Lutte ouvrière dans les élections européennes

Meeting
22/02/2019

Texte de la vidéo de présentation de la campagne, par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier : "Contre le grand capital, le camp des travailleurs"

Avec mon camarade Jean-Pierre Mercier, nous conduirons la liste lutte ouvrière aux élections européennes.

Nous appelons les ouvriers, employés, enseignants, travailleurs en activité ou au chômage, retraités, à profiter de cette élection pour exprimer leurs exigences élémentaires, un emploi, un salaire, une retraite, le droit de nous soigner de nous loger dignement. Parce que ce n’est plus possible. Même dans un pays riche comme la France, nous sommes de plus en plus nombreux à être plongés dans la précarité et la misère.

Les conditions de vie et de travail deviennent de plus en plus difficiles. Au nom de la crise et de la compétitivité, toutes les entreprises aggravent les cadences et la flexibilité, suppriment les emplois, font pression sur les salaires. Cela vaut pour le privé mais aussi pour les hôpitaux, l’éducation, la Poste, que l’État ne peut plus financer correctement parce qu’il consacre de plus en plus d’argent à soutenir le grand capital. Avec les travailleurs indépendants, les petits artisans et commerçants qui subissent de plein fouet la crise et le recul du pouvoir d’achat des classes populaires, c’est l’ensemble du monde du travail qui est écrasé par le rouleau compresseur du grand capital et de la finance.

Nous nous présentons pour affirmer que mettre fin à la loi du profit et à la dictature de la minorité capitaliste est une nécessité vitale pour l’écrasante majorité de la population. Tous les jours, des travailleurs sont amenés à se défendre contre le grand patronat. Il faut que leur combat devienne le combat collectif de la classe ouvrière contre la classe capitaliste. L’aboutissement doit en être le renversement de ce système capitaliste qui pourrit toute la société et la réorganisation de l’économie afin qu’elle vise à satisfaire les besoins de tous au lieu d’enrichir de façon extravagante une minorité de parasites.

Les partis de la bourgeoisie, LREM, LR, PS, RN, veulent enfermer les électeurs dans un faux débat qui consisterait à se positionner pour ou contre l’Europe. Les uns comme LREM, le PS, LR, défendent l’Union européenne au nom de l’ouverture et des vertus du libre-échange, quand les autres, comme le RN et LFI, les rendent responsable de la désindustrialisation et du chômage. Les uns comme les autres trompent les travailleurs.

Ce ne sont pas les règles de l’UE qui font reculer la condition ouvrière mais la crise économique et la rapacité de la classe capitaliste. Et c’est d’ailleurs vrai à l’échelle du monde, c’est vrai sur tous les continents et dans tous les pays.

Prétendre qu’il faudrait en revenir aux frontières nationales et aux protectionnismes nationaux est un mensonge grossier et dangereux. Les frontières n’arrêtent ni l’avidité du grand capital ni la crise. UE ou pas, libre échange ou protectionnisme, c’est toujours la classe capitaliste et, elle seule, qui décide des investissements, des emplois, des salaires, des prix. UE ou République française, c’est toujours le grand capital qui gouverne nos vies et nous exploite.

Il ne faut pas que les travailleurs se divisent sur le cadre institutionnel dans lequel la bourgeoisie organise l’exploitation. Être pauvre en francs ou en euros, qu’est-ce que cela change ? Toute cette démagogie nationaliste est contraire aux intérêts de classe des travailleurs. Elle est dangereuse aussi parce que le nationalisme favorise la montée des idées xénophobes à la base de tous les racismes.

Alors dans cette campagne, nous affirmerons que les idées internationalistes sont inséparables des intérêts des travailleurs. Nous affirmerons que les exploités, quelle que soit leur nationalité, leur origine ou leur religion, appartiennent à la même classe, avec les mêmes intérêts et un même combat à mener pour leur émancipation.

Nous sommes de ceux qui affirmons fièrement que notre pays c’est la terre, et notre patrie, l’humanité. Le morcellement de l’Europe est un anachronisme et une aberration. L’histoire, l’économie, la vie sociale des différents pays européens sont entremêlés depuis des siècles. Il suffit de quelques heures d’avion pour traverser deux, trois, quatre frontières. Les entreprises se déploient à l’échelle européenne et même mondiale. La classe ouvrière de chaque pays a des origines multiples qui fait d’elle une classe internationale depuis fort longtemps.

Alors oui, l’unification de l’Europe serait un progrès. Mais il ne faut pas l’attendre de la bourgeoisie. Cela fait plus de 60 ans que les dirigeants européens essayent, laborieusement de construire l’Europe, et ils n’y sont toujours pas parvenus. Aujourd'hui avec le Brexit, l’Europe est même en train de reculer ! Parce que, comme tout ce que la bourgeoisie fait, elle le fait de travers étant donné qu’il n’y a que ses affaires et ses profits qui comptent.

Il ne faut pas être surpris de ce que l’UE n’ait jamais rien fait pour améliorer le sort des travailleurs. Elle a été construite par la bourgeoisie et pour ses intérêts. Alors oui, l’Europe n’est pas belle à voir. Mais les Etats nationaux ne le sont pas plus ! Et notre objectif, n’est pas de dénoncer les institutions que la bourgeoisie peut se donner à tel ou tel moment, c’est d’abattre le capital.

Dans cette élection, ne nous laissons pas détourner de notre combat fondamental. Il faut affirmer que les travailleurs ont à défendre leurs intérêts matériels et vitaux et la perspective de renverser l’ordre social capitaliste. Parce qu’aucun des problèmes de la société, depuis les menaces sur l’environnement et le climat jusqu’aux besoins élémentaires - pouvoir se soigner ou se loger - ne pourra être résolu sans renverser le pouvoir du grand capital, sans l’expropriation et la mise sous contrôle des grandes entreprises et des banques par la collectivité. Il en va de l’avenir des travailleurs et de toute la société.