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Leur société
Betharram : une fermeture en trompe-l’œil
Après des tergiversations, l’établissement scolaire catholique de Betharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, devrait prochainement fermer définitivement.

Il y a sur ce site « un symbole, un bâtiment qui est une version négative qu’il faut quitter », a déclaré le président des organismes de l’éducation catholique. Et pour cause ! L’établissement Notre-Dame de Betharram avait, à juste titre, une triste réputation même si un proche nommé Bayrou prétend n’en avoir rien su. Depuis deux ans, 250 plaintes avaient été déposées au parquet de Pau pour dénoncer des violences, physiques et sexuelles, pratiquées par des prêtres et des laïcs, contre des élèves entre les années 1950 et le début de 2000. Alors que les humiliations et supplices subis par les jeunes étaient connus dès 1990, la justice ne se mit en branle que trois ans plus tard, mais le procès des responsables n’est toujours pas pour demain.
Déjà, devant la dénonciation des faits ignobles contre des jeunes, l’établissement avait choisi de changer de nom et s’était rebaptisé Le Beau Rameau, une enseigne bucolique qui ne pouvait évidemment suffire à effacer ni à faire oublier toutes les brutes qui avaient participé aux violences. Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Il est prévu que les élèves soient scolarisés à Igon, dans une commune voisine. Si c’est pour avoir les mêmes pratiques de prétendue éducation sous l’étiquette « catholique », cela ne trompera plus personne, et à quoi bon changer de lieu et de nom ? Il reste à espérer que les enfants envoyés par leurs parents dans ce genre d’établissement privé catholique auront appris de leurs aînés que l’union fait la force et qu’ils doivent faire face collectivement à un encadrement sadique.