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Leur société
Arrêts maladie : des limitations scandaleuses
Le 13 juin, le Journal officiel a publié un décret limitant la durée des arrêts de travail. Le premier arrêt sera plafonné à trente et un jours, le suivant à soixante-deux jours, sauf exception selon l’état du malade, et ce dès septembre 2026.
Pour tenter de culpabiliser les travailleurs et d’imprimer dans la tête de chacun cette mesure aberrante et purement comptable, le gouvernement, et la presse à son service, ne parlent plus que d’arrêts de travail « injustifiés » ou « abusifs », qu’il faudrait supprimer. Un avis de «spécialistes » du délabrement du système de santé !
Décréter la chasse aux arrêts, après la baisse des indemnités journalières en 2025, est une énième tentative pour trouver des boucs émissaires. Le nombre d’arrêts de travail augmente ? Peut-être, mais le recul de l’âge de la retraite pour les plus âgés, l’intensification du travail, la précarisation des plus jeunes condamnés aux contrats courts font des ravages. Les travailleurs le vivent. Chercheurs, médecins, syndicats ou services de statistiques des assureurs, et même celui du ministère de la Santé, cités par la presse, le rappellent. Certains ajoutent que la « fraude » est souvent celle de patrons, qui transforment un arrêt pour accident du travail en arrêt maladie pour éviter de payer ce qu’ils doivent.
« Ça coûte 18 milliards d’euros à la Sécurité sociale et ça augmente d’un milliard d’euros par an, donc les enjeux sont considérables », a affirmé en avril le ministre du Travail.
Oui, améliorer la santé des travailleurs, supprimer les risques liés aux conditions de travail, à la manipulation de matières toxiques comme l’amiante, travailler moins et moins longtemps, tout cela serait un enjeu considérable, qu’il faudrait évidemment financer.
Et justement l’argent est là, dans les coffres du patronat et sur les comptes des quelques milliardaires vedettes.