Discours de Nathalie Arthaud à la fête de Lutte ouvrière (dimanche)

Meeting
14/06/2019

Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades,

Au nom de tous ceux qui ont préparé et font vivre cette fête, je vous souhaite la bienvenue ! J’espère que y passez de bons moments, un peu à l’écart de la brutalité de cette société capitaliste !

Je veux commencer par saluer tout particulièrement ceux qui ont participé à notre campagne pour les élections européennes. Avec Jean-Pierre, nous avons eu l’occasion pendant ces cinq derniers mois de rencontrer beaucoup d’entre vous dans diverses réunions. Des petites et des plus grandes. Nous avons eu le temps d’échanger et de réfléchir ensemble à la situation. Toutes ces discussions, les interrogations des uns, les cris de révolte des autres ont nourri cette campagne. Les idées et les arguments que vous y avez apportés ont servi dans les interventions publiques que nous avons pu faire Jean-Pierre et moi, et vous les avez peut-être reconnus.

Nous avons fait le score que vous connaissez, mais la voix que nous avons portée, personne d’autre ne l’a portée. C’est la voix des travailleurs conscients de leurs intérêts d’exploités et conscients d’avoir à renverser le capitalisme. C’est la voix de ceux qui ont un idéal : construire une société collective sans exploitation de l’homme par l’homme sur toute la surface de la terre. Et j’espère que comme moi, vous êtes fiers de porter cette voix !

Après les élections européennes

Je l’ai dit dans cette campagne : les élections ne peuvent pas être un but en soi pour les travailleurs. Dans une société basée sur l’exploitation où le pouvoir réel appartient au grand capital, les élections ne changeront jamais le sort des exploités. Mais nous nous présentons à tous les scrutins pour que les travailleurs puissent exprimer leurs intérêts de classe. Pour qu’ils puissent se rassembler derrière un programme ouvrier et s’identifier à un parti opposé à l’ordre bourgeois.

Nous avons été près de 180 000 à le faire dans ces élections européennes. C’est très peu et c’est le signe de la période. Une période de crise du capitalisme et de recul du mouvement ouvrier. Les européennes ont confirmé la désorientation politique des travailleurs, et particulièrement du monde ouvrier qui s’est, pour l’essentiel, partagé entre l’abstention et le vote Le Pen.

Beaucoup d’ouvriers ont pris au mot tous ceux – c’était le cas de Le Pen et de Mélenchon - qui proposaient de faire de cette élection un référendum anti-Macron. Pour voter contre Macron, contre son arrogance, contre sa politique anti-ouvrière, beaucoup ont voté pour Le Pen, la liste qui était la mieux placée pour lui infliger un échec.

Même si tous les électeurs ouvriers qui votent Le Pen n’adhérent pas à toute sa politique, ils ne voient pas le poison que son nationalisme et sa xénophobie représentent pour leur classe. Et comment le pourraient-ils quand depuis bien longtemps les campagnes des partis dits de gauche, que ce soit la France insoumise de Mélenchon ou le PCF sont, elles aussi, empreintes de nationalisme et de patriotisme ! Dans le monde ouvrier, le mot d’ordre du PCF « il faut produire français » a ouvert la voie à la « préférence nationale » de Le Pen.

De fait, élection après élection, beaucoup de travailleurs aident à se renforcer un mouvement profondément antiouvrier qui alimente la division des classes populaires en fonction de leur origine ou de leur religion.

C’est dans cette situation et confrontés à leurs résultats désastreux, que les leaders de la gauche ont de nouveau entonné le grand air de l’unité. Et poussés par la nécessité de sauver les meubles aux Municipales, ils finiront peut-être par retrouver le chemin d’une union de la gauche.

Eh bien ce sera sans nous, parce que s’opposer à l’extrême droite, avec toutes les saletés réactionnaires et antiouvrières qu’elle charrie, et s’opposer à Macron, ne pourra pas se faire en resservant ce vieux plat de l’union de la gauche qui a empoisonné les travailleurs.

A tous les nostalgiques qui voudraient réécrire l’histoire, il faut rappeler qu’à chaque fois que les partis de gauche se sont unis, derrière Mitterrand, Jospin, ou Hollande, ils ont gouverné pour le grand capital contre les travailleurs !

Le jeu politique de Macron consiste à instaurer un tête-à-tête avec le RN. Mais si le parti de Le Pen est en position d’apparaître aux yeux de beaucoup comme le parti de l’alternance, c’est aussi et surtout le fruit des trahisons et des reniements des partis de gauche chaque fois qu’ils se sont retrouvés au pouvoir. 

Prenez le vote utile. Cela fait des décennies que les partis de gauche, du PS et du PCF ont brouillé les consciences avec cette histoire. Même si, au second tour de la présidentielle, deux politiciens bourgeois s’affrontaient, il fallait voter utile, c’est-à-dire voter pour le moins pire. Tous ceux qui ont vécu la présidentielle de 2002 se souviennent comment toute la gauche et même une partie de l’extrême gauche ont appelé, comme un seul homme, à voter Chirac contre Le Pen. En 2015 lors des régionales, toujours pour faire rempart au Front national, le PS et même le PCF ont encore appelé les travailleurs à voter pour des candidats de droite…

Cette pression électoraliste a contribué à effacer les réflexes et les raisonnements de classe au point que beaucoup de travailleurs ne sont plus gênés de voter pour une millionnaire de Saint-Cloud ! Eh bien il faut en revenir au langage de classe, profiter de chaque combat électoral pour affirmer que quand on est ouvrier, on vote pour un programme ouvrier. Quand on appartient à la classe des exploités, on dénonce les exploiteurs et le capitalisme !

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Reconstruire un parti communiste révolutionnaire

La perspective ne peut pas être de reproduire sans cesse les mêmes illusions. Mitterrand et Hollande n’ont pas été des erreurs de casting. Le problème n’est pas de trouver le bon candidat de gauche qui deviendrait un bon président pour les travailleurs. Cela n’a jamais existé ni en France ni dans aucun autre pays. Dans cette société dominée par les lois du grand capital, tous ceux qui se hissent au pouvoir se condamnent à être pieds et poings liés à ses intérêts.

La seule alternative est la suivante : soit on accepte de gouverner dans le cadre de l’ordre bourgeois et on se soumet aux puissances de l’argent, soit on se prépare à les combattre avec la seule force capable de leur tenir tête : les travailleurs mobilisés et conscients de leurs intérêts.

Ce qu’il faut reconstruire, c’est un parti ouvrier capable de mettre en avant les exigences des travailleurs, des chômeurs, des retraités. Un parti qui se place du point de vue des exploités. Pas des intérêts de la France, pas des intérêts d’Airbus, PSA ou Alstom, car il s'agit alors toujours des intérêts des grandes familles bourgeoises.

Les partis ouvriers révolutionnaires qui nous ont précédés ont été capables de se battre pied à pied pour l’amélioration du sort des travailleurs dans le cadre du capitalisme tout en militant dans la perspective de la révolution sociale. C’est armés de cette conscience révolutionnaire que les travailleurs ont mené leurs meilleures luttes dans le passé et c’est ce que nous voulons reconstruire.

Il faut un parti qui ne raconte pas d'histoire de sauveur suprême et qui dise clairement que le seul moyen de faire valoir les intérêts des travailleurs, ce sont leurs luttes collectives. Des luttes dont l’aboutissement ne peut être que le renversement de la bourgeoisie, l’abolition du salariat et la prise du pouvoir par les travailleurs.

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Au vu des résultats électoraux et de ce que pèse le vote de classe des travailleurs dans les urnes, cela peut paraître utopique. Mais il n’y a pas à s’en démoraliser !

Le clivage que l’on nous présente aujourd'hui entre Macron d’un côté et Le Pen de l’autre qui opposerait les populistes aux progressistes est un leurre. Il joue le même rôle qu’a longtemps tenue la division gauche-droite : masquer la véritable opposition dans la société : l’opposition de classe ! L’opposition entre ceux qui travaillent pour gagner leur vie et ceux qui vivent du travail des autres, l’opposition entre le monde du travail et la bourgeoisie.

Le camp des travailleurs n’est pas une abstraction. Avant d’être un choix politique conscient, c’est une réalité sociale. Tant qu’il y aura des travailleurs, il y aura des luttes. Et il y aura des femmes et des hommes, y compris des intellectuels pour contester et combattre le capitalisme.

Et les résultats électoraux sont en grande partie déconnectée de cette réalité. La colère qui s’est exprimée ces six derniers mois dans le mouvement des gilets jaunes, avec ses revendications sur le pouvoir d’achat ou sur les inégalités sociales, ne s’est pas retrouvée dans les urnes. 

Et réciproquement, les mouvements sociaux ne sont pas indexés sur les scores électoraux. Les mêmes qui s’abstiennent lors des élections ou votent pour le RN, peuvent très bien se transformer demain en militants dans les contestations sociales. C’est aussi ce que l’on a vu avec le mouvement des gilets jaunes.

Les contestations sociales, les grèves et les révolutions obéissent à des lois qui n’ont rien à voir avec le cirque électoral que l’on nous sert. Elles suivent d’autres logiques, celles de l’action des masses, de leur prise de conscience, celle de la confiance grandissante dans leur force collective.

Quand les travailleurs réalisent, dans les actions collectives, que bien des choses dépendent d’eux, ils peuvent se mettre à faire massivement de la politique dans le meilleur sens du terme. Parce qu’ils sont en situation de faire leur politique, en partant d’eux-mêmes, de leurs revendications essentielles sans être empoisonnés par la démagogie politicienne des uns ou des autres.

Oui, ce qui se passe dans la rue et dans les entreprises est bien plus déterminant pour les travailleurs que n’importe quel vote. Mais même dans leurs luttes, les travailleurs ont besoin d’une politique. Ils doivent comprendre qui est leur ennemi, où porter leurs coups avec quelles revendications. Nombre de luttes ont avorté ou ont été dirigées vers des impasses parce qu’il manquait aux travailleurs la conscience d’avoir à renverser tout l’ordre bourgeois.

Alors il faut défendre une politique qui représente les intérêts immédiats et les perspectives des travailleurs dans toutes les circonstances. Dans les luttes elles-mêmes, dans le moindre débrayage, dans les grèves, dans les manifestations, mais aussi dans les combats électoraux que sont les élections. Il faut la défendre avec la conviction que l’on peut être une minorité un jour et se retrouver le lendemain à plusieurs milliers dans la rue.

Renforcer le courant qui place sa confiance dans la classe ouvrière, lui donner la force d’intervenir dans les luttes que les travailleurs ont à mener contre la grande bourgeoisie est la tâche essentielle. C’est une tâche que nous poursuivrons envers et contre tout, car l’avenir de la société, de la société et même de la planète dépendent de la révolution sociale !

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Le résultat des écologistes dans ces Européennes témoigne d’une inquiétude légitime sur l’avenir de la planète. Mais il témoigne aussi d’un certain apolitisme. EELV et Jadot a fait campagne en expliquant qu’il fallait rejeter l’idéologie et faire du concret. A l’entendre il n’y aurait même pas besoin de se poser le problème de l’organisation capitaliste de la société, il suffirait seulement d’y injecter plus de préoccupations écologiques.

Sa politique épouse les idées dominantes. L’idée qu’il faudrait agir pas à pas parce qu’il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme. L’idée que tout le monde aurait sa part de responsabilité et qu’il faudrait changer nos comportements, changer l’éducation… Parce que l’on consommerait trop, parce que l’on consommerait mal… parce que l’on prendrait trop la voiture, parce qu’il y aurait trop de diesel…

Mais quand les consommateurs ont-ils demandé des produits bourrés de pesticides, de sucre ou de sel ? Quand les automobilistes ont-ils milité pour que Peugeot se spécialise dans les moteurs diesel et que les constructeurs fraudent les contrôles anti-pollution ? Et celui qui habite à des dizaines de kilomètres de son travail à cause des prix de l’immobilier, de quoi est-il responsable ?

Que l’on prenne le bus, la voiture, le train, l’avion, chacun peut désormais calculer son bilan carbone. On peut même faire le bilan carbone de son assiette ! Alors oui, on peut passer son temps à se culpabiliser ou à se rassurer et se donner bonne conscience parce qu’on a pris l’habitude de faire le tri sélectif ou parce que l’on est devenu végétarien.

Mais à côté de cela les grands groupes industriels et commerciaux qui ne veulent plus de stocks font rouler des norias de camions sur les routes, le fret ferroviaire recule. Les villes manquent d’argent pour développer et entretenir leur réseau de transport collectif. Des d’immeubles de bureaux sont laissés vacants, des usines sont laissées en friches…

Sans parler des catastrophes écologiques, il y a la pollution ordinaire, la destruction de la planète à petit feu, la déforestation, la pollution des nappes phréatiques, des régions entières des pays pauvres transformées en dépotoirs dangereux.

Alors si l’heure de la mobilisation écologique a sonné, il faut remettre en cause toute l’organisation sociale. Ce sont les capitalistes qui tiennent les manettes de l’économie et qui décident de l’organisation de la production, de l’énergie, des transports. Avec les Etats à leur service, ils façonnent nos modes de consommation, de déplacement.

Et le propre de leur système c’est d’être irresponsable, c’est de ne pas avoir de morale. Pour qu’ils acceptent de se préoccuper de l’écologie, il faut que cela leur rapporte. Certains ont trouvé dans l’écologie l’occasion de développer de nouveaux marchés.

Pour tous elle est devenue, un levier publicitaire magique. Dernièrement les producteurs de diamants qui pillent les richesses de l’Afrique du sud ou du Botswana ont fait savoir qu’ils recyclaient 83 % de leur eau ! Et pour ça, il faudrait les applaudir ?

La logique même du système pousse à vouloir toujours plus de productivité, plus de rentabilité. Sous peine de déplaire aux investisseurs, il faut que les dividendes augmentent, que les cours boursiers progressent. Ce n’est même pas une question de morale et de choix, c’est la logique mécanique d’un système drogué aux profits. Les convictions écologiques de ces grands groupes s’arrêtent à leur coffre-fort.

Quant aux lois du marché, elles rendent l’économie aveugle et conduisent à un immense gâchis ou à la pénurie. Il faut investir, acheter des machines, des matières premières et produire sans même savoir ce qui sera vendu. A l’aveuglette sans plan d’ensemble. Au hasard des multiples initiatives individuelles, de la concurrence.

Ce n’est qu’une fois les produits mis sur le marché que l’on découvre s’il y a les acheteurs correspondants ou s’il faut tout mettre à la benne : les produits et les machines qui ont servi à la production. Et on va nous faire croire que tout cela est compatible avec l’écologie !

Il n’y aura pas de société respectueuse de l’environnement et des hommes si on ne renverse pas le capitalisme. A la place de ce système qui est le règne de l’intérêt privé, il faut imposer la gestion collective des grands moyens de production et le règne de l’intérêt général.

A la place du marché et de la concurrence, il faut partir des besoins de toute la population et il faut planifier, mobiliser et répartir les ressources, les moyens de productions, les travailleurs pour y répondre. Il faut anticiper. Produire ni trop, ni trop peu. Produire pour répondre aux besoins de tous.

Et cela n’a rien à voir avec le productivisme. Ce ne sont pas les travailleurs qui sont accrocs de la croissance ! Ils veulent juste vivre dignement.

Si les salariés avaient leur mot à dire sur ce qu’ils produisaient et sur la façon de les produire, on en aurait fini depuis longtemps avec l’obsolescence programmée, avec la production d’engins de mort et les produits de luxe ! Les ordinateurs programmés dans les centres bancaires pour spéculer au millionième de seconde serviraient à surveiller les végétations, irriguer au plus juste, prévoir les récoltes…

Pour ne pas gâcher les immenses capacités productives que l’humanité s’est donnée, il faut mettre fin à l’obstacle que constitue la propriété privée sur celles-ci. Cela nécessite d’exproprier la bourgeoisie des usines, des banques, des transports et des grandes chaînes de distribution, des multinationales du numériques qui empêche toute organisation rationnelle de l’économie.

Mettre en commun ces moyens de production, c’est le sens du mot communisme. Ce mot a été dénaturé, mais il est riche de signification. Oui, en organisant collectivement et rationnellement l’économie, la lutte individuelle pour la vie, pourraient enfin céder la place à la conscience du fait que l’humanité est une et indivisible et qu’elle a les moyens d’assurer une vie digne à chacun de ses membres.

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Le capitalisme, c’est la crise

Une infime minorité décide seule de choix engageant toute la société parce qu’elle concentre les capitaux entre ses mains. La véritable démocratie et le « pouvoir du peuple » - mots que tout le monde a à la bouche - n’auront de sens qu’une fois cette minorité détrônée, quand toute la population pourra donner son avis et surtout participer aux décisions sur la façon de gérer collectivement les grandes entreprises qui dominent l’économie.

L’actualité s’est fait l’écho du procès du couple Balkany, et de leurs frasques, avec leur moulin à Giverny, leur villa aux Antilles et leur riad à Marrakech. On apprend que Mme Balkany allait faire ses courses avec des billets de 500 €, que Monsieur en avait plein les poches de son peignoir.

Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. La grande bourgeoisie c’est autre chose ! Ce sont ces grandes familles qui ont décidé en quelques heures de mettre des centaines de millions pour la restauration de Notre Dame de Paris. C’est la famille Arnault qui a vu son patrimoine augmenter de 10 milliards entre mars et avril dernier et qui se retrouve à la tête d’une fortune de plus de 70 milliards.

70 milliards ! C’est le budget de l’Education nationale avec ses 12 millions d’élèves et son million de salariés. C’est 100 fois moins que ce que l’Etat demandait pour reprendre l’aciérie d’Ascoval. C’est de quoi construire 700 000 logements, plus de 200 hôpitaux alors que le gouvernement ferme des maternités et fabrique des déserts médicaux !

Les centaines de milliards de capitaux qui se concentrent dans les mains d’une toute petite minorité sont intouchables, inutilisables pour la collectivité. Au nom de la propriété privée, il est interdit d’en contrôler l’usage fait ! Aujourd'hui l’Etat en est à batailler avec les multinationales de la pharmacie qui ont ralenti voir stoppé la production de certains médicaments créant ruptures d’approvisionnement et risques graves pour les malades. Et c’est aux choix de cette grande bourgeoisie que toute la société est soumise !

Et en plus de nous mener à la catastrophe sociale et écologique, elle nous conduit à la catastrophe économique. De l’aveu même des défenseurs de l’économie capitaliste, l’investissement est en panne. Le gouvernement de Macron a beau enjoliver les choses en expliquant qu’on va vers le plein emploi parce que les petits boulots de rien du tout se sont multipliés, l’actualité avec ex-Whirpool à Amiens, avec Ascoval, avec General Electric qui a décidé de supprimer 1000 emplois à Belfort, montre qu’investir dans la production n’intéresse que très peu les capitalistes.

A moins de profits rapides et assurés, ils ne veulent pas investir ! Ce ne sont pas des investisseurs, ce sont des aventuriers de la finance appâtés par les millions d’aides des pouvoirs publics ! Et pourquoi investiraient-ils dans la production quand les marchés sont saturés et la guerre commerciale féroce ? Investir dans la finance, spéculer y compris au jour le jour est bien plus lucratif !

Autrement dit, plus nous travaillons, plus nous faisons d’efforts et de sacrifices, plus la spéculation augmente ! Plus nous risquons le krach généralisé ! Y a-t-il plus fou que cette économie ?

Le capitalisme est une société condamnée. Une société condamnée à aller de crise en crise et de guerre en guerre. Il faut des femmes et des hommes, des jeunes conscients du fait qu’elle ne peut pas être l’avenir de la société et qu’il faut s’employer à la renverser !

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Le rôle de la classe ouvrière

Crise économique, chômage de masse, guerres, terrorisme, crise écologique, migrants refoulés par les pays riches : les dirigeants actuels, qu’ils soient à la tête des multinationales, des grandes banques ou des États, sont incapables d’apporter quelque solution que ce soit. Pire, ils poussent l’humanité entière vers le précipice. Et la classe ouvrière est la seule classe qui peut s’y opposer.

Cela peut paraître utopique vu la combativité actuelle du monde ouvrier. Il est vrai que l’on a vu beaucoup de catégories sociales se battre ces dernières années, il y a eu le mouvement des gilets jaunes, mais il n’y a pas eu dans les entreprises de grandes mobilisations. Alors que les travailleurs ont des moyens autrement plus efficaces que les gilets jaunes pour s’affronter à la bourgeoisie et la faire payer pour arracher de réelles avancées.

Mais la confiance que nous plaçons dans la classe ouvrière ne dépend pas de sa combativité à tel ou tel moment, ni de ce qu’elle peut voter à telle ou telle élection. Les travailleurs ne sont pas dotés d’un sens révolutionnaire inné. Quand la confiance dans leur force collective n’est pas là, ils acceptent leur sort, ils s’adaptent à la société en épousent les valeurs, l’individualisme, la réussite personnelle, le nationalisme et les préjugés.

Notre confiance dans la classe ouvrière découle de l’analyse marxiste de la société. L’un des apports fondamentaux de Marx et d’Engels a été de montrer que la société capitaliste portait en son sein le socialisme. Le capitalisme a rassemblé les moyens de production, les a concentrés faisant travailler ensemble des milliers, des centaines de milliers de personnes. Au sein des multinationales, il a de fait, socialisé et collectivisé le travail et la production.

Des dizaines, des centaines de milliers de salariés sont intégrés dans le même processus de production. Mais ils travaillent pour le compte d’une ou de quelques familles bourgeoises. Pour réaliser le socialisme, il ne reste qu’à supprimer la propriété privée des capitaux. Il ne reste qu’à exproprier la grande bourgeoisie des moyens de production qui appartiennent à toute la société !

C’est l’intérêt profond de la classe ouvrière qui, comme disait Marx n’a rien d’autre à perdre que ses chaînes. C’est inscrit dans la logique de la lutte de classe qui ne se terminera qu’avec la mort du capitalisme.

La classe ouvrière a déjà mené de grandes luttes, des grèves générales, des insurrections et des révolutions. Elle a fait la preuve qu’elle était capable de prendre le pouvoir en Russie en 1917 et d’ébranler le monde. Mais sans même parler de ces périodes extraordinaires, quand la classe ouvrière portait haut ses perspectives révolutionnaires, elle a fait progresser toutes les idées d’émancipation : l’égalité entre les femmes et les hommes, l’indépendance des pays colonisés, l’antiracisme, la lutte contre l’apartheid, le combat des Noirs américains…

Alors les hauts et les bas dans la combativité et la conscience des travailleurs ne nous feront pas changer d’idées et de programme. Construire une organisation sociale où l’exploitation de l’homme par l’homme disparaîtrait, où la pauvreté serait bannie et où les relations humaines ne seront pas pourries par l’argent est possible depuis longtemps. C’est le drapeau qu’il faut maintenir. Il en va de l’avenir de la société, de l’humanité et de la planète !

Et pour finir, je voudrais m’adresser aux jeunes qui nous écoutent. Vous êtes conscients que l’on court à la catastrophe écologique et vous voulez être responsable pour l’humanité et la planète ? Vous rejetez cette barbarie qui consiste à traiter les migrants comme des pestiférés ? Vous ne supportez plus cette société où tout n’est que concurrence, sélection, lutte individuelle et vous aspirez à vivre autrement ? Vous ne vous résignez pas à vous faire exploiter et vous cherchez tous les moyens possibles pour y échapper ?

Eh bien il faut changer la société ! Il n’y a pas d’issue individuelle. Il faut agir collectivement, s’engager politiquement pour renverser le capitalisme. C’est un combat difficile, un combat sans garantie de succès. Un combat qui commence dans les consciences parce que c’est un combat qu’il faut mener contre l’idéologie dominante selon laquelle le capitalisme serait plus fort que tout, parce qu’il correspondrait à la nature humaine.

Eh bien ne cédez pas aux vents dominants ! Ne cédez pas au conformisme et à l’individualisme ! Attelez-vous à comprendre le monde, les rapports de classe qui le régissent. C’est de là, des exploités que viendront les grandes révoltes. C’est leur levée en masse qui donnera la possibilité renverser le vieux monde et tout son fatras réactionnaire.

Liez votre sort à celui de la classe ouvrière qui est le seul levier révolutionnaire pour refonder une autre société.

 

Alors que vous soyez jeunes ou moins jeunes rejoignez-nous dans le combat révolutionnaire. Nous défendons ces idées depuis des décennies dans les entreprises et les quartiers populaires. Nous avons démontré que nous ne sommes pas des girouettes qui changent de politique en fonction de l’air du temps, des modes intellectuelles et politiques. Et nous serons là demain pour que les générations futures puissent trouver le chemin pour écrire une nouvelle page de l’histoire de l’humanité. C’est un combat ambitieux et difficile, mais c’est le seul combat qui vaille, le seul enthousiasmant !