AESH : grève et colère légitime10/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3019-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-06-10

Dans les entreprises

AESH : grève et colère légitime

Mardi 9 juin, les accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) étaient appelées à faire grève pour peser sur les discussions entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats.

Les revendications datent quasiment de la création de la fonction d’AESH en 2005. Actuellement, elles obtiennent un CDI après trois ans d’exercice, comme si leur période d’essai devait être aussi longue.

Souvent à temps partiel, leur salaire est de fait inférieur au smic. Quand, avec 24 heures de service, un instituteur est considéré à temps complet, les AESH sont considérées à temps partiel. Le fait d’accéder à un CDI leur assure de petites augmentations en fonction de l’ancienneté. De plus, pour faire face aux besoins et pour éviter de devoir mettre avec chaque enfant une AESH, le gouvernement a mis en place des pôles d’appui de scolarité. Ainsi, certaines peuvent intervenir dans plusieurs écoles auprès de plusieurs enfants n’ayant pas le même type de handicap. Et, malgré cela, beaucoup d’enfants n’ont pas d’accompagnant.

Aujourd’hui, le gouvernement s’oppose à une fonctionnarisation des AESH, qui intéresserait évidemment une grande partie d’entre elles, espérant ainsi avoir un meilleur salaire. Mais le coût de plus de 4 milliards que cela représenterait fait que le gouvernement freine des quatre fers. Il propose donc le statut de fonctionnaire à 10 ou 20 % des AESH, qui deviendraient des « assistantes d’accessibilité » ! Ce nouveau poste imposerait des tâches supplémentaires.

L’imagination du ministère est en marche pour repousser encore les revendications des AESH. La semaine précédente, les assistants d’éducation de vie scolaire étaient eux aussi en grève pour des raisons similaires. Encore plus précaires puisqu’ils doivent exercer six ans avant d’avoir un CDI, dépendant des conseillers d’éducation, ils sont toujours payés au smic. De même, les personnels de service qui dépendent des collectivités ont souvent des contrats précaires, à temps partiel imposé.

La priorité à l’éducation affichée par les gouvernements successifs est plutôt celle de la recherche du moindre coût.

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