Airbus Atlantic – Nantes : dividendes en hausse, primes en baisse20/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3016-c.jpg.445x577_q85_box-4%2C0%2C700%2C902_crop_detail.jpg2026-05-20

Dans les entreprises

Airbus Atlantic – Nantes : dividendes en hausse, primes en baisse

Mercredi 6 mai, la direction a annoncé le montant de la prime de participation : 2 057,04 euros contre 4 472,99 euros l’an dernier. Une baisse de plus de moitié qui touche tous les sites Airbus et Airbus Atlantic. Elle justifie ce choix par la parité euro/dollar, qui serait défavorable à Airbus.

L’annonce faite à Nantes, comme à Toulouse, Méaulte et Marignane, a provoqué une surprise teintée de colère dans la mesure où le groupe Airbus a réalisé des bénéfices à hauteur de 5,2 milliards d’euros, et augmente de 6 % les dividendes aux actionnaires, soit au total plus de 2,5 milliards d’euros.

Cette baisse de prime importante, prise comme une provocation, fait suite à des réunions sur les salaires qui n’ont apporté que 0,9 % d’augmentation générale, soit 18 euros pour les plus petits salaires. Et ceci dans le contexte actuel d’envolée des prix de l’essence qui touche beaucoup de salariés habitant parfois loin du site.

Jeudi 7 mai, à l’appel de la CGT, syndicat majoritaire à Nantes dans les ateliers de production, des débrayages d’une heure suivis de rassemblements ont regroupé, devant les bureaux de la direction puis devant les locaux syndicaux, une centaine de grévistes pour l’équipe du matin et 80 pour celle d’après-midi. Tout ceci dans un climat de montée des cadences de production accompagnée de l’esprit de caserne affiché par une maîtrise aux ordres. Des petits jusqu’aux grands chefs passaient sur les lignes d’assemblage pour dire clairement que ceux qui feraient grève n’auraient pas d’augmentation individuelle.

Un appel à reprendre les débrayages d’une heure lundi 11 mai a été voté. La direction, de son côté, a annoncé une réunion intersyndicale le lendemain. Mardi 12 mai, les débrayages ayant réuni moins de monde, la direction s’est sans doute sentie confortée à ne pas revoir sa copie. Dans la foulée, mercredi 13, veille du pont de l’Ascension, l’Entente, syndicat maison regroupant FO, CFE-CGC et CFTC, sortait un tract intitulé « dernier avertissement ! » pour supplier la direction de « rester dans le dialogue social » afin de ne pas être obligés à avoir recours à la grève « contraire à leur culture » car « l’histoire d’Airbus ne s’est jamais construite sur les barricades » !

Tout cela fait bien rire et personne n’est dupe de ce petit jeu entre syndicalistes et direction qui annonce une nouvelle négociation pour discuter, entre autres, d’une « prime d’accompagnement pour atténuer la déception de la prime de participation » à une date encore à définir. Mais si l’ambiance n’est pas à la grève, les discussions portent sur une véritable augmentation des salaires au lieu de primes aléatoires et ça, c’est déjà un progrès.

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