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Dans les entreprises
Airbus Atlantic – Nantes : les débrayages continuent
Depuis l’annonce, mercredi 6 mai, de la baisse de moitié de la prime de participation pour tous les salariés Airbus, 2 500 euros en moyenne de manque à gagner, les débrayages, jeudi 7, lundi 11 et mardi 12 mai, se sont succédé à Nantes à l’appel de la CGT, afin d’obliger la direction à revoir sa copie.

Ces débrayages n’ont réuni qu’une minorité de salariés, à peine 10 % des 2 000 travailleurs du site concernés par cette prime. Des débrayages à Toulouse, Marignane, Méaulte, Rochefort et Paris-Le Bourget ont regroupé également des minorités de grévistes.
La direction a lâché du lest et annoncé 500 euros de rattrapage, ce qui est pris comme très insuffisant, voire insultant, au regard des 2,5 milliards versés aux actionnaires. La hausse des carburants et l’inflation qui repart sans que les salaires suivent ajoutent aussi au mécontentement.
À cette nouvelle annonce de rattrapage, un nouveau débrayage lundi 1er juin a regroupé moins d’une centaine de salariés de l’équipe du matin et moins l’après-midi. Le matin, ils sont allés faire un tour des ateliers pour entraîner leurs camarades, avec une maîtrise qui les suivait de près. Ce défilé en cortège, dit « la chenille », a redonné le moral à tous ceux qui en étaient, car c’est à Airbus une tradition qu’on n’avait pas revue depuis longtemps.
Mardi 9 juin, un nouvel appel à débrayer deux heures de la part de la CGT, auquel s’est joint la CFDT avec un temps fort au changement d’équipe de 13 heures, a permis un moment festif avec barnum, grillades et prises de parole. Ce rassemblement a regroupé plus de monde, de 150 à 200 grévistes et a été perçu positivement par les participants. C’était l’occasion de parler non seulement de prime, mais surtout de salaire. De retour dans les ateliers, c’était l’occasion de rencontrer les travailleurs sous- traitants qui ne sont pas concernés par la prime Airbus, mais participent tout autant à faire du profit avec des salaires très insuffisants. C’était aussi l’occasion de discuter de la politique de ces grands patrons qui, comme Airbus et d’autres profiteurs de guerre, se croient tout permis dans ce contexte de crise généralisée.
Même minoritaires, ces débrayages sont un encouragement à relever la tête et à ressouder des liens entre travailleurs face à une direction rapace. Si elle comptait faire passer ses mauvais coups sans réaction, c’est raté !