve confiance en lui-même. Appartenir au monde du travail, ne soit plus être synonyme de victime ! Appartenir au monde du travail, doit être un motif de fierté.

Nous ouvriers, employé, enseignants, cheminots, femmes de ménage, fonctionnaires, caissières… nous faisons tout tourner, nous produisons toutes les richesses, y compris les super profits. Les progrès des transports, de la médecine, toutes les prouesses techniques, c’est nous ! Oui, nous pouvons être fiers d’appartenir à la classe des travailleurs. Nous sommes indispensables.

La bourgeoisie, les actionnaires et les PDG prétendent être la clé de voûte de l’économie. Ils ne sont rien sans nous. A quoi pourraient bien servir les milliards des Arnault, des Mulliez si nous ne faisons plus marcher les trains et les avions, les hôtels et les restaurants. Si nous ne faisions plus tourner leurs bureaux et leurs usines où ils font fructifier leur fortune ? Alors oui, nous représentons une force sociale. Une force sociale qui a prouvé, à bien des reprises dans le passé, qu’elle n’était pas vouée à subir, mais qu’elle pouvait se battre.

Nous fêtons cette année le centenaire de la révolution russe. Il y a 100 ans, les travailleurs et les paysans russes ont fait la preuve que la classe ouvrière pouvait prendre le pouvoir, et s’en servir pour transformer la société par en-bas, en créer une autre radicalement différente basée sur la propriété collective. Une société sans patrons, sans la domination de l’argent et du profit. Une société et une économie d’abord organisée pour répondre aux besoins de toute la population.

Il faut connaître cette histoire. Car le peu de temps que les travailleurs sont restés au pouvoir, ils ont réalisé ce qu’aucun autre gouvernement n’a fait. Aussitôt mis en place, le pouvoir révolutionnaire a soutenu les paysans pour qu’ils se distribuent les terres. Il a organisé la production pour répondre aux besoins urgents de la population, en contrôlant et en expropriant quand la bourgeoisie qui ne voulait pas collaborer.

Il a mis fin à la participation de son pays à la boucherie que constituait la première guerre mondiale. Il a donné la possibilité à tous les peuples qui étaient sous domination de la Russie de se libérer et d’être indépendants. Il a non seulement donné l’égalité des droits aux femmes mais il les a associés à tous les niveaux du pouvoir. Quel autre gouvernement prétendument démocratique a réalisé cela ? Aucun !

Et même si le Stalinisme a finalement pris le dessus en déformant et caricaturant et en trahissant les aspirations des révolutionnaires, cela ne peut pas effacer ce que les travailleurs ont réalisé. Alors oui, les travailleurs ont de quoi être fiers de ce que leur classe sociale a accompli dans le passé !

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Et il ne s’agit pas que du passé, il s’agit aussi de l’avenir. Les travailleurs sont les seuls à pouvoir impulser une société débarrassée de l’exploitation, du capitalisme, de la concurrence, de ses crises et de ses guerres.

Le capitalisme ne pousse pas seulement les opprimés à la déchéance matérielle, il  pousse toute la société à la déchéance morale. Regardez comment les migrants sont traités ! Aujourd’hui la justice a même inventé un nouveau crime, le « crime d’humanité » comme le montrent les poursuites engagées contre ceux qui ont donné à manger et un toit aux migrants dans la vallée de la Roya !  

La société s’enfonce dans la barbarie. Quand ce n’est pas la barbarie des bombardements ou du terrorisme, c’est la barbarie des murs, des barbelés que l’on oppose aux centaines de milliers de femmes et d’hommes qui fuient l’enfer.

Et là-dessus les principaux candidats sont d’accord. Il faut des frontières de plus en plus étanches nous disent-ils. Et de nous répéter en boucle « qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais ce n’est pas la misère pour tout le monde ! Dans les beaux quartiers, l’argent coule à flot. Les caprices de riches se chiffrent par centaines de millions. L’argent gaspillé dans la spéculation se compte par dizaines de milliards. Et on ne pourrait rien faire contre la misère !

Ils se servent du drame des migrants pour nous prêcher la résignation. Ils nous disent « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » exactement comme ils expliquent qu’on ne peut pas assurer un travail à tous, ou qu’on ne peut plus espérer partir à la retraite à 60 ans ou 62 ans…

Mais la misère, ce sont eux qui la fabriquent. Ils la fabriquent en Syrie par leurs manœuvres et leurs bombes. Ils la fabriquent ici par le chômage et la précarité.

En tant qu’exploités, nous sommes tous des migrants potentiels, alors notre intérêt est de nous battre pour  la liberté de circulation et d’installation de tous les opprimés de cette terre. Notre intérêt de classe n’est sûrement pas de nous battre entre nous pour que l’on se partage la misère, c’est d’imposer ensemble le contrôle sur les richesses que nous produisons et de s'opposer à ce qu'elles soient confisquées par une minorité.

Les travailleurs n’ont rien à gagner à la concurrence entre eux, rien à gagner à la compétition économique entre les peuples. Rien à gagner aux guerres qui sont le fruit des rivalités impérialistes. Les travailleurs sont de toutes nationalités, de toutes les religions et de toutes les couleurs de peau mais ils n’ont qu’une politique qui représente leurs intérêts : c’est celle de se libérer de l’exploitation.

Alors loin très loin de l’individualisme effréné du capitalisme qui pousse à l’indifférence, à l’isolement ou à la haine de l’autre et fait le lit de la délinquance et du fanatisme religieux, ils représentent la seule force sociale capable de construire une société de justice, de fraternité débarrassée des classes sociales et du nationalisme, du racisme et la xénophobie.

Voilà aussi ce que représente pour nous le camp des travailleurs : la perspective d’une société communiste. Alors oui, nous pouvons être fiers de nous revendiquer de ce camp.

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Ce n’est évidemment pas la prise du pouvoir par les travailleurs qui est en jeu dans cette élection. Il s’agit que ceux  qui ne se résignent pas à la situation et qui sont conscients d’avoir à se battre pour leurs intérêts de classe se manifestent politiquement et constituent un point de ralliement.  

Depuis des décennies, l’élite dite intellectuelle explique «  qu’il n’y a plus d’ouvriers », « qu’il n’y plus de classe ouvrière ». Aujourd’hui on entend même parler des travailleurs comme une espèce en voie de disparition ». Mais nous, nous sommes quoi ? Nos familles, nos barres d’immeubles, nos quartiers sont composés de rentiers ? Non de femmes et d’hommes qui travaillent dans les métiers bien souvent les plus pénibles.

Et l’économie que l’on nous vend comme moderne, l’économie Uber, eh bien elle produit elle aussi des travailleurs, dont des chauffeurs qui étaient fiers d’être indépendants, il y a un an ou deux, mais qui aujourd’hui revendiquent d’être embauchés en tant que salariés !

Alors oui, la classe ouvrière existe. Et s’il y en a qui peuvent prétendre qu’elle n’existe plus, c’est parce qu’elle se rend invisible politiquement.

On l’a vue intervenir lors de la mobilisation contre la loi El Khomri. Et encore ce n’était qu’une fraction de la classe ouvrière, il y avait encore beaucoup de réserve dans toutes les entreprises ! Eh bien il faut aussi qu’elle s’exprime sur la scène politique.

On nous met dans la tête que l’élection sert à élire quelqu’un. Avec cette logique, forcément, il faut parier sur le tiercé de tête et je n’en fais pas partie. Mais encore une fois, choisir le prochain président qui nous portera des coups n’a aucun sens.

Imaginez qu’une élection soit organisée dans votre entreprise pour élire le PDG qui aura la mission de mettre en œuvre le nième plan de licenciement, le nième plan de compétitivité. Est-ce que vous voteriez pour l’un ou l’autre ? Dans cette élection, on nous demande d’élire le prochain président qui fera encore reculer les retraites, qui imposera plus de liberté pour que les patrons nous exploitent, qui les aidera à baisser nos conditions de vie et de travail ! Il ne faut pas marcher là dedans.

L’enjeu ne doit pas être de chercher à élire l’un plutôt que l’autre, mais d’exprimer ses intérêts, ses perspectives politiques. J’appelle tous ceux qui partagent ces idées à voter pour ma candidature sans craindre d’être minoritaire ou à contre-courant. Encore une fois, à quoi sert-il de voter avec la majorité quand cela conduit à élire un adversaire ? Aujourd’hui combien de travailleurs se mordent les doigts d’avoir voté Hollande en 2012 ? Et il faudrait recommencer avec un autre ?

Croire qu’il faut voter  « utile », ou  « voter pour le moins pire » pour essayer de se protéger est un leurre. Il n’y aura pas de moins pire pour le monde ouvrier s’il ne se bat pas collectivement.

Quand à s’abstenir, ce n’est pas une preuve de conscience ou de radicalisme. C’est se soumettre et c’est déserter car si nous ne défendons pas nos idées qui le fera ? Personne ne mènera le combat à notre place.

Parfois on ne trouve pas le moyen de se battre, de faire grève, de manifester, ou simplement de protester. Parce qu’on est seul ou parce que le rapport de force est trop défavorable. Mais voter, s’exprimer dans l’urne, est un geste à la portée de tous. 

Il n’y a pas de petits combats, pas de petits gestes. Quand on est à minoritaire, la moindre voix compte et peut porter. Alors il faut entraîner le maximum de ceux qui nous entourent à joindre leur voix à la nôtre. Nous sommes à contre-courant. Mais quand le courant pousse dans une direction aussi réactionnaire, aussi infecte, voire aussi barbare, quand le courant pousse à la soumission et à la résignation, oui nous pouvons être fiers d’être à contre-courant.

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Je suis la candidate de Lutte ouvrière. Les institutions sont ainsi faites qu’il fallait un nom, et mes camarades m’ont choisie pour porter cette campagne. Mais ce n’est sûrement pas une campagne personnelle. 

Biensûr  je serai en première ligne dans les médias et je me battrai comme je pourrai sur les plateaux de télé à chaque fois que l’on me donnera la parole. Mais en quelques minutes, je ne ferai pas de miracle. Je convaincrai surtout les convaincus et je toucherai peut-être aussi tous ceux qui sont révoltés par la situation mais qui doutent de leurs convictions et qui n’osent plus avoir d’idéal. Ce n’est pas rien.

Une campagne comme celle-ci, relayée au niveau national permet justement de s’adresser à des millions de travailleurs. Et parmi ces millions il y en plusieurs centaines qui partagent à un degré ou un autre ces idées. Ma candidature leur permettra de rompre leur isolement et de se rallier à un camp. Elle leur permettra de se conforter dans leurs convictions. C’est déjà quelque chose d’important.

Mais bien plus largement, il y a aussi tous ceux qui se posent des questions, qui sont perdus, qui s’interrogent… Il y a encore tous ceux qui retombent dans le panneau des illusions électoralistes. Tous ceux qui sont tellement écœurés qu’ils ne veulent même plus entendre parler de politique et de vote. Ils sont dans notre famille, ce sont des amis, des voisins, des collègues de boulot. C’est vous qui pouvez les toucher, en prenant le temps de la discussion. Il faut essayer de les convaincre et de leur donner envie de s’exprimer, en tant que travailleur, salarié, chômeur….

Au-delà du résultat, ce qui comptera ce sont toutes les discussions que vous aurez eues. Le simple fait d’avoir affirmé des convictions, d’avoir fait réfléchir, d’avoir apporté des réponses, d’avoir fait avancer des idées parmi les nôtres est important. Nous sommes une petite organisation mais les idées que nous portons nous dépassent car elles sont inscrites dans les bases même de la société. Elles reflètent la lutte de classe à laquelle des millions d’exploités sont confrontés. Et tôt ou tard, ils auront besoin de ces idées. 

Rien n’est à négliger, toutes les discussions seront utiles. N’attendez pas que j’apparaisse plus dans les médias, je serai absente des grandes émissions jusqu’aux 15 derniers jours où ils seront contraints de m’inviter. On ne fait pas partie du paysage. Et d’un certain côté, c’est une reconnaissance. Oui nous ne faisons pas partie de ce personnel politique qui s’accommode de cet ordre social injuste. Nous ne faisons pas partie et nous n’aspirons pas à en faire partie.

Alors pour que ce soit une bonne campagne, il faut que ce soit une campagne militante, votre campagne. 

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Au lendemain de l’élection, en mai prochain, qu’est-ce qui changera pour nous ? Nous irons au travail, beaucoup d’entre nous iront pointer à Pôle emploi ou à l’agence d’intérim. Et on se retrouvera confrontés aux mêmes chefs, aux mêmes patrons, aux mêmes actionnaires invisibles mais tout-puissants. On se retrouvera confronté à son banquier, à son propriétaire qui n’admet aucun retard de paiement, quand bien même on a perdu son travail.

On se retrouvera confronté au pouvoir de l’Etat qui sait dérouler le tapis rouge pour les plus riches mais qui est sans pitié pour les classes populaires. Rien de fondamental n’aura changé. Parce que ces élections ne changeront pas notre condition d’exploité ni cet ordre social dominé par l’argent et la bourgeoisie. 

La nouveauté, c’est que le petit personnel politique aura changé. Les riches auront un nouveau président de la République à leur disposition. Et pour nous le combat continuera !

Alors dès aujourd’hui, dans cette campagne, levons notre drapeau, celui des travailleurs et des luttes collectives. Votez et faites votez pour faire entendre le camp des travailleurs. Faites un vote de classe, un vote de conscience et de fierté ouvrière.