Assurances : le climat change, le profit reste28/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3013-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-04-28

Leur société

Assurances : le climat change, le profit reste

Mercredi 8 avril, les députés avaient voté à l’unanimité, droite et extrême droite s’abstenant, une « politique nationale d’adaptation au changement climatique », visant à adapter les conditions d’assurance aux temps nouveaux.

Les compagnies d’assurance prétendent en effet ne pas pouvoir faire face à la multiplication des catastrophes, inondations, incendies, glissements de terrain, etc., entraînés par le changement climatique. Elles sont pourtant bien protégées par la loi. En effet, la déclaration de catastrophe naturelle présentée comme une garantie pour les victimes est surtout une garantie pour les assureurs. Grâce à elle, l’État vient à leur secours par le biais de la Caisse centrale de réassurance, un organisme public abondé par les cotisations supplémentaires des assurés. Cette caisse paye alors en tout ou en partie à la place des compagnies et mutualise le coût des catastrophes naturelles entre tous les assurés. Ce qui n’empêche pas les assurances d’augmenter régulièrement leurs tarifs, sous le prétexte commode de la multiplication des catastrophes.

Le projet de loi initial exprimait aussi cette évidence qu’il est stupide de reconstruire à l’identique des installations qui seront à nouveau menacées, par exemple en zone inondable. La loi invite donc à reconstruire des installations « résilientes », mais, après passage à la moulinette parlementaire, cette recommandation est tout à fait platonique puisque les sinistrés n’ont pas les moyens et que les assureurs ne sont pas tenus de mettre la main à la poche.

Le texte permet, en revanche, d’augmenter les primes d’assurance sur les résidences secondaires et certaines installations professionnelles, sans toutefois donner de périmètre précis. Cette loi qui n’engage absolument à rien, qui ne change en rien la façon dont les compagnies d’assurance rançonnent le public et se dégagent de leurs responsabilités sur l’État, est donc passée comme une lettre à la poste.

Les députés n’ont pas évoqué le fond des choses, c’est- à-dire la course au profit qui engendre le réchauffement climatique et bien d’autres ravages. Ils n’ont pas parlé non plus du désengagement de l’État dans l’entretien des forêts, des cours d’eau, des digues, à l’origine de bien des déboires, puisqu’ils ont voté, mandature après mandature, tous ces désengagements. Ils n’ont surtout pas mentionné les profits des compagnies d’assurance. Allianz, Generali et AXA ont pourtant cumulé 162 milliards d’euros de profits entre 2016 et 2024, sans même parler de leurs réserves.

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