Meeting du 12 février à Paris : discours de Jean-Pierre Mercier

Meeting
14/02/2022

137 milliards d’euros.

Ce sont les profits attendus pour 2021 pour les 40 plus grandes entreprises de ce pays. En pleine épidémie, en pleine crise économique, les capitalistes vont dégager cette année les profits les plus gigantesques qu’ils aient jamais faits.

Pendant ce temps, six millions de travailleurs sont au chômage ou réduits à des emplois précaires. Pendant ce temps, même pour ceux qui travaillent, avec la hausse des prix – que ce soit celle de l’énergie, de l’essence ou des produits alimentaires – la date à laquelle le compte en banque passe dans le rouge arrive chaque mois un peu plus tôt ; bien des travailleurs ne font plus le plein à la station essence, mais se contentent de remplir le réservoir à moitié, au quart ; des mères de famille expliquent qu’elles ne chauffent plus que la pièce où dorment leurs enfants ; et un frigo ou une machine à laver qui tombe en panne devient une catastrophe, à laquelle il ne sera pas possible de faire face.

Voilà le principal sujet sur lequel devrait porter cette campagne électorale. L’enrichissement indécent de la classe capitaliste d’un côté, l’appauvrissement constant du monde du travail, de l’autre.

Les politiciens bourgeois qui sont candidats à cette élection le savent parfaitement. Et ils savent combien cette situation peut-être porteuse de colère, de risque d’explosion sociale. C’est la raison pour laquelle ils mettent tant d’énergie à faire diversion et à tenter de centrer la campagne sur tout – sauf sur le problème essentiel du monde du travail, celui de la feuille de paye, celui du montant des allocations et des pensions de retaite. Toute cette campagne électorale a commencé sous le signe de la diversion !

 

C’est en fait depuis deux ans maintenant, que le COVID a été, pour le gouvernement comme pour l’oppostion, une formidable opportunité pour faire diversion vis-à-vis des problèmes sociaux.

Vous vous souvenez de Macron expliquant, au début de l’épidémie : « Nous sommes en guerre ». Et pendant les guerres, comme chacun sait, on ne parle pas salaires, on ne parle pas conditions de travail, on ne parle pas des prix qui augmentent. On fait silence dans les rangs et on serre les dents.

Pendant la Première Guerre mondiale, les patrons répondaient aux travailleurs qui relevaient le tête qu’il était honteux de revendiquer alors que les courageux soldats se faisaient trouer la peau dans les tranchées. Eh bien rappelez-vous, en 2020, on nous a servi le même couplet, en nous expliquant qu’il fallait se taire et penser aux sacrifices du personnel soignant qui était « au front » tous les jours… Quelle mascarade !

Les gouvernements successifs ont détruit l’hôpital public, fermé des dizaines de milliers de lits, les soignants ont été envoyés au front sans masques, sans matériel, avec des sacs-poubelles en guise de surblouse –et le gouvernement osait parler de « respect » pour les héros de l’hôpital ?

Les décennies passent, mais le cynisme des dirigeants politiques de la bourgeoisie ne change pas.

Même dans les milieux scientifiques, il n’y a plus grand-monde pour penser aujourd’hui que le pass vaccinal ait une quelconque utilité. Mais le gouvernement tient bon. Parce que depuis deux ans, il profite de la crise pour prendre des mesures de plus en plus coercitives, pour imposer la discipline à la population – de couvre-feu en confinements, d’interdictions en obligations, allant jusqu’à priver de salaire et d’emploi les personnels soignants qui refusent de se faire vacciner.

Et aujourd’hui, il pourrit la vie quotidienne de millions de petites gens, vaccinés ou pas, désigne à longueur de journées les non-vaccinés comme les responsables, les coupables de la saturation des services hospitaliers.

Oui, toute la stratégie du gouvernement repose sur le fait de désigner des boucs-émissaires pour éviter que le regard des travailleurs – et peut-être, demain, leur colère – se tourne vers les vraies responsables de la catastrophe sociale que nous vivons : l’organisation de la société, ses maîtres et profiteurs, la grande bourgeoisie.

Nous ne sommes pas de ceux qui prétendent que le virus aurait été fabriqué et diffusé intentionnelement dans le but de faire exploser les profits de Big Pharma. Mais la gestion de la crise a été pensée, du début à la fin, dans un seul et unique objectif : préserver les profits des riches et faire en sorte que malgré la crise sanitaire, ces profits continuent d’augmenter.

Et si l’épidémie a pu permettre d’habituer la population à marcher encore un peu plus au pas, c’est une aubaine pour ceux qui rêvent d’un monde où les travailleurs ne protestent jamais, marchent droit, sont fichés, surveillés, filmés, QR-codés, où il faut montrer un papier officiel pour aller acheter du pain, montrer patte blanche pour monter dans un train, s’habituer, comme la loi l’y autorise depuis le 24 janvier, à ce que les flics puissent entrer dans un café et contrôler le pass sanitaire de tous les clients présents !

Tout cela est pain bénit pour les capitalistes. Et d’ailleurs, si l’on veut se convaincre que le covid n’a en réalité pas grand-chose à voir dans tout cela, il faut se souvenir que ces restrictions aux libertés n’ont pas commencé en février-mars 2020, quand le covid a fait son apparition, mais bien avant, en 2015, quand le gouvernement, qui était alors socialiste, s’était servi exactement de la même manière des attentats terroristes pour durcir les lois sur les libertés publiques. Il avait alors imposé plusieurs années d’état d’urgence et restreint le droit de manifester.

En essayant d’encadrer toujours plus ces quelques libertés de protester et de s’organiser gagnées, au fil des années, par le mouvement ouvrier, les gouvernements préparent l’avenir. Ils font leur travail de défenseurs des intérêts de la bourgeoisie, parce qu’ils savent que la dégradation continue des conditions de vie du monde du travail ne peut, à terme, que déboucher sur une explosion sociale.

Et quand la colère du monde du travail débordera, quand les travailleurs décideront de renouer avec les luttes d’ensemble, quand des marées humaines ouvrières descendront dans les rues pour dire qu’elles n’acceptent plus leur sort, alors ce jour-là, ce ne sont pas les pass sanitaire, les QR-code, les caméras de surveillance et les drones de la police qui les arrêteront – tant il est vrai, comme l’écrivait le révolutionnaire Blanqui il y a 170 ans, que devant des prolétaires déterminés, « obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra ! ».

 

Pendant la crise sanitaire, les capitalistes se sont plus enrichis en quelques mois que pendant les dix années précédentes. Les cinq premières fortunes françaises (les Arnault, Bettancourt, Pinault et les frêres Wertheimer) ont vu leur fortune personnelle doubler depuis le début de la pandémie, et ces 5 capitalistes, à eux seuls, possèdent aujourd’hui l’équivalent de la richesse des 40 % les plus pauvres de la population en France.

Et Oxfam, qui a publié ces chiffres et qui est une organisation ni communiste ni révolutionnaire, explique cette explosion des profits de manière très simple : « Si la fortune des milliardaires a autant augmenté durant la pandémie, c’est principalement en raison de l’argent public versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales dont ils ont pu profiter grâce à une montée en flèche des cours des actions.»

Ce n’est pas toute l’explication, mais c’est exact. Dès le début de l’épidémie, la première préoccupation du gouvernement a été de faire en sorte que la crise ne coûte rien au patronat et surtout au grand patronat.

D’un coup de baguette magique, les fameux « critères de Maastricht », les règles d’or financières, les prétendues interdictions de creuser le déficit de l’État, tout cela s’est envolé. Et l’argent de l’État a coulé à flots pour renflouer des capitalistes qui, pour les plus gros d’entre eux, n’en avaient nul besoin.

Par contre quand des profs ou des infirmières demandent des embauches, quand des travailleurs luttent contre la réforme des retraites, quand les chômeurs se battent pour ne pas se faire dépouiller, c’est toujours la même rangaine : les caisses de l’État sont vides ! Il faut croire que le gouvernement a trouvé la martingale pour les remplir très vite, en quelques jours, dès que l’épidémie a commencé, et qu’il a su trouver les moyens d’arroser le patronat de plusieurs centaines de milliards d’euros d’aides publiques.

Et pendant toute cette période où la bourgeoisie s’est gavée sans vergogne des cadeaux de l’État, elle a continué d’aggraver, en même temps, l’exploitation des travailleurs.

Elle n’a jamais cessé de continuer à détruire des emplois, de mettre à la porte des intérimaires, de programmer des fermetures d’usines et de sites, d’augmenter, dans les usines, les cadences pour ceux qui restent, de programmer toujours plus de samedis travaillés et d’heures supplémentaires en fin de poste.

C’est une véritable guerre, que nous mènent les capitalistes.

La crise économique démarrée depuis des décennies s’aggrave à l’échelle mondiale, la concurrence fait rage entre les groupes capitalistes, et les marchés se rétrecissent de plus en plus. Il n’y a pas de place pour tout le monde, et la seule perspective qui s’offre aux patrons, c’est de prendre des marchés à leurs concurrents, c’est, suivant l’expression du patron de PSA Carlos Tavares que je cite souvent, « d’aller manger dans la gamelle des autres ».

La crise économique intensifie la guerre économique entre les groupes capitalistes. Le rétrécissement des marchés oblige chacun à essayer d’écraser l’autre pour prendre sa place. Dans une période de sécheresse, les chacals s’affrontent d’autant plus durement que les proies se font plus rares.

Dans le monde des patrons, le seul moyen de prendre des parts de marché, c’est d’être comme ils disent, « plus compétitifs ».

Mais ça, c’est du vocabulaire de patron. Cette concurrence, les patrons la font payer de plus en cher aux travailleurs. Être plus compétitifs, cela veut dire produire moins cher, et produire moins cher, cela veut exploiter davantage les travailleurs, diminuer toujours plus la masse salariale en continuant d’augmenter la production.

Eux, ils appellent ça « gagner des points de productivité ». Pour nous, les travailleurs, cela veut dire plus de camarades jetés au chômage, plus de vitesse sur les chaines, plus d’épuisement, plus de tendinites, plus de dos cassés, plus d’accidents du travail, plus d’ouvriers qui meurent le mois qui suit leur retraite, voir au travail comme c’est arrivé hier matin à l’usine de PSA Rennes, un ouvrier de seulement 54 ans décédé d’une crise cardiaque à la prise de son équipe ! Quand on dit qu’on crève au boulot, ce n’est pas que des mots.

C’est ça, le capitalisme ! La question n’est pas de savoir si ces gens-là sont bons ou mauvais, elle est de comprendre les lois qui gouvernent l’économie capitaliste.

 

La survie d’un capitaliste sur le marché international dépend de sa capacité à crever ses ouvriers au travail. C’est comme ça, ce n’est pas nouveau, cela existe depuis le début du capitalisme, et c’est précisément pour cela que des générations de militants ouvriers communistes se sont battus, et que nous nous battons encore, contre un système qui ne peut être ni amélioré, ni humanisé, ni réformé, mais qui ne cessera de nuire que lorsqu’il aura été abattu, parce que l’aggravation permanente de l’exploitation fait partie de l’ADN du capitalisme, parce que le capitalisme, comme l’écrivait Marx, est né en « suant le sang et la boue par tous les pores de sa peau », et que tant qu’il régnera sur le monde il en sera toujours ainsi.

C’est pour ça que nous somme fiers de militer pour son renversement, c’est pour ceça que nous sommes fiers d’être communistes et révolutionnaires !

 

C’est une des raisons pour lesquelles l’enjeu de cette campagne présidentielle n’est, en aucun cas, de savoir quel politicien remportera le gros lot en avril et sera appelé, pour les 5 ans à venir, à gérer les intérêts de la bourgeoisie.

Quel que soit ce politicien – ou cette politicienne – qu’il soit de droite, de gauche, d’extrême droite ou le tout à la fois comme Macron, il sera là pour mettre en œuvre la feuille de route que le Medef posera sur son bureau au lendemain du second tour.

Et c’est la raison pour laquelle nous, à Lutte ouvrière, avec la candidature de notre camarade Nathalie Arthaud, nous nous présentons pour faire entendre une autre voix. Celle du camp des travailleurs pour le conforter et le préparer politiquement aux combats qui nous attendent.

 

Être des militants du camp des travailleurs, cela veut dire, bien sûr, dénoncer ainsi sans relâche le fait que fondamentalement, ce sont les capitalistes qui dirigent la société, et que tous les gouvernements, tous les États, sont leurs serviteurs.

Mais c’est, aussi, dénoncer les faux amis des travailleurs, ceux qui prétendent parler en leur nom mais qui, derrière leur masque de prétendus avocats de la classe ouvrière, sont, eux aussi, des défenseurs de l’ordre capitaliste.

Face à une situation d’explosion sociale, la bourgeoisie tient toujours prête l’arme de la répression brutale, de l’écrasement armé des travailleurs.

Mais avant d’en arriver là, et tout particulièrement dans les pays riches, elle a d’autres cordes à son arc : elle a su, au fil des années, intégrer, apprivoiser, domestiquer les organisations nées des combats du mouvement ouvrier pour en faire des relais de sa politique.

Ce sont, d’une part, les partis politiques réformistes, ceux issus de la social-démocratie, comme le PS en France, puis les partis venus du stalinisme, comme le PCF. Ces partis – en particulier le PCF – utilisent un langage qui peut parler aux travailleurs, mais ils ont prouvé, notamment à chaque fois qu’ils ont été au gouvernement, qu’une fois au pouvoir ils servent le grand patronat comme les autres.

Mais il y a, aussi, les syndicats, qui peuvent avoir un rôle encore plus déterminants parce que ce sont, bien plus que les partis politiques dans la période actuelle, des organisations de masse.

Dans un pays comme la France, il existe de nombreuses organisations syndicales, qui toutes ont leur langage, leur stratégie propres. Certaines – je n’ai pas besoin de les citer – sont ouvertement des défenseurs de la collaboration de classe la plus éhontée, prêtes à signer n’importe quel accord pourri contre un peu de reconnaissance du patronat.

D’autres ont un langage plus lutte de classe, plus combatif – et attirent d’ailleurs de ce fait les militants les plus sincères, ceux qui ont le plus envie d’en découdre avec le patronat.

Mais ce qu’il y a de commun entre toutes les confédérations syndicales, c’est que leurs dirigeants, leur appareil, respecte fondamentalement la propriété bourgeoise, l’ordre bourgeois, le système capitaliste.

Non seulement elles ont abandonné depuis des lustres l’idée de renverser le capitalisme, mais elles ont aussi, à bien des reprises, joué le rôle de pompiers pour éteindre les incendies sociaux. En arrêtant les grèves, en empêchant les luttes ouvrières d’aller jusqu’au bout de leurs possibilités, en présentant comme des victoires des compromissions négociées avec la bourgeoisie, dans les périodes où celle-ci était en danger.

Ce n’est pas un hasard si toute la législation sociale qui subsiste encore dans ce pays a été élaborée au sortir de la Seconde guerre mondiale, quand la bourgeoisie tremblait de peur à l’idée de voir la fin du conflit donner lieu à une nouvelle vague révolutionnaire : elle a été créée par une alliance entre l’homme d’extrême droite De Gaulle, le PCF et les syndicats, qui ont accepté de jouer le jeu, qui ont à l’époque combattu les grèves en prétendant que tout allait venir d’en haut, sans qu’il y ait besoin de luttes.

La bourgeoisie, qui craignait pour son pouvoir, a lâché un certain nombre de concessions, et partis réformistes et syndicats ont joué le rôle de courroies de transmission dans la classe ouvrière pour dire qu’il faudrait s’en contenter – d’autant plus qu’ils y trouvaient leur compte, dans la multitude de postes que le patronat a créé pour eux à l’époque, des conseils d’administration des entreprises nationalisées jusqu’à la gestion paritaire de la Sécurité sociale.

Se revendiquer du camp des travailleurs, c’est aussi rappeler ces vérités, qui n’ont d’ailleurs rien de nouveau : avant même la Seconde guerre mondiale, Trotsky résumait déjà le rôle des directions syndicales en écrivant : « Dans les périodes de luttes de classes aiguës, les appareils dirigeants des syndicats s'efforcent de se rendre maîtres du mouvement des masses pour le neutraliser. »

Cela ne veut pas dire que les révolutionnaires ne doivent pas être des militants syndicaux, dans les syndicats tels qu’ils sont.

Bien au contraire, ils doivent en être les éléments les plus actifs, les plus décidés, les plus militants ! Les communistes révolutionnaires doivent être là où sont les travailleurs, militer à leur côté et chercher à organiser ceux qui ne le sont pas – c’est la base même du travail d’un militant communiste.

Mais ils doivent aussi savoir que militer dans un syndicat est un combat, parce les appareils syndicaux n'ont aucune envie de tolérer dans leurs organisations des militants qui dénoncent leur rôle et veulent que la lutte des classes soit organisée par les travailleurs eux-mêmes.

Oui, dans cette société où tout est fait pour nous faire taire, pour nous soumettre à la hiérarchie sociale, les travailleurs doivent être chez eux dans leurs organisations syndicales !

La démocratie syndicale n’est pas seulement un impératif moral, c’est la condition même de l’efficacité dans le combat permanent contre le grand patronat.

C’est là, fondamentalement, toute la différence entre les appareils syndicaux et les communistes révolutionnaires. Les appareils syndicaux ne font pas confiance à la classe ouvrière voire, à un certain niveau, ils la craignent. Ils se posent en avocats. Ils pensent que les travailleurs ont besoin d’être dirigés, alors que nous pensons que ce sont les travailleurs qui doivent diriger – diriger les syndicats, diriger les luttes, diriger les grèves, diriger toute la société !

Et même dans la situation actuelle où la combativité ouvrière, dans un pays comme la France, n’est pas au rendez-vous, notre confiance reste inébranlable dans les capacités de la classe ouvrière à se révolter et à prendre en main son sort. Dans ce monde écrasé par la crise sanitaire et la crise économique, nous voyons des combats menés par la classe ouvrière parfois à l’autre bout de la planète – du Chili en Algérie, de la Chine au Kasakhstan, de l’Afrique du sud à la Guadeloupe

Qui connaissait, il y a deux mois, le Kazakhstan ? qui savait que dans ce pays d’Asie centrale existe une classe ouvrière puissante et combative, qu’il s’y trouve, dans la ville de Kazakhmys, une usine ArcelorMittal qui compte 37 000 ouvriers, payés 300 euros par mois ?

Depuis le mois d’août dernier, des dizaines de grèves pour les salaires se sont déroulées dans les usines de ce pays du monde, dont le sous-sol regorge tellement de ressources minières et énergétiques que la classe ouvrière de ce pays a la force, quand elle décide d’entrer en lutte, de bloquer l’approvisionnement en gaz et en pétrole de toute l’Europe.

Les travailleurs du Kazakhstan sont entrés en lutte, depuis six mois, parce qu’ils font face aux même problèmes que les travailleurs du reste du monde : les bas salaires, le chômage et la vie chère. Et dans combien d’autres pays du monde, en Chine, en Inde, au Vietnam, en Afrique du Sud, au Mexique, au Brésil, en Indonésie, les travailleurs entreront demain en lutte à leur tour, et montreront à la face du monde que la classe ouvrière, le prolétariat, est toujours la classe sociale la plus nombreuse et la plus essentielle, celle qui fait tout tourner, celle sans laquelle le capitalisme ne pourrait pas fonctionner ?

 

Pour que ces luttes aillent le plus loin possible, elles auront besoin de l’énergie extraordinaire que recèle la classe ouvrière ; et elles auront besoin d’idées, d’idées révolutionnaires, pour être capables de déjouer les pièges et les trahisons des faux amis de la classe ouvrière.

Ces idées, elles seront distillées par les militants du parti communiste révolutionnaire que nous voulons, que nous devons plus que jamais reconstruire. Pas seulement en France, mais dans le monde entier.

Car face à tous ceux qui flattent les préjugés nationalistes les plus puants, de ceux, dans cette campagne, qui prônent le repli national et le protectionnisme, nous affirmons fièrement que ces travailleurs du monde entier sont nos frères et nos sœurs de combat, que ce sera très probablement eux, demain qui nous montreront la voie et qui nous réapprendront la lutte des classes !

Alors, pendant toute cette campagne comme pendant toute notre vie militante, nous ne cesserons de le proclamer haut et fort, contre tous les patriotes, tous les protectionnistes de droite et de gauche, tous les défenseurs du repli national, du « modèle français », des frontières et des barbelés : Travailleurs de tous les pays, unissons-nous ! Vive le camp des travailleurs, et vive le communisme !