Discours de Nathalie Arthaud à la fête de Lutte ouvrière (lundi)

Meeting
14/06/2019

Chers amis, chers camarades,

L’allocution de lundi est traditionnellement consacrée à l’international, et je salue tout spécialement nos camarades venus de Guadeloupe et de Martinique, de La Réunion, des États-Unis, d’Haïti, de Côte d'Ivoire, de Belgique, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Espagne, d’Italie ou de Turquie.

Notre fête est aussi la leur et leur présence participe de sa richesse politique. Et au-delà de l’UCI et de ses organisations, je salue bien sûr aussi les autres militants venus d’autres pays.

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Le renforcement de l’extrême-droite et la guerre générale contre les migrants

Comme l’ont montré les élections européennes, le fond de l’air est de plus en plus réactionnaire. Les partis d’extrême droite ou de droite extrême confortent leur influence en Europe. C’est vrai de la France avec Le Pen, de l’Italie avec Salvini, de la Hongrie avec Orban, de la Grande Bretagne avec le parti du Brexit de Farage, de l’Allemagne avec l’Afd, de la Belgique avec l’extrême droite flamande… Tous ces partis font du nationalisme et du repli sur soi leur fonds de commerce électoral.

Ils se présentent anti-migrants, mais ils sont aussi anti-ouvriers. Là où ils sont au pouvoir, ils ont fait reculer la condition ouvrière. Orban en Hongrie a donné la possibilité au patronat d’imposer jusqu’à 400 heures supplémentaires par an, payables sur trois ans ! En Autriche, le parti FPÖ, au pouvoir jusqu’au scandale qui l’a poussé hors du gouvernement, a soutenu une loi facilitant les journées de travail de 12 heures et les semaines de 60 h.

Et il n’y a pas à s’en étonner parce que sur le fond, être anti-migrant c’est être anti ouvrier. Le mot migrant est d’ailleurs réservé aux pauvres, aux exploités. Aucun émir du Qatar, aucun milliardaire indien, aucun oligarque russe et aucun bourgeois français propriétaire d’exploitation agricole ou de ports en Afrique ne s’est jamais fait traiter de migrants. Pour être considéré comme un migrant, il faut appartenir au monde des exploités.

La classe ouvrière s’est constituée avec des générations de migrants. Avec des générations de paysans chassés de leurs terres et transformés en prolétaires. Avec des générations de femmes et d’hommes capturés en Afrique, réduits à l’esclavage et envoyés sur les plantations d’Amérique.

En France, au 19ème siècle, les migrants étaient auvergnats, bretons, savoyards. Puis ils sont venus de plus loin, de Belgique, de Pologne, d’Italie, du Portugal.

Après eux, ou en même temps, sont arrivés les ouvriers des quatre coins de l’empire colonial, des Vietnamiens, des Africains, des Maghrébins. Toujours chassés de chez eux par la misère. Aujourd’hui en France, les travailleurs des grandes entreprises sont originaires du monde entier.

Alors s’attaquer aux migrants, c’est s’attaquer à la classe ouvrière ! A la classe ouvrière d’aujourd’hui et à celle de demain. Il faut refuser tout cela ! Par-delà les origines, par-delà la nationalité, la couleur de peau ou les croyances, nous formons une seule et même classe ouvrière ! Contre la bourgeoisie, Travailleurs de tous les pays unissons-nous !

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Il n’a pas fallu attendre l’arrivée de cette nouvelle vague de souverainistes au Parlement européen pour que l’Europe se transforme en forteresse. Les prétendus « progressistes » à la Macron ont une responsabilité écrasante en la matière.

L’UE a passé des accords avec les pays de départ ou de transit pour qu’ils empêchent le départ des migrants et réadmettent ceux qui ont réussi à s’échapper. Elle paye la Turquie pour qu’elle garde trois millions de Syriens dans des camps infâmes. Elle a aussi signé des accords de réadmission avec l’Afghanistan, pays paisible s’il en est ! – avec la Libye livrée aux milices qui les maltraitent voire les revendent en esclavage ! On en revient à la traite esclavagiste comme au temps du commerce triangulaire, et l’UE appelle ça l’aide au développement !

Les rapports que les pays capitalistes d’Europe occidentale entretiennent avec les pays pauvres d’Afrique ou d’Asie ont changé de forme mais pas de contenu. Le colonialisme se perpétue avec la domination économique des grands trusts des pays impérialistes. C’est toujours la même barbarie de l’exploitation, du pillage et de la misère.

Et pour que les peuples ne puissent s’en échapper, les dirigeants européens ont levé une petite armée. Parce que Frontex, l’agence qui supervise les contrôles aux frontières de l’espace Schengen c’est ça ! Ses effectifs sont passés de 1 500 personnes en 2016 à 10 000 aujourd’hui ! L’agence Frontex s’est équipée de matériels sophistiqués, de radars, bateaux, drones, hélicoptères… comme pour mener une guerre ! Oui, cette guerre contre les migrants est l’aspect le plus visible de la guerre impérialiste que les bourgeoisies les plus puissantes de la planète mènent contre les opprimés.

Eh bien comme l’ont fait des générations de militants ouvriers révolutionnaires à chaque fois que leur bourgeoisie a voulu les jeter contre des prolétaires d’autres pays, il faut dire que c’est une sale guerre et que nous ne marchons pas. Réaffirmons haut et fort, le droit de circuler librement pour tous les opprimés de cette terre !

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Les frontières sont dépassées !

Ceux qui, parmi les dirigeants des nations les plus riches, prônent l’établissement de murs et de barbelés entre les peuples sont des réactionnaires. Ils peuvent faire des voix dans les urnes à la faveur de la crise et du désarroi politique qui frappe les classes populaires, mais ils ne représentent certainement pas l’avenir.

Regardez les politiciens de Grande Bretagne qui ont milité pour le Brexit, mais qui sont incapables de le réaliser tant ils mesurent que leur économie et les intérêts de leur bourgeoisie sont liés à l’Europe. Ce sont des démagogues, et au jeu de la démagogie, il se trouvera toujours des politiciens pour tenter de faire recette avec la surenchère réactionnaire, même si c’est en contradiction complète avec les nécessités de l’organisation économique et sociale !

Même les plus souverainistes d’ici, ceux qui n’ont que le mot « protectionnisme » à la bouche, sont-ils pour que les capitalistes français arrêtent d’exporter à l’étranger et se retirent de tel ou tel pays ? Bien sûr que non. Dans une interview récente, Marion Maréchal Le Pen a affirmé sans rire, que la France était une des plus grandes puissances d’Amérique latine parce qu’elle a, avec la Guyane, la plus grande frontière avec le Brésil !

En bons défenseurs de la bourgeoisie, tous ces souverainistes sont tous pour la création de champions nationaux ou européens. Que ces grandes entreprises vendent des engins de mort à des monarchies moyenâgeuses comme l’Arabie saoudite, qu’elles vendent des produits de luxe aux milliardaires de pays où la malnutrition fait rage, ça ne les gêne pas. Cette mondialisation-là leur convient très bien car ce qui fonde leurs convictions, c’est leur dévouement aux intérêts capitalistes.

Eh bien les intérêts des travailleurs sont à l’opposé de leur politique !

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La mondialisation est une réalité irréversible car nous sommes tous dépendants les uns des autres. Nous habitons sur la même terre, nous partageons les mêmes eaux, la même atmosphère. S’il y a bien une constante dans toute l’histoire de l’humanité, c’est le fait de se déplacer, de circuler en fonction de ses besoins.

Comme l’a rappelé une des conférences du chapiteau scientifique, nous sommes tous des Africains et hors d’Afrique, nous sommes tous des migrants parce qu’au fil des millénaires, l’humanité a quitté l’Afrique pour peupler toute la planète et a conduit au brassage des peuples d’abord sous la pression de ses besoins vitaux et par curiosité, par besoin de comprendre, d’être émerveillé. Des ressorts qui nous poussent encore aujourd'hui à explorer l’espace, à repousser les frontières de l’ignorance.

Eh bien nous sommes convaincus que c’est aussi sur cette base que les opprimés réussiront tôt ou tard à abolir les frontières. Et qu’ils trouveront la force de se révolter et de tenter ce saut dans l’inconnu qui consistera à construire une société sans bourgeoisie, une société collective sans concurrence, sans cette loi du profit ! Alors ils transformeront notre slogan, « notre pays la terre et ma patrie l’humanité », en réalité !

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Crise capitaliste et menaces de guerres

Plus de dix ans après la grande crise de 2008 qui a failli mettre à bas le système bancaire de la planète, l’économie mondiale reste sous la perfusion permanente des banques centrales et des États. Même les économistes bourgeois s’en inquiètent : la productivité du travail ne progresse plus, les investissements dans la production sont insuffisants, la croissance trop faible.

Si les capitalistes ont restauré leurs profits, ce n’est pas en développant l’économie, ce n’est pas en construisant les logements ou des chemins de fer ni en apportant l’eau et l’électricité aux régions du monde qui en manquent.

C’est en aggravant l’exploitation des travailleurs, en réduisant les salaires, en augmentant le temps de travail, la précarité et la flexibilité. C’est en usant davantage les installations existantes, et en rachetant à prix d’or des concurrents sans créer de la moindre richesse nouvelle.

Et c’est en jouant au casino de la finance à tel point qu’ils attendent tous le prochain krach, croisant les doigts pour qu’il n’emporte pas tout avec lui.

Dans ce contexte d’instabilité et de crise caractérisée par un marché mondial qui ne s’étend plus et une guerre commerciale féroce, les relations internationales ne sont que rapports de force permanents, coups de bluffs, mesures de rétorsions commerciales et bruits de bottes.

Et avec Trump à la tête de la première puissance impérialiste tout cela est sans fioriture. Les réunions internationales se multiplient, mais les bras de fer succèdent aux ronds de jambes. Les tweets insultants et menaçants remplacent le langage diplomatique.

Trump est le chef de la première puissance impérialiste et il fera rentrer dans le rang tous ceux qui voudraient lui tenir tête et constituent une menace potentielle pour les affaires américaines.

Iran, Venezuela, Chine, Russie, Corée du Nord… depuis que Trump est au pouvoir, il s’amuse à craquer des allumettes à côté de barils de poudre. Pour l’instant, il a fait le choix d’éteindre l’allumette à temps. Mais qui peut être certain que demain les choses ne lui échapperont pas? Quelle allumette provoquera l’explosion ?

Peut-être n’y aura-t-il pas de nouvelle guerre mondiale mais une mondialisation de la guerre avec la multiplication de guerres régionales. Des guerres plus ou moins larvées comme celle que mène l’Etat d’Israël contre le peuple palestinien qu’il opprime depuis plus de 70 ans. Comme ce bras de fer entre la Russie et l’Occident par Ukraine interposée, qui est déjà responsable de plus de 10 000 morts, de centaines de milliers de réfugiés et d’immenses destructions. Cela peut aussi être des guerres ouvertes et sanglantes comme celle que l’Arabie saoudite mène au Yémen. Une guerre qui a fait au bas mot 10 000 morts et 50 000 blessés.

Et prenez ce qui se passe en Afrique. L’Etat français a été forcé de reconnaître que la zone d’instabilité autour du Sahel n’a fait que s’agrandir à la suite de l’enlèvement de deux Français au Bénin le mois dernier et à leur dramatique libération au nord du Burkina Faso. Aussitôt, des voix horrifiées se sont élevées contre l’idée que demain, plus aucun touriste français ne pourra mettre un pied en Afrique. Comme si le problème pouvait se résumer aux safaris et autres aventures touristiques !

Les premiers à payer les conséquences de la prolifération des bandes armées, ce sont les habitants. Ils le payent en étant rançonnés ou chassés de leur village, ils le payent par des enlèvements et des tueries sanglantes !

Non seulement l’armée française n’est pas le rempart contre ces bandes armées, mais elle en est un facteur aggravant ! En intervenant en Libye il y a huit ans, la France a non seulement livré ce pays et sa population à la loi de milices rivales, mais elle a ouvert la route à la ruée des groupes djihadistes et au banditisme, si tant est qu’il y a une différence entre les deux.

Partout de nouveaux terroristes remplacent ceux qui sont morts. Car les troupes françaises apparaissent pour ce qu’elles sont : une garantie pour des régimes corrompus qui laissent leur population sans protection ni services de santé ou d’éducation dignes de ce nom ; et une assurance pour la bourgeoisie française, pour qu’elle continue d’extraire l’uranium du Niger, pour qu’elle continue d’exploiter les mines du Kivu, les ports et les plantations de cacao en Côte d’Ivoire. Autrement dit, pour permettre aux puissances impérialistes de mieux piller leur pays !

Alors troupes françaises hors d’Afrique ! Et à bas l’impérialisme et le capitalisme, car comme Marx le disait « Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme, et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation. »

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Contre les forces réactionnaires, les opprimés sont la seule force progressiste

L’évolution des choses se reflète dans le fait que de plus en plus de réactionnaires revendiqués accèdent au pouvoir ; on le voit avec Trump ou Poutine, avec la victoire électorale de Bolsonaro au Brésil et la percée de Vox en Espagne qui sont deux forces politiques qui ont pour point commun de se placer dans l’héritage de dictatures militaires féroces.

C’est une vieille droite qui ressurgit, avec ses drapeaux, sa patrie, ses slogans haineux, sa politique antiouvrière et son mépris des pauvres et des femmes. Mépris visible en particulier par la contestation croissante du droit à l’interruption volontaire de grossesse.

Le plus grave est que cette extrême droite ou cette droite extrême, parvient à glaner des voix dans les classes populaires. Au Brésil, une partie des anciens électeurs de Lula, écœurés par la corruption qui a gangréné son régime, ont voté pour Bolsonaro ! C’est dire l’immense responsabilité de la gauche dans ce retour en arrière !

Le monde ouvrier est sonné par la crise et l’offensive de la bourgeoisie et il est désarmé politiquement et désorienté.

Mais on le voit en Algérie et au Soudan, les peuples et les opprimés sont toujours capables de se jeter corps et âme dans de grands combats.

Ce n’est pas la combativité et l’initiative des masses qui font défaut aujourd'hui dans ces deux pays ! Il en a fallu du courage en Algérie pour oser défier une dictature, un pouvoir militaire qui a démontré avec la décennie noire qu’il était impitoyable et qu’il ne reculerait devant aucun massacre… et il en a fallu au Soudan où le satrape El Béchir a semé la terreur pendant des décennies !

Oui, ce qui s’est passé ces derniers mois dans ces deux pays montre qu’il arrive toujours des moments où la révolte est plus forte que la peur. Des moments où l’action et la témérité de quelques-uns encourage d’autres et conduisent des centaines, des milliers, des millions à oser faire ce que l’on n’imaginait même pas quelques jours avant !

À lire les quelques reportages parus sur le sit-in géant qui s’est tenu pendant des semaines devant le quartier général des forces armées à Khartoum, on ne pouvait qu’être impressionné par la vitesse à laquelle ont jailli les initiatives.

En l’espace d’un mois et demi, les révoltés ont transformé le carrefour en QG révolutionnaire. Ils y ont amené de l’eau, l’électricité, des toilettes. Une cuisine collective, des dortoirs ont été installés. La solidarité s’y est organisée, les enfants des rues ont été pris en charge… Des milliers de femmes et d’hommes ont passé des jours et des nuits à débattre de politique, de démocratie, de rapports entre les femmes et les hommes, de grève générale…

Mais, pendant ce temps-là, le pouvoir des militaires se préparait à réprimer, avec le soutien de ses alliés régionaux, l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, et, à n’en pas douter, avec la complicité des grandes puissances.

Et depuis une semaine, une violente répression s’est abattue sur Khartoum. Plus de 100 morts, 500 blessés, et les chiffres augmentent sans cesse au fur et à mesure qu’on repêche les cadavres de ceux qui ont été jetés dans le Nil, ligotés et, pour beaucoup, torturés.

Aujourd'hui Khartoum est quadrillé par les forces de sécurité lourdement armées et par les milices paramilitaires. Et leur férocité rappelle celle de toutes les classes dominantes défendant leurs privilèges : la férocité de Thiers conduisant au massacre de la Commune de Paris, celle pendant la révolution chinoise de 1927 où les ouvriers étaient brulés dans les locomotives ou, plus près, la répression de Pinochet au Chili.

Ce qui se passe à Khartoum est un avertissement sanglant pour tous les peuples qui relèvent la tête. Il vient après celui de l’Egypte où l’effervescence populaire a été brisée par le général al-Sissi. Avertissement formulé il y a quelques semaines par cet intellectuel égyptien s’adressant à la population de Khartoum en révolte :« Une demi-révolution est un suicide complet. Ne laissez pas l’armée confisquer les fruits de votre combat. »

L’avenir nous dira si le mouvement de contestation au Soudan s’en relèvera. Mais l’issue va dépendre de la capacité des masses révoltées à se confronter avec l’armée et à transformer leur révolte en révolution !

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Oui, lorsque les opprimés se révoltent, ils ne peuvent pas compter sur la compréhension de leurs oppresseurs ni même sur leur pitié.

Il arrive dans certains contextes que la dynamique même de la lutte de classe conduise les opprimés à se donner les moyens de se défendre et à ce que, spontanément, ils trouvent le chemin pour décomposer les forces de répression, en attirant de leur côté une partie des forces armées, en particulier en dressant les soldats du rang, issus en général des classes opprimées, contre l’état-major et la hiérarchie militaire. C’est-à-dire en introduisant la lutte des classes à l’intérieur même de l’armée.

Les masses en révolte ne peuvent vaincre que si elles ont cette volonté et cette détermination. Cela dépend d’une multitude de facteurs, à commenter par la profondeur de la révolte et la radicalité des masses. Mais l’existence d’un parti révolutionnaire peut et doit jouer un rôle décisif.

Un parti avec des militants capables d’entrainer les révoltés ne serait-ce qu’à se défendre et à se protéger. Un parti et des militants capables de transmettre les expériences du passé, et en premier lieu la nécessité pour les masses de se donner tous les moyens, y compris militaires pour l’emporter sur leurs oppresseurs. Un parti et des militants capables de comprendre et de transmettre cette grande leçon que Blanqui avait tirée de la révolution de juin 1848 en France : « Qui a du fer a du pain, on se prosterne devant les baïonnettes on balaye les cohues désarmées. »

Alors oui, dans bien des pays, et c’est vrai ces dernières années dans une partie du monde arabe, les masses populaires ont montré leur poids et aussi leur vitalité. Et ce qui se passe en Algérie et au Soudan doit renforcer notre détermination à faire tout ce qui dépend de nous pour avancer dans la voie d’un parti communiste révolutionnaire partout où nous existons.

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Maintenir le cap de la construction d’un parti révolutionnaire

Disons-nous bien que de telles luttes peuvent éclater n’importe où avec la même soudaineté, y compris dans un pays impérialiste riche comme la France, où la crise du capitalisme appauvrit une partie de plus en plus importante de la population !

Tant qu’il y aura de l’exploitation et de l’oppression, il y aura des révoltes d’exploités. Et il faut des femmes et des hommes qui s’y préparent, qui construisent un parti capable de proposer une politique aux travailleurs.

Un parti dont l’objectif ultime soit la conquête du pouvoir par la classe ouvrière, non pas à l’intérieur des institutions de la bourgeoisie mais au contraire, par la destruction de ces institutions et leur remplacement par des organes démocratiques du pouvoir des travailleurs eux-mêmes. Par l’armement des travailleurs eux-mêmes. Comme cela s’est fait dans le passé avec la Commune de Paris, ou les conseils ouvriers, les « soviets »,en Russie.

En dehors de toute grande mobilisation des travailleurs, en dehors des périodes révolutionnaires, les révolutionnaires ne peuvent qu’être minoritaires et la construction de ce parti ne peut qu’être lente et laborieuse.

Mais comme l’ont exprimé plusieurs dirigeants de la bourgeoisie, face aux inégalités devenues délirantes, « nous sommes entrés dans l’âge de la colère » et oui, bien des choses peuvent se précipiter. C’est dans les moments rares où des centaines de milliers, des millions d’hommes s’intéressent à l’avenir de la société et ont envie d’en devenir les acteurs, que les idées révolutionnaires peuvent s’emparer des masses comme disait Marx.

Eh bien, il faut partout, dans tous les pays, des femmes et des hommes qui ont la volonté de militer sur le terrain des intérêts des travailleurs et de construire un parti ouvrier révolutionnaire. Pour qu’une telle organisation existe, il faut qu’il y ait des militants qui aient tenu y compris dans les moments de basses eaux, et il faut des militants qui se soient aguerris.

En s’engageant dans tous les combats petits et grands qui s’offrent à nous dans la lutte de classe quotidienne et dans les combats politiques. Et aussi en s’armant de l’héritage du passé et de toutes les luttes du mouvement ouvrier, qui constituent le capital politique des travailleurs.

C’est le but que nous nous fixons.

Tout dans l’histoire récente nous conforte dans la conviction que le capitalisme a fait son temps et qu’il doit céder la place à une forme d’organisation économique et sociale supérieure. Alors, avec ténacité, avec persévérance, gagnons aux idées communistes révolutionnaires des travailleurs, des jeunes, une nouvelle génération pour renverser un ordre capitaliste injuste, anachronique, pourrissant. C’est la seule voie pour sortir la société de son impasse actuelle et pour permettre à l’humanité de connaître un nouvel élan.