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- Lutte ouvrière n°2996
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Leur société
Brandt, Teisseire… : imposer la garantie des salaires !
Nombre d’usines ferment ou sont menacées de fermer leurs portes. Des centaines de travailleurs sont mis à la porte, et sommés de placer leurs espoirs dans les solutions avancées par l’État, le patronat ou même les syndicats.

Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a affirmé dans la presse lundi 29 décembre son soutien aux salariés de Brandt, menacés de licenciement, et suspendus à une éventuelle reprise, après l’échec de leur projet de coopérative. Début décembre, le tribunal avait en effet rejeté le projet de SCOP, les banques ayant refusé d’accorder des garanties suffisantes. Un repreneur, Stephan Français, s’est alors fait connaître. Ce patron affirme vouloir maintenir 150 emplois – sur les 700 des différents sites. Ce plan, même restant à l’état de paroles creuses, lui a valu l’assurance d’un soutien de 9 millions d’euros d’argent public.
En Isère, c’est l’usine Teisseire de Crolles, près de Grenoble, qui est menacée de fermeture depuis octobre, la direction ayant prévu de faire faire toute la production dans une usine sous-traitante du Havre. Les syndicats s’opposent à ce transfert, qui mettrait 205 travailleurs au chômage, et réclament le rapatriement dans l’usine grenobloise de toutes les productions sous- traitées ces dernières années. Qu’adviendrait-il alors des salariés de l’usine du Havre et d’ailleurs ? Les patrons affectionnent cette mise en concurrence entre travailleurs, entre sites, entre groupes, qui ne vise qu’à maximiser leurs profits. Ce jeu des fermetures, puis de la reprise plus ou moins partielle par des « repreneurs » fait partie de leurs procédés habituels. Il a conduit par exemple les anciens travailleurs de Whirlpool, à Amiens, à subir plan de licenciements sur plan de licenciements. Un ouvrier de la région témoignait avoir travaillé pour quatre patrons successifs, au gré des repreneurs, jusqu’à l’âge de 58 ans. Il lui est maintenant difficile de retrouver un emploi, alors que la dernière société l’ayant salarié, Ynsect, vient de mettre la clé sous la porte.
Face aux centaines de fermetures d’entreprises dans le pays, aux milliers d’emplois supprimés par les patrons, la plupart des responsables politiques ne proposent que d’attendre un repreneur qui les sauverait, avant peut- être de les licencier ensuite, des banquiers qui accepteraient un prêt… L’éventuel repreneur de Brandt propose même aux salariés de devenir actionnaires de l’entreprise dans cinq ans – si toutefois il ne l’a pas fermée d’ici là.
Les travailleurs ne peuvent accepter ainsi d’être menés en bateau. Une exigence s’impose : quelles que soient les combines patronales, ils doivent continuer à avoir les moyens de vivre et donc continuer à percevoir leur salaire, quitte à ce que le patronat paye sur ses profits accumulés. Bien sûr, un tel objectif ne pourrait être atteint que dans le cadre d’une lutte générale, englobant tous les travailleurs menacés de licenciement comme ceux ayant un emploi. Mais c’est bien cet objectif qui doit être mis en avant, et non la recherche effrénée d’un repreneur plus ou moins véreux.