Anthropic : la guerre de l’IA17/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3020-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-06-17

Dans le monde

Anthropic : la guerre de l’IA

Au nom de la sûreté nationale, le gouvernement américain vient d’imposer à Anthropic, la société qui vend des services d’intelligence artificielle, notamment celui appelé Claude, de bloquer l’accès à certains de ses programmes.

Le gouvernement américain exigeait d’Anthropic qu’il coupe les accès des utilisateurs qui ne sont pas de nationalité américaine, y compris ceux vivant sur le territoire américain, Anthropic a dû, pour répondre à cette injonction, couper vendredi 12 juin à tous les utilisateurs de la planète les accès aux programmes incriminés.

Le gouvernement américain reproche à Anthropic des failles de sécurité dans ses programmes qui permettraient à des « ennemis de la nation » une utilisation malveillante. Anthropic a construit sa réputation commerciale en affirmant que ses logiciels étaient tellement performants qu’ils permettaient le pire comme le meilleur, qu’ils étaient même capables de contourner les protections des sites gouvernementaux, mais que l’entreprise les bridait. Anthropic s’est aussi fait connaître en refusant de vendre au Pentagone des outils utilisés à des fins militaires. Etait-ce un coup publicitaire à l’approche de l’introduction en Bourse de la société ? Quoi qu’il en soit, Trump s’est vengé en qualifiant le patron d’Anthropic de « cinglé de gauche radicale ».

En tout cas, le fait que le gouvernement américain ait imposé à Anthropic de couper ses services a été l’occasion pour les politiciens du monde entier de ressortir leurs trompettes souverainistes. Ainsi, en France, Philippe, Retailleau, Faure, Macron, Bardella et Mélenchon ont tous fait sur ce sujet des déclarations similaires. Bardella a ainsi déclaré que sur ce « sujet de souveraineté nationale majeur », l’État devait « accélérer dans le soutien » à la start-up française Mistral AI, Mélenchon a affirmé que la décision américaine « prouve l’urgence d’être indépendants et souverains », appelant à « la mobilisation de l’épargne nationale » pour des « infrastructures numériques stratégiques » tandis que Macron disait qu’il fallait faire comme pour le nucléaire, mettre l’argent public sur la table.

L’unanimité de ces politiciens est remarquable… La défense de la « souveraineté » en matière d’intelligence artificielle, revient comme toujours à la défense des intérêts de la bourgeoisie, d’abord parce que les entreprises françaises se battent pour se faire une place et des profits dans un secteur où dominent largement les États-Unis. Mais de plus, dans cette société barbare, l’intelligence, artificielle ou pas, et les avancées technologiques deviennent inévitablement pour qui les possède des armes dans la lutte pour la domination mondiale.

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