Meeting de Toulouse (17 mars 2017)

Meeting
19/03/2017

Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades

Vous le savez sans doute, le conseil constitutionnel a enregistré 623 parrainages pour ma candidature, je suis donc candidate à l’élection présidentielle.  

Evidemment je resterai une petite candidate aux yeux des médias. Mis à part les 15 derniers jours où il existe une égalité de temps de parole, les grands médias vont continuer d’organiser deux campagnes parallèles : une pour les grands candidats, une autre pour les petits qui n’auront droit qu’à des miettes d’interview distillés par-ci par-là.

C’est en contradiction avec toutes les déclarations sur la neutralité et le pluralisme de la plupart des journalistes mais c’est comme ça. Cela s’appelle, d’après le CSA, le principe de l’équité : la médiatisation peut être proportionnelle aux intentions de vote données par les sondages.

Alors oui, tout le système médiatique est bien verrouillé. Mais il ne faut pas s’en étonner. Les travailleurs qui manifestent ou sont en grève ne sont pas mieux traités. Jamais les médias n’ont déroulé le tapis rouge à ceux qui remettaient en cause l’ordre établi. Ils protègent leur pouvoir. C’est dans l’ordre des choses. C’est d’ailleurs à cela que l’on vérifie qui est réellement dans le système et qui ne l’est pas.

D’un certain côté, c’est une reconnaissance. Oui, nous ne faisons pas partie du paysage, nous ne faisons pas partie de ce personnel politique qui s’accommode de cet ordre social injuste et nous n’aspirons pas à en faire partie.

Je participe à l’élection présidentielle mais à la différence des autres candidats, je ne joue pas le jeu électoraliste. Je ne suis pas candidate pour devenir présidente de la République. Ni moi, ni Arlette Laguiller avant moi n’avons jamais rêvé de l’Elysée ou de Matignon. Nous ne voulons pas participer à la gestion de ce système qui est basé sur le capitalisme, c’est-à-dire sur l’exploitation et sur l’oppression. Nous voulons le renverser.  

Nous sommes convaincus que les travailleurs, les exploités peuvent le faire et qu’ils peuvent imposer une gestion collective de la société à condition qu’ils en aient conscience, à condition qu’ils se battent tout simplement pour leurs intérêts. Dans les élections, nous pouvons faire avancer ce combat.

C’est pourquoi dans cette élection, j’appelle les travailleurs, les ouvriers, les chômeurs à mettre en avant leurs intérêts contre les licenciements, contre l’augmentation du temps de travail et l’aggravation de l’exploitation, contre les bas salaires. Je les appelle à affirmer une politique de classe, un programme pour les travailleurs. Je les appelle à un vote de conscience et de combativité ouvrière.

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Les commentateurs politiques parlent d’une campagne où « tout est possible ». Cette campagne offre en effet un spectacle inédit. Plusieurs candidats, sans être nouveaux en politique se sont invités de façon inattendue. Et en plus de ce casting renouvelé, on a droit à des rebondissements avec désistements,  ralliements, tractations d’appareil, divisions et démêlés judiciaires… Pour la première fois, on aura donc un candidat à la présidentielle mis en examen.  

Alors oui, cette campagne avec ses coups de théâtre, ces hommes politiques mis en examen a de quoi surprendre mais elle reflète quelque chose de bien plus fondamental : elle reflète la décrépitude d’un système politique en bout de souffle.

Comme dans bien d’autres pays, la crise économique a discrédité tous ceux qui gouvernent depuis des décennies, elle remet en cause gauche/droite et engendre la décomposition politique des deux grand partis qui tenaient jusque là le premier rôle. Alors oui, il est impossible de prédire qui finira président de la République et comment il construira une majorité parlementaire. Dans les mois à venir, le système politique peut très bien connaître une crise.

Mais il y a une chose certaine, c’est que les affaires de la bourgeoisie seront bien gardées. Quelles que soient les péripéties politiciennes, le grand capital imposera sa politique et il trouvera le prochain président de la République à ses pieds parce que tous ceux qui sont susceptibles d’arriver à l’Elysée sont les serviteurs dévoués de la bourgeoisie.

Fillon est le porte parole par excellence du grand patronat. Et il lui ressemble, comme deux gouttes d’eau ! Son arrogance et ses leçons de morale du genre faites ce que je vous dis, pas ce que je fais, c’est l’arrogance et le mépris de la bourgeoisie pour le monde ouvrier !

Quant au programme, c’est simple, il a repris l’intégralité de la politique du Medef, la fin des 35 heures, la hausse de la TVA et la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, il déclare la guerre aux travailleurs !

Comme Fillon, mais de façon plus honteuse, Macron veut lui aussi servir la soupe au patronat. Il s’érige en petit nouveau de la politique, pleins d’idées soi-disant fraîches et originales ! Mais Macron, c’est le travail du dimanche, la remise des bus sur la route, c’est le culte de l’individualisme et du chacun pour soi. Il ne jure que par ces auto-entrepreneurs qui ne sont en réalité que des salariés sans contrat de travail et sans protection sociale. Oh ils sont libres oui, mais ils sont libres de s’auto exploiter pour le compte des groupes capitalistes !

Et quel est le programme de Macron ? La continuation de la politique anti ouvrière menée par Sarkozy puis par Hollande pendant 10 ans avec d’un côté la pérennisation des cadeaux au patronat (baisse ISF et continuation du CICE) et de l’autre la suppression de postes de fonctionnaires (120 000), l’augmentation de la CSG, 15 milliards de moins sur l’assurance maladie et 10 milliards de moins sur l’assurance chômage.

Quant à Le Pen, c’est notre Donald Trump. Elle se déguise en candidat anti-système pour en prendre la tête et faire fructifier la fortune de ses petits copains et des plus riches.

Elle aussi prévoit des suppressions d’emploi dans la fonction publique et des cadeaux au patronat mais elle cache son jeu en brandissant la retraite à 60 ans et 80 € de prime pour augmenter les plus bas revenus. Et où veut-elle prendre l’argent ? Sur ce que couterait l’immigration.

Elle veut s’attaquer aux migrants qui fuient la guerre ou une dictature féroce. Elle veut s’en prendre à des travailleurs parfois ici depuis 5 ou 10 ans en taxant leur contrat de travail ou en imposant qu’ils payent pour leur couverture sociale ou pour l’éducation de leurs enfants. Autrement dit elle veut s’en prendre à des ouvriers, à des intérimaires, à ceux qui travaillent sur les chaînes de montage, dans les entreprises de nettoyage, de gardiennage ou de surveillance. Et elle brandit exactement la même politique que celle du patronat : diviser pour régner !

Alors oui, Le Pen est bien la dernière roue de secours de la bourgeoisie !

Alors au copain de boulot , au voisin, au parent qui est tenté par le vote FN, nous pouvons dire, laisse ce vote aux racistes, aux grenouilles de bénitier, aux nostalgiques de la France à Papa. Laisse ce vote à tous ceux qui accusent les chômeurs d’être des assisté ou qui pensent que les ouvriers ne travaillent pas assez, mais toi vote pour tes intérêts, vote pour ton camp !

A gauche, Hamon veut faire entendre une toute autre musique. Pour faire oublier le bilan des années Hollande, il s’est singularisé avec son idée de revenu universel. Ce revenu universel a déjà fait couler beaucoup d’encre eh bien cela a été de l’encre gaspillée parce Hamon l’a déjà enterrée. Habituellement les socialistes renient leurs promesses une fois arrivés au pouvoir, eh bien là la promesse n’a même pas tenu le temps de la campagne. C’est dire si Hamon est le digne héritier de Mitterrand, Jospin et Hollande ! 

Aujourd’hui les Macron, Fillon et Le Pen, Hamon s’opposent, ils s’envoient des noms d’oiseaux, mais ils ont en commun le même parti pris : ils sont convaincus que sans les capitalistes il n’y a pas de croissance, pas de prospérité, pas d’emplois. Alors leur politique consiste à les amadouer, à les bichonner. Il faut toujours que les travailleurs se plient et acceptent de faire les quatre volontés patronales.

 

Eh bien je suis candidate pour dire l’inverse ! Les forces vives du pays, c’est nous ! La bourgeoisie, les actionnaires et les PDG prétendent être la clé de voûte de l’économie. Ils ne sont rien sans nous. Imaginez les Arnault sans …les travailleurs des hôtels et les restaurants de luxe ? Imaginez-les sans conducteurs de trains et pilotes avions ? Sans leurs femmes de ménage et leurs majordomes ! Si nous ne faisions plus tourner leurs bureaux et leurs usines où ils font fructifier leur fortune ?

Ensemble nous faisons tourner toute la société. Nous produisons toutes les richesses. Y compris les supers profits qui sont encaissés par une minorité. Y compris les produits de luxe réservés aux plus riches. Les progrès des transports, de la médecine, toutes les prouesses techniques, c’est nous ! Nous sommes indispensables à la bonne marche de l’économie et de la société.

Eh bien il faut que nous l’affirmions et que cela soit notre boussole politique. Nous sommes mille fois plus légitimes à mettre en avant nos revendications que cette classe minoritaire et parasite. 

Nos intérêts, nos emplois, nos salaires, nos retraites, nos conditions de travail et de vie doivent passer avant les parachutes dorés des PDG, avant les dividendes des actionnaires, avant les fortunes d’une minorité capitaliste.

Affirmer un programme pour les travailleurs

Et si l’on veut que ce camp se renforce, qu’il soit visible y compris par tous ceux qui sont écœurés de la politique comme par ceux qui veulent voter pour le FN, il faut qu’il se manifeste dans cette élection. Il faut que le camp des travailleurs mette en avant ses intérêts, sa politique, son programme.

Pour éradiquer le chômage : un travail et un salaire  pour tous

Le premier point de ce programme, c’est d’éradiquer le chômage. Le patronat et, à sa suite tous les politiciens, prétendent qu’on ne peut pas garantir les emplois sans commandes assurées et garanties. Nous, travailleurs, nous devons affirmer qu’on ne peut pas vivre sans travail et que notre vie ne peut pas dépendre des aléas de leurs carnets de commandes. Nous ne sommes pas des machines que l’on peut brancher et débrancher. Nous avons une vie, une famille. Les loyers, les factures tombent tous les mois, même quand on a perdu son boulot. Il faut remplir l’estomac des enfants…

Il faut que tout le monde ait un travail et un salaire. La première mesure, de bon sens, est d’interdire les licenciements et les plans de suppressions d’emplois à commencer par les entreprises qui font des bénéfices sous peine d’expropriation. Regardez PSA. PSA a réalisé sur les 18 derniers mois 2,4 milliards de bénéfices et a supprimé 17 000 emplois en 3 ans. Sanofi réalise 7 à 8 milliards d’euros de profits chaque année, a supprimé 4700 emplois entre 2008 et 2015, et en supprime encore 650 !

Et c’est la même chose dans le secteur bancaire, des assurances, des médias… Les grands groupes capitalistes sont de grands fabricants de chômeurs, la première des choses, c’est de les empêcher de nuire !

Je n’oublie pas les salariés des plus petites entreprises et je sais qu’ils sont aussi concernés par les licenciements mais leur situation dépend bien souvent de ces grands groupes. Alors il faut imposer que tous ces grands groupes et les banques soient mises à contribution et payent pour préserver les emplois, y compris dans les petites entreprises qu’ils étranglent !       

Parallèlement, il faut aussi créer des millions d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, pour tous ceux qui n’ont droit, depuis des années qu’à quelques heures de boulot ici et là, pour tous ceux qui sont rejetés de la production parce qu’ils sont invalides ou handicapés. C’est possible immédiatement en imposant que le travail soit réparti entre tous. Et ce serait une mesure salutaire pour l’ensemble du monde du travail.

Dans presque toutes les entreprises, dans le privé mais aussi dans le public, la charge de travail a été accrue, les horaires de travail - auxquels il faut ajouter le temps de transport- sont devenus insoutenables. Il faut soulager ceux qui ont un emploi en diminuant leur temps de travail et en créant des emplois, de vrais emplois, avec un salaire complet. Il faut faire le contraire de ce que Renault est en train de faire en imposant un second accord de compétitivité avec heures sup et samedis travaillés obligatoires !

Et regardez les services publics, est-ce qu’il y a trop d’infirmières ou d’aides soignants dans les hôpitaux ? Regardez  l’éducation nationale. Est-ce qu’il y a trop d’enseignants ? Pour ce qui est des logements, il en manque un million accessibles à un salaire d’ouvrier, est-ce que nous n’avons plus besoin de maçons ? D’ingénieurs ? De peintres en bâtiment.  Il y a un grand nombre de besoins à satisfaire dans la société et donc autant d’emplois à créer pour les satisfaire.

Alors la répartition du travail entre tous et la réduction du temps de travail sont des objectifs nécessaires et vitaux pour toute la société. Parce que le chômage est un fléau qui pourrit la société de l’intérieur. Il aggrave la misère, il marginalise. Il pousse à l’individualisme à la compétition entre travailleurs. C’est aussi de là que naît la peur de l’autre et la déshumanisation de la société. Alors oui, pour nous c’est la priorité. Il faut un travail et un salaire pour tous !  

Pas un salaire à moins de 1800 € net – 300 € d'augmentation pour tous

A côté de cela, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite. Les principaux candidats susceptibles d’accéder à l’Élysée nous expliquent qu’il est impossible pour les entreprises d’augmenter le Smic. Le Pen explique, je la cite qu’elle « n’a jamais proposé une augmentation du smic payée par les entreprises », parce qu’elle ne veut surtout pas créer de difficultés au patronat ! Et les difficultés qu’ont des millions de femmes et d’hommes à se loger, à se soigner et même tout simplement à se nourrir, les privations qu’ils s’infligent parce qu’ils sont payés au lance-pierres, elles n’existent pas ? Le Pen et tous les autres candidats s’en moquent. Eh bien pas nous ! 

Alors oui nous sommes pour l’augmentation des salaires. La CGT met en avant la revendication de 1800 € par mois. Et il suffit de faire ses comptes. Il faut payer entre 500 et 700 € pour le loyer ou le crédit logement et parfois bien davantage ; 50 ou 100 € par mois pour le gaz, l'électricité, l'eau ; 50 ou 100 € pour les assurances, la complémentaire santé. Il faut payer l'accès à internet, le téléphone portable. Il faut payer les traites de la voiture, l'assurer, faire le plein, c'est encore 4 ou 500 € minimum qui s'en vont.

Il faut encore payer les impôts sur le revenu, la taxe d'habitation. A la fin, il reste moins d'une vingtaine d’euros par jour, pour payer nourriture, vêtements et autre articles de consommation courante ou encore quelques sorties, l’accès aux loisirs et à la culture. Et avec des enfants, c'est encore bien plus serré.

Alors 1800 € net, c'est bien le minimum qu'il nous faut pour tous les salaires et les pensions ! Quant aux minima sociaux comme le RSA, ou l’allocation adulte handicapé, ils doivent être transformés en salaire car tout le monde doit avoir le droit d’être intégré à une activité utile.

Ces 1800 euros ne sont qu’un rattrapage. Il y a 10 ans le Smic qui est aujourd’hui à 1150 € net était de 1000 €. Et déjà à l’époque, il avait pris du retard sur l’inflation. En 10 ans le Smic a augmenté de 15 %. Savez vous de combien ont augmenté le salaire des grands PDG ? De 65 % !

Alors oui il faut un minimum de 1800 euros nets par mois et une augmentation minimale de 300 euros de tous les salaires. Et pour que ces hausses soient durables, il faut que les salaires, les pensions de retraite suivent les augmentations du coût de la vie, celles des loyers, du gaz, des mutuelles, des impôts et taxes, les péages d’autoroute. On nous dit qu’il n’y a plus d’inflation, mais il suffit de comparer sa taxe d’habitation, sa facture d’électricité ou d’assurance pour voir que les prix augmentent.

Entre les salaires et les prix, il y a une course perpétuelle, alors ce qui compte c’est que nos salaires et nos pensions suivent le coût de la vie !

Contrôle des travailleurs sur les entreprises

La société est riche, très riche. Il faut prendre l’argent nécessaire sur les profits des entreprises, sur les dividendes distribués aux actionnaires, et, au besoin, sur leur fortune, accumulée au détriment des travailleurs.

C’est la raison pour laquelle les travailleurs doivent imposer la transparence sur les comptes des entreprises. Le grand patronat a érigé le mensonge et l’opacité en art de gouverner et avec le secret des affaires, la loi est faite pour les couvrir.   

Ex vivarte ! Vous savez que l’enseigne André et Naf Naf sont à vendre, que la Halle aux vêtements et la Halle aux chaussures vont fermer des dizaines de magasins et que 2000 emplois sur la selette. Qu’est ce qui a tué Vivarte ?? Ce qui est sûr c’est que ce ne sont pas les salaires ! un gérant de magasin y est payé 1400 € net, tous les autres employés sont autour du Smic. Ce qui a tué Vivarte ce sont des fonds capitalistes qui ont siphonné les bénéfices du groupe, qui l’ont forcé à emprunter de l’argent… auprès de qui s’il vous plaît ? Auprès de ces mêmes fonds, à un taux d’intérêt de 11, 12 % !

Si les salariés du groupe Vivarte avaient connu toutes ces manœuvres financières, ils auraient pu davantage anticiper, ils auraient pu s’organiser pour les dénoncer et se défendre.

De fait les travailleurs savent tout ce qui se passe dans les entreprises. Pas un courrier même secret n’échappe à l’assistante du PDG parce qu’elle le prépare, tape et l’envoie (je parle d’une vraie assistante). Collectivement, en rassemblant toutes ces informations parcellaires, les salariés peuvent avoir le contrôle sur toutes les décisions et sur l’argent qui circule dans l’entreprise. Les patrons le savent et le craignent c’est pour cela qu’ils imposent le secret professionnel aux salariés. Il faut revendiquer de supprimer ce secret des affaires.

Cette mesure est un objectif essentiel car elle modifierait le rapport de force entre le patronat et les travailleurs en donnant de nouvelles armes aux travailleurs. Il en serait fini du chantage patronal, des rumeurs et des fausses informations. Les travailleurs sauraient à quoi s’en tenir, ils pourraient anticiper, s’organiser face aux attaques patronales et prendre l’initiative pour imposer les intérêts des travailleurs. Et alors, on mesurerait l’ampleur de ce que l’exploitation rapporte, et on mesurerait qu’il est tout à fait possible et d’augmenter les salaires et d’embaucher dans tous ces grands groupes qui font la pluie et le beau temps.

Alors voilà notre programme ! Ce n'est pas, comme tous les autres candidats, un catalogue de promesses numérotées qui seront aussi vite bafouées qu'elles ont été inventées. C’est un programme qui découle de nos besoins.

Et oui c’est le plus radical car contrairement aux autres candidats nous ne cherchons pas à épargner la bourgeoisie et ses profits. Contrairement aux autres candidats, nous ne considérons pas le marché et la concurrence comme des lois de la nature mais comme les bases d’un système établit par une minorité et qui ne fonctionne que pour une minorité.

Nous sommes communistes et nous pensons que la société devrait fonctionner sur des bases collectives dans l’intérêt de tous. Autrement dit nous n’avons aucun fil à la patte, nous pouvons nous engager dans le bras de fer avec le patronat et nous sommes prêts à la combattre jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’expropriation.

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J’appelle les travailleurs qui sont d’accord avec ce programme à voter pour ma candidature. Je les appelle à faire un vote de classe et de combativité. Oh voter, ce n’est pas encore agir et se battre réellement. Mais le combat commence dans les têtes.

On ne peut pas se lancer dans le combat sans être sûr de sa légitimité. On ne peut pas gagner sans être sûr de nos intérêts, sans comprendre où sont nos ennemis, nos faux amis. Tout cela se forge dans le combat des idées et le combat politique. Le premier tour de cette élection nous  donne l’opportunité d’avancer dans ce sens là, alors il faut y aller !

Nous n’avons pas encore de parti à opposer à la bourgeoisie. En tout cas pas de parti capable de mener le combat politique à armes égales avec les partis bourgeois. Et c’est tout le problème. Si les conditions d’existence des travailleurs reculent depuis des décennies, s’ils sont désorientés, si la confusion règne dans beaucoup de têtes, c’est qu’il n’y a plus de parti ouvrier digne de ce nom depuis longtemps.

Le vote pour ma candidature permettra, le temps d’une élection, de faire apparaître les travailleurs comme une force politique, comme un camp politique. Mais il faut qu’il se maintienne après les élections. Car les travailleurs n’ont pas seulement besoin d’exprimer leurs intérêts à un moment donné, ils ont besoin de mener le combat tous les jours ; au quotidien dans les entreprises, en permanence contre la politique anti-ouvrière relayée par les gouvernements. Cela, c’est le rôle d’un parti.

Il faut un parti qui affirme que la société est divisée en deux classes aux intérêts inconciliables et que nous nous devons nous battre, en ne comptant que sur nos propres forces pour défendre notre droit à l’existence. Un parti qui affirme que les travailleurs peuvent se passer du grand capital parce que ce sont eux qui font tout fonctionner dans la société.

Voter, ce n’est pas encore construire un parti. Mais c’est déjà rassembler de façon ponctuelle derrière un drapeau. Et d’élections en élections, de mouvements de grève en manifestation, cela participe de la construction du parti. Alors votez et entraînez les gens autour de vous pour faire entendre le camp des travailleurs et aidez-nous à construire ce parti qui manque aujourd’hui à la classe ouvrière.

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A gauche de la gauche, le vote pour Mélenchon n’a absolument pas cette signification.  Mélenchon a lancé le mouvement de la « France insoumise » pour mener sa campagne. Dans certains de ses meetings, il parle de la classe ouvrière, de son rôle indispensable et de ses droits. C’est une petite musique plaisante aux oreilles. Mais il manque les paroles.

Concrètement quels sont les engagements de Mélenchon vis-à-vis des travailleurs ? Il promet l’abrogation de la loi El Khomri, le Smic net porté à 1326 € net, les vraies 35 heures. C’est loin très loin de ce qui est nécessaire. Et pourquoi ? Parce que Mélenchon se veut responsable. Il veut proposer une politique acceptable par la classe capitaliste. 

C’est bien beau de dénoncer la finance, Hollande en son temps l’avait fait superbement, mais il faut dire si l’on est prêt ou pas à la renverser. Mélenchon se dit prêt à renverser beaucoup de choses, la 5ème République, les traités européens…  mais pas le pouvoir de la bourgeoisie, pas la propriété privée sur moyens de production.

Avec d’autres, y compris Le Pen et Dupont Aignan, Mélenchon se veut le champion du « souverainisme » et de « l’indépendance de la France ». En renégociant ou en sortant de l’Union européenne et de l’Otan, nous redeviendrions « souverains », « le pouvoir reviendrait au peuple » nous dit-il. Ce sont des mots en l’air. Les seuls souverains dans cette société ce sont les capitalistes, c’est Michelin, le roi du caoutchouc, Bettencourt la reine des cosmétiques, c’est Sanofi le grand maître des médicaments…

Quand on est exploité on n’est souverain de rien du tout, que les lois se décident en France dans une 5ème ou une 6ème République ou à l’échelle de l’Europe. On  est dépendant de cette classe qui possède les capitaux et qui a le pouvoir de nous embaucher ou pas, de nous verser un salaire entier ou pas, de fixer nos horaires, les dates de nos congés… On est dépendant pour tout. Pour le choix de son métier, de son poste de travail, pour le choix de son lieu de travail. Y compris quand on est étudiant. Comment choisit-on ses études ? En fonction de ses envies et de ses passions ? Non en fonction du marché du travail, c’est-à-dire en fonction des besoins patronaux.

Et puis parler de « souveraineté » c’est encore une façon de faire croire qu’il y a des intérêts communs entre les travailleurs de France et la bourgeoisie française. C’est brouiller les consciences, c’est une façon de les détourner des travailleurs de leur véritable combat, leur combat de classe.

Alors laissons les mots d’ordre de souveraineté du peuple ou de la France aux partisans de la bourgeoisie et reprenons les objectifs qui ont toujours été ceux du mouvement ouvrier : l’émancipation des exploités, à l’échelle de la planète. Emancipation qui sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes et pas celle d’un sauveur suprême !

Mélenchon fera plus de voix que moi, parce qu’il est compatible avec le système. Parce qu’avec lui, tous ceux qui cherchent un raccourci en dehors des luttes collectives en se raccrochant à un énième un sauveur suprême sont bien servis. Mais les voix qui se porteront sur Mélenchon ne mèneront nulle part si ce n’est à de nouvelles désillusions.

En revanche les quelques centaines de milliers de voix qui se porteront sur ma candidature auront, elles, contribué à élever la conscience de classe. Elles auront armé politiquement les travailleurs.

On ne peut pas regretter le recul de la conscience ouvrière et renoncer à affirmer sa propre conscience de classe quand on en a l’occasion politique. Oui, le monde ouvrier a besoin de repères politiques et d’une boussole, eh bien il faut que cette élection soit l’occasion de les mettre en avant. Et à l’inverse de Mélenchon et de son mouvement qui n’existe que pour porter sa candidature à la présidentielle, notre campagne nous aidera à avancer dans la construction du  parti qui est nécessaire aux travailleurs, ce ne sera vote constructif.

La fierté d’appartenir à la classe ouvrière

Malgré toutes les trahisons subies, il faut que le mouvement ouvrier retrouve confiance en lui-même. Appartenir au monde du travail, doit être un motif de fierté.

Nous ouvriers, employé, enseignants, cheminots, femmes de ménage, fonctionnaires, caissières… nous faisons tout tourner, nous produisons toutes les richesses. Alors oui, nous représentons une force sociale. Une force sociale qui a prouvé, à bien des reprises dans le passé, qu’elle n’était pas vouée à subir, mais qu’elle pouvait se battre.

Nous fêtons cette année le centenaire de la révolution russe. Il y a 100 ans, les travailleurs et les paysans russes ont fait la preuve que la classe ouvrière pouvait prendre le pouvoir, et s’en servir pour transformer la société par en-bas, en créer une autre radicalement différente basée sur la propriété collective. Une société sans patrons, sans la domination de l’argent et du profit. Une société et une économie d’abord organisée pour répondre aux besoins de toute la population.

Il faut connaître cette histoire. Car le peu de temps que les travailleurs sont restés au pouvoir, ils ont réalisé ce qu’aucun autre gouvernement n’a fait. Aussitôt mis en place, le pouvoir révolutionnaire a soutenu les paysans pour qu’ils se distribuent les terres. Il a organisé la production pour répondre aux besoins urgents de la population, en contrôlant et en expropriant quand la bourgeoisie qui ne voulait pas collaborer. Il a réquisitionné les immeubles bourgeois pour que tout le monde ait un toit sur la tête.

Il a mis fin à la participation de son pays à la boucherie que constituait la première guerre mondiale. Il a donné la possibilité à tous les peuples qui étaient sous domination de la Russie de se libérer et d’être indépendants. Il a non seulement donné l’égalité des droits aux femmes mais il les a associés à tous les niveaux du pouvoir. Quel autre gouvernement prétendument démocratique a réalisé cela ? Aucun !

Et même si le Stalinisme a finalement pris le dessus en déformant et caricaturant et en trahissant les aspirations des révolutionnaires, cela ne peut pas effacer ce que les travailleurs ont réalisé. Alors oui, les travailleurs ont de quoi être fiers de ce que leur classe sociale a accompli dans le passé !

 

Et il ne s’agit pas que du passé, il s’agit aussi de l’avenir. Les travailleurs sont les seuls à pouvoir impulser une société débarrassée de l’exploitation, du capitalisme, de la concurrence, de ses crises et de ses guerres.

Parce que le capitalisme ne pousse pas seulement les opprimés à la déchéance matérielle, il  pousse toute la société à la déchéance morale. Il pousse à l’indifférence, à l’isolement ou à la haine de l’autre et fait le lit de la délinquance et du fanatisme religieux. Quand ce n’est pas la barbarie des bombardements ou du terrorisme, c’est la barbarie des murs, des barbelés que l’on oppose aux centaines de milliers de femmes et d’hommes qui fuient l’enfer.

Sur cette question des frontières, les principaux candidats sont d’accord : il faut des frontières de plus en plus étanches nous disent-ils. Et de nous répéter en boucle « qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais dans les beaux quartiers, l’argent coule à flot. Les caprices de riches se chiffrent par centaines de millions. L’argent gaspillé dans la spéculation se compte par dizaines de milliards. Et on ne pourrait rien faire contre la misère !

Mais la misère, ce sont eux qui la fabriquent. Ils la fabriquent en Syrie par leurs manœuvres et leurs bombes. Ils la fabriquent ici par le chômage et la précarité.

Et ils se servent du drame des migrants pour nous prêcher la résignation. Ils nous disent « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » exactement comme ils expliquent qu’on ne peut pas assurer un travail à tous, ou qu’on ne peut plus espérer partir à la retraite à 60 ans ou 62 ans…

Alors notre intérêt est de nous battre pour  la liberté de circulation et d’installation de tous les opprimés de cette terre. Ce n’est pas qu’une question de solidarité, il en va de notre intérêt. En tant qu’exploités, nous sommes tous des migrants potentiels, alors notre intérêt n’est sûrement pas de se battre entre nous pour se partager la misère, c’est d’imposer ensemble le contrôle sur les richesses que nous produisons et de s'opposer à ce qu'elles soient confisquées par une minorité.

Les travailleurs n’ont rien à gagner à la concurrence entre eux, rien à gagner à la compétition économique entre les peuples. Rien à gagner aux guerres qui sont le fruit des rivalités impérialistes. Les travailleurs sont de toutes nationalités, de toutes les religions et de toutes les couleurs de peau mais ils n’ont qu’une politique qui représente leurs intérêts : c’est celle de se libérer de l’exploitation.

Alors loin très loin de l’individualisme effréné du capitalisme, ils représentent la seule force sociale capable de construire une société de justice, de fraternité débarrassée des classes sociales et du nationalisme, du racisme et la xénophobie.

 

Ils sont aussi les seuls à pouvoir mettre en place une société capable de résoudre les problèmes écologiques. Car il en va de la préservation de notre environnement comme du reste : tous les politiciens font des promesses, mais, au pouvoir, ils sont bien incapables d’empêcher les catastrophes annoncées pour la simple et bonne raison que ce sont toujours les capitalistes qui ont le dernier mot.

Tant que l’on n’est pas résolu à combattre cette mainmise de la classe capitaliste qui ne jure que par ses profits, on peut parler de l’économie de la mer  et des énergies renouvelables, mais on parle pour ne rien dire.

Alors oui, bien sûr, les problèmes écologiques illustrent l’urgence qu’il y a à supprimer la concurrence et la course aux profits. Ils illustrent la nécessité d’enlever à la bourgeoisie la direction de l’économie, de gérer collectivement les immenses moyens de production dont nous disposons et de les planifier en fonction des besoins de tous. Et cela dépend de la capacité des travailleurs à prendre la tête de la société.

Voilà aussi ce que représente pour nous le camp des travailleurs : la perspective d’une société communiste, la seule société vraiment humaine.

 

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Depuis des décennies, l’élite dite intellectuelle explique «  qu’il n’y a plus d’ouvriers », « qu’il n’y plus de classe ouvrière ». Aujourd’hui on entend même parler des travailleurs comme une espèce en voie de disparition ». Mais nous, nous sommes quoi ? Nos familles, nos barres d’immeubles, nos quartiers sont composés de rentiers ? Non de femmes et d’hommes qui travaillent dans les métiers bien souvent les plus pénibles.

Et l’économie que l’on nous vend comme moderne, l’économie Uber, eh bien elle produit elle aussi des travailleurs, dont des chauffeurs qui étaient fiers d’être indépendants, il y a un an ou deux, mais qui aujourd’hui revendiquent d’être embauchés en tant que salariés !

Alors oui, la classe ouvrière existe. Et s’il y en a qui peuvent prétendre qu’elle n’existe plus, c’est parce qu’elle se rend invisible politiquement.

On l’a vue intervenir lors de la mobilisation contre la loi El Khomri. Et encore ce n’était qu’une fraction de la classe ouvrière, il y avait encore beaucoup de réserve dans toutes les entreprises ! Eh bien il faut aussi qu’elle s’exprime sur la scène politique.

On nous met dans la tête que l’élection sert à élire quelqu’un. Avec cette logique, forcément, il faut parier sur le tiercé de tête et je n’en fais pas partie. Mais encore une fois, choisir le prochain président qui nous portera des coups n’a aucun sens.

Imaginez qu’une élection soit organisée dans votre entreprise pour élire le PDG qui aura la mission de mettre en œuvre le nième plan de licenciement, le nième plan de compétitivité. Est-ce que vous voteriez pour l’un ou l’autre ? Dans cette élection, on nous demande d’élire le prochain président qui fera encore reculer les retraites, qui donnera plus de liberté pour que les patrons nous exploitent, qui les aidera à baisser nos conditions de vie et de travail ! Il ne faut pas marcher là dedans.

L’enjeu ne doit pas être de chercher à élire l’un plutôt que l’autre, mais d’exprimer ses intérêts, ses perspectives politiques. J’appelle tous ceux qui partagent ces idées à voter pour ma candidature sans craindre d’être minoritaire ou à contre-courant. Encore une fois, à quoi sert-il de voter avec la majorité quand cela conduit à élire un adversaire ? Aujourd’hui combien de travailleurs se mordent les doigts d’avoir voté Hollande en 2012 ? Et il faudrait recommencer avec un autre ?

Croire qu’il faut voter  « utile », ou  « voter pour le moins pire » pour essayer de se protéger est un leurre. Il n’y aura pas de moins pire pour le monde ouvrier s’il ne se bat pas collectivement.

Quand à s’abstenir, ce n’est pas une preuve de conscience ou de radicalisme. C’est se soumettre et c’est déserter car si nous ne défendons pas nos idées qui le fera ? Personne ne mènera le combat à notre place.

Parfois on ne trouve pas le moyen de se battre, de faire grève, de manifester, ou simplement de protester. Parce qu’on est seul ou parce que le rapport de force est trop défavorable. Mais voter, s’exprimer dans l’urne, est un geste à la portée de tous. 

Il n’y a pas de petits combats, pas de petits gestes. Quand on est à minoritaire, la moindre voix compte et peut porter. Alors il faut entraîner le maximum de ceux qui nous entourent à joindre leur voix à la nôtre. Nous sommes à contre-courant. Mais quand le courant pousse dans une direction aussi réactionnaire, aussi infecte, voire aussi barbare, quand le courant pousse à la soumission et à la résignation, oui nous pouvons être fiers d’être à contre-courant.

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Je suis la candidate de Lutte ouvrière. Les institutions sont ainsi faites qu’il fallait un nom, et mes camarades m’ont choisie pour porter cette campagne. Mais ce n’est sûrement pas une campagne personnelle. 

Biensûr  je serai en première ligne dans les médias et je me battrai comme je pourrai sur les plateaux de télé à chaque fois que l’on me donnera la parole. Une campagne comme celle-ci, relayée au niveau national permet justement de s’adresser à des millions de travailleurs. Et parmi ces millions il y en plusieurs centaines qui partagent à un degré ou un autre ces idées. Ma candidature leur permettra de rompre leur isolement et de se rallier à un camp. Elle leur permettra de se conforter dans leurs convictions. C’est déjà quelque chose d’important.

Mais bien plus largement, il y a aussi tous ceux qui se posent des questions, qui sont perdus, qui s’interrogent… Il y a encore tous ceux qui retombent dans le panneau des illusions électoralistes. Tous ceux qui sont tellement écœurés qu’ils ne veulent même plus entendre parler de politique et de vote. Ils sont dans notre famille, ce sont des amis, des voisins, des collègues de boulot. C’est vous qui pouvez les toucher, en prenant le temps de la discussion. Il faut essayer de les convaincre et de leur donner envie de s’exprimer, en tant que travailleur, salarié, chômeur….

Au-delà du résultat, ce qui comptera ce sont toutes les discussions que vous aurez eues. Le simple fait d’avoir affirmé des convictions, d’avoir fait réfléchir, d’avoir apporté des réponses, d’avoir fait avancer des idées parmi les nôtres est important. Nous sommes une petite organisation mais les idées que nous portons nous dépassent car elles sont inscrites dans les bases même de la société. Elles reflètent la lutte de classe à laquelle des millions d’exploités sont confrontés. Et tôt ou tard, ils auront besoin de ces idées. 

Rien n’est à négliger, toutes les discussions seront utiles. Alors pour que ce soit une bonne campagne, il faut que ce soit une campagne militante, votre campagne. 

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Au lendemain de l’élection, en mai prochain, qu’est-ce qui changera pour nous ? Nous irons au travail, beaucoup d’entre nous iront pointer à Pôle emploi ou à l’agence d’intérim. Et on se retrouvera confrontés aux mêmes chefs, aux mêmes patrons, aux mêmes actionnaires invisibles mais tout-puissants. On se retrouvera confronté à son banquier, à son propriétaire qui n’admet aucun retard de paiement, quand bien même on a perdu son travail.

On se retrouvera confronté au pouvoir de l’Etat qui sait dérouler le tapis rouge pour les plus riches mais qui est sans pitié pour les classes populaires. Rien de fondamental n’aura changé. Parce que ces élections ne changeront pas notre condition d’exploité ni cet ordre social dominé par l’argent et la bourgeoisie. 

La nouveauté, c’est que le petit personnel politique aura changé. Les riches auront un nouveau président de la République à leur disposition. Et pour nous le combat continuera !

Alors dès aujourd’hui, dans cette campagne, levons notre drapeau, celui des travailleurs et des luttes collectives. Votez et faites votez pour faire entendre le camp des travailleurs. Faites un vote de classe, un vote de conscience et de fierté ouvrière. 

C’est cela qui préparera aux travailleurs que forcément nous aurons à mener.